ENTREVUE AVEC ÉDITH-ANNE MURRAY

Le réseautage à son meilleur

Julie Vaillancourt
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Native de Québec et issue du milieu des finances, Édith-Anne Murray déménage à Montréal puis réoriente sa carrière dans le réseautage d’affaires: «À ce moment, je travaillais pour une entrepri-se. Mon objectif était de faire des ventes et du réseautage d’affaires, mais je ne connaissais pas les endroits, les grou-pes, leurs tarifs, leurs activi- tés…» Ainsi, la jeune entrepreneure s’est construit une base de données virtuelle, qui, de fil en aiguille, est devenue magenda.ca. Entrevue avec une femme en affaires.

Magenda.ca est un répertoire et un calendrier des activités de réseautage se déroulant dans la province et «le site permet à tout le monde, même à ceux qui n’ont pas de réseau, de connaître les activités de réseautage dans leur région», précise d’entrée de jeu Édith-Anne Murray. Qui plus est, dans les mois à venir, le site courtisera l’Ontario,, afin d’étendre son réseau, ce qui ne manque pas d’enthousiasmer la femme d’affaires, qui s’est initiée au réseautage d’affaires il y a de cela plus de quinze ans. La règle d’or d’un réseautage réussi selon Édith-Anne? «Trouver un bon équilibre entre le relationnel et le virtuel!», conseille-t-elle. Si les réseaux sociaux meublent le paysage virtuel de façon considérable depuis quelques années déjà, encore faut-il savoir les utiliser à bon escient pour réseauter efficacement. «Si on rencontre une personne lors d’une soirée de réseautage et qu’on l’ajoute à nos amis sur Facebook ou LinkedIn, sans faire de suivi, ne sert à rien. Si tu te contentes d’être amie avec cette personne, sans communiquer avec elle, cela n’est pas un réseautage efficace. La relation doit être entretenue», croit-elle. Au final, il faut utiliser les réseaux sociaux de façon à ce qu’ils deviennent relationnels, comme le suggère Édith-Anne, au lieu de simplement les considérer comme de simples plateformes virtuelles : «Il faut aller vers les gens, être à l’écoute de leurs besoins et construire du relationnel sur le virtuel, tout en trouvant le bon équilibre, selon les personnalités de chacun». C’est certain que le virtuel ne peut pas être le seul motivateur du réseautage, et «il faut qu’à un certain moment, tu te déplaces pour rencontrer la personne, tu participes à des activités, ou du moins, que tu fasses un appel téléphonique!»

Le site de réseautage magenda.ca vise donc à outiller les nouveaux venus en réseautage par le biais d’un calendrier et d’un répertoire. Magenda.ca offre la possibilité de s’abonner gratuitement à l’infolettre distribuée à plus de 15 000 membres au Québec et 6000 en Ontario, ce qui génère un trafic Web important, d’autant plus bénéfique pour les publicitaires. En partenariat avec les Chambres de commerce, magenda.ca a pour objectif «d’encourager les gens à explorer le réseautage au sein de différents groupes. La force d’un réseau provient d’un individu et de ses contacts. C’est ce qui fait la force du groupe; l’esprit de collaboration et de camaraderie, de sy-nergie, sans oublier l’ouverture aux autres». D’un point de vue LGBT, cette idée du groupe synergique et de sa force prend tout son sens, d’où l’importance d’un réseautage efficace: «c’est une philosophie d’entraide. Il faut d’abord penser à ce que l’on peut offrir, comment aider».

Membre du conseil d’administration de la Chambre de commerce gaie du Québec, Édith-Anne Murray n’hésite pas à vanter les mérites de magenda.ca et son esprit d’ouverture, puisque le site affiche tout type d’activités de réseautage, qu’elles s’adressent à une clientèle gaie ou hétéro. D’ailleurs, cette ouverture se reflète chez la femme d’affaires elle-même, qui lance un appel à l’action: «Personnellement, je dirais qu’il n’y a jamais trop d’implication de la part des femmes. Si magenda.ca peut les inspirer à se regrouper, ce serait déjà génial! D’ailleurs, que tu sois une femme ou un homme gai, si tu crois en une cause, il ne faut pas hésiter à te regrouper, à faire du bénévolat et à être présent dans la communauté!» Être ouvertement lesbienne dans le milieu des affaires n’a pas été source de problème pour Édith-Anne: «La clé, c’est de trouver des groupes de gens qui sont semblables et de s’impliquer. Si j’étais hétéro et jeune maman, j’irais dans un groupe de réseautage où il y a plus de jeunes mamans... Lorsque je vais dans des groupes plus conservateurs, je demeure très ouverte et honnête envers qui je suis. Puisque je suis transparente, les gens me font davantage confiance. C’est tellement essentiel à tout bon réseautage. Et en ce qui concerne la communauté gaie, ce n’est pas en étant dans le placard que l’on fait avancer notre cause! Oui, je suis une femme d’affaires, j’ai une jeune entreprise, je suis sérieuse, j’ai du succès, je suis gaie… et puis après?»

 

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Publié le 22 août 2011

par Julie Vaillancourt