par ici ma sortie

Si on parlait sexe!

Denis-Daniel Boullé
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Photo prise par © Robert Laliberté

De parler sexe dans mes chroniques m’apportent toujours mon lot de consolation. On aime ou on n’aime pas. Passons sur les louangeurs qui apprécient ma liberté (quelle liberté ?) de parole, et intéressons-nous à ceux et à celles qui trouvent cela choquant ou provoquant. Certains ne comprennent pas cette impudeur. Le cul relevant de la vie privée selon eux et l’on doit le faire et en parler qu’à l’abri des chambres à coucher, loin des regards et des oreilles indiscrètes. D’autres se demandent si je n’ai pas péter une coche quand je parle de carottes dans le cul. Bien sûr, cela peut choquer. Je peux le comprendre.

Ce qui me choque, ce sont les images que l’on repasse en boucles sur des victimes à la télévision à la suite d’une catastrophe naturelle ou d’une guerre civile. Rien n’est plus choquant pour moi qu’une vieille japonai-se cherchant dans le restant de ruines les traces de son passé. Ou encore des enfants haïtiens s’entassant dans des orphelinats. La véritable indécence de nos sociétés est là. Pas dans l’expression du cul sinon quand elle confine à l’exploitation des enfants et des femmes.

Et puis, derrière ces exclamations d’indignation, je ne peux m’empêcher de voir dans les propos de ces Tartuffes leurs comportements qu’ils cherchent à cacher ou encore que l’omerta (le silence complice entre gais) n’amènera jamais leur vie sexuelle au grand jour. Comme ce gars condamnant la baise sur la plage d’Oka alors qu’il était l’un des premiers à se rendre dans les fourrés dès la fonte des neiges. Ou encore, l’autre vantant la fidélité dans son couple comme seul garant du bonheur et du barrage aux ITSS, se sauvant en m’apercevant dans les couloirs d’un sauna. Même si cela relève des conventions sociales qui délimitent le privé du public, le tu du su, les sujets abordables ou pas, il n’en reste pas moins que l’on doive aussi être critique face à ces injonctions sur le corps et sur le sexe. Et que parce que c’est bien sur l’expression de notre sexualité contraire à la majorité que nous avons connu et connaissons encore de la discrimination, que nous devrions être plus à même de se débarrasser des oripeaux à connotation religieuse sur le sexe en général.

Voilà, je préférerais encore voir de la chair (fraîche et moins fraîche) à la Gay Pride que la misère sociale mendiant sur Sainte-Catherine. Je préférerais voir et parler de cul plutôt que d’entendre des personnes se répandre sans une certaine complaisance et avec moult détails sur leurs maladies, leurs dernières opérations chirurgica les. C’est socialement acceptable.

Je déteste le puritanisme, je déteste les gais qui l’ont fait leur, intériorisant encore et encore l’image qu’un gai, pour se faire accepter doit gommer tout ce qui pourrait le ramener à sa vie sexuelle, et à l’expression de celle-ci. Je me fous de savoir si les hétéros pensent que les gais ne pensent qu’au sexe, ou qu’ils ont de multiples partenaires au cours d’une vie. Qu’est-ce que cela peut leur foutre? N’aimeraient-ils pas avoir cette liberté-là? Tout comme d’ailleurs beaucoup de gais ne collectionnent pas les baises comme les timbres. Les clichés ont la vie dure.

D’ailleurs, peu importe ce qu’on fera ou on ne fera pas, le seul fait d’être gai et d’avoir des relations entre hommes ne convaincra jamais aucun conservateur et tenant de la soi-disant morale des bien pensant. Je veux pouvoir uriner sur mes partenaires si cela leur fait plaisir (évidemment) ou me faire pisser dessus et l’écrire si cela me chante sans que des juges, des médecins, des psys, ou encore Monsieur-tout-le-monde me jouent les pères la pudeur au nom d’une sacro sainte image de normalité qui n’existe nulle part.

 

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Ce qui me choque, ce sont les images que l’on repasse en boucles sur des victimes à la télévision à (...)

Publié le 26 juillet 2011

par Denis-Daniel Boullé

   
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Anciens commentaires

  • Oh oh oh "nos amis" qui condamne la plage d'Oka alors que ce sont les premiers dans les fourrés. Mais c'est ca la beauté de la complexité humaine cher. Elle devient laide quand elle t'en fait subir ses abberations. Publié le 10/08/2011