Rencontre avec Sébastien Leduc

À la fois rebelle et bohème

André-Constantin Passiour
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Affichant tatouages, perçages et arborant toujours quelques accessoires en cuir, il accueille ses clients avec un large sourire. Voilà maintenant un an que Sébastien Leduc travaille à l’Aigle Noir en tant que serveur et bussboy! Ce sage rebelle originaire de Maniwaki en Outaouais est également coiffeur à temps plein et enseigne la danse à des jeunes à Sainte-Agathe. Décidément, il a bien des cordes à son arc, ce Sébastien…


S’il a quitté Maniwaki après son coming out, c'est pour mettre fin à une époque difficile. « Au secondaire, je me faisais écoeurer. J’ai fait une dépression à cause du harcèlement que je subissais. Je n’ai donc pas pu finir mon secondaire », avoue-t-il. Sébastien s’est installé à Montréal depuis quelque temps maintenant. On sent en lui l’être généreux qui aime œuvrer auprès du public. « J’adore les gens. J’accueille mes clients comme s’ils étaient chez moi. Je ne me prends pas pour quelqu’un d’autre », dit-il.

Dans ses gestes, on perçoit facilement le danseur, alors que dans sa seule mèche de cheveux, qui lui tombe sur le visage (autrement, il a le crâne rasé), il expose son style à la fois bohème et fétichiste. « En général, les gens aiment mon style. Ceux qui passent le plus de commentaires, ce sont les jeunes, ceux avec des casquettes qui ne comprennent pas nécessairement. Mais d’autres jeunes sont parfois attirés par le fétichisme, mais n’osent pas. Moi, je suis à l’aise avec mon style et j'encou-rage les jeunes à affirmer le leur sans avoir peur d'être jugés, » affirme-t-il.

Et comment un jeune de 25 ans se sent-il à l’Aigle Noir, où la clientèle est plus mature? « J’aime y travailler parce que les gens y sont respectueux. Ce n’est pas un bar où les gens bougent tout le temps. On y prend le temps de s’arrêter et de jaser avec tout le monde. Je préfère discuter, échanger et avoir du plaisir », confie ce jeune homme aux origines algonquines…

On peut rencontrer Sébastien à l’AIGLE NOIR