Rencontre avec Kevin Parent

Bouleversant dans Café de Flore

Denis-Daniel Boullé
Commentaires

Partager la tête d'affiche d'un film avec avec Vanessa Paradis se rapproche du conte de fées. Kevin Parent n’avait jamais pensé à faire du cinéma, du moins pas au point de se lancer dans l’aventure. Avec Café de Flore, l’auteur-compositeur-interprète montre une autre facette de son talent. Le plus récent film de Jean-Marc Vallée, nous emmène dans deux époques et deux villes différentes (Montréal et Paris), autour de deux histoires d’amour qui ont peut-être plus de ressemblances qu’il n’y paraît. La musique, comme dans C.R.A.Z.Y, tient une place importante, dont celle qui donne son nom au film Café de Flore. Dans le jardin de l’hôtel où Kevin Parent nous reçoit, le chanteur se prête avec gentillesse et même avec curiosité à cet exercice répétitif de rencontrer journaliste sur journaliste.

Comment se retrouve-t-on devant une caméra quand jouer n’est pas son métier premier?

C’est mon agent qui m’a dit qu’il y avait des auditions pour film que Jean-Marc Vallée allait réaliser. J’ai pris cela comme un défi et comme un jeu. J’ai fait comme n’importe quel autre comédien et j’ai passé plusieurs entrevues, dont la dernière avec Hélène Florent et Évelyne De La Chenelière, pour voir si la chimie passait entre nous. J’étais terriblement intimidé parce que j’avais moins d’expérience, même si, après avoir passé plus de vingt ans sur scène, je n’ai pas de problème à livrer des émotions.

Le personnage d’Antoine a des similitudes avec toi. Il est un artiste passionné de musique, il côtoie un milieu que tu connais et vous avez sensiblement le même âge.


Oui, mais cela s’arrête là. C’est vrai que la musique est très importante dans le film. Elle est presque un personnage. Nous nous sommes retrouvés, Jean-Marc Vallée et moi, autour de cette passion. Quant à l’intrigue, tout le monde a vécu une rupture dans sa vie. Nous avons tous laissé tomber quelqu’un ou nous nous comme tous fait laisser. Nous connaissons tous ce que nous pouvons ressentir dans ces moments-là. Le défi est de pouvoir livrer cette partie intime de soi-même devant la caméra. Mais j’ai eu la chance d’être accompagné tout au long du tournage par Jean-Marc Vallée et par des comédiens chevronnés. La chance et le plaisir. J’étais, pour une fois, au service de quelqu’un. Je n’avais rien à décider et je me sentais à l’aise. Le plus difficile était en fait technique, comme respecter les marques pour les déplacements, des choses comme cela. Il y avait une certaine magie à travailler avec Jean-Marc et les autres acteurs.

Comment vit-on le fait d’avoir le rôle principal pour un premier film?


Je ne m’en rends pas vraiment compte. J’ai vu deux fois le film. La première fois, je ne regardais que mon personnage. La seconde fois, je me suis laissé aller et j’ai adoré la façon dont la musique et les images se marient. Il a vraiment sa signature dans ce film. Je ne sais pas si on me proposera d’autres rôles, mais même si cela en restait là, je serais très heureux d’avoir fait partie de cette aventure.

Est-ce que tu as eu d’autres propositions?


(Rires). Non, mais je ne cherche pas non plus. Je suis encore dans la promotion de Café de Flore et j’ai plutôt hâte de recommencer à écrire pour moi.

Et si on te proposait un rôle de gai dans un film?


Aucun problème. Tout dépendrait du scénario. Il faudrait que l’histoire me touche comme celle de Café de Flore. Mais cela ne ferait pas de grande différence pour moi, si l’on parle de sentiments.

Beaucoup de gens te trouvent réservé ?


Je ne sais pas si je suis réservé, mais je suis très res-pectueux et j’essaie de ne pas rentrer dans l'espace vital des gens... comme je n’aime pas qu’on envahisse mon espace ou qu’on entre dans mon intimité.

Kevin Parent confie à la fin de l’entrevue qu’il a hâte de se retrouver en Gaspésie au milieu des siens et de se remettre à la chanson. C’est là où est sa vraie vie, lui qui répète qu’il n’est pas un gars de ville.


CAFÉ?DE?FLORE de Jean-Marc Vallée est présentement à l’affiche partout au Québec.