Joie mêlée d'émotion à New York pour les premières unions homosexuelles

Hector Cartier
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La ville de New York a commencé dimanche à célébrer ses premières unions homosexuelles dans une ambiance survoltée par le record d'affluence prévu: pas moins de 823 cérémonies attendues en un jour pour l'entrée en vigueur de la loi autorisant les mariages du même sexe

New York célébrait dimanche dans la joie et l'émotion ses premières unions homosexuelles marquées par un record: pas moins de 823 cérémonies prévues en un jour pour l'entrée en vigueur de la loi autorisant les mariages du même sexe.

«Aujourd'hui, notre certificat de mariage, notre mariage, signifie que New York nous reconnaît légalement en tant que personnes et en tant que couple», se réjouit Daniel Hernandez, 53 ans, en brandissant à sortie du bureau de l'état-civil la précieuse attestation de son mariage avec Nevin Cohen, 48 ans.

Les deux hommes, qui se sont rencontrés il y a 13 ans, ont été à l'origine de la reconnaissance du mariage gay dans l'Etat de New York, contre lequel ils avaient porté plainte en 2004.

«Vous avez attendu un bout de temps, non?» leur a lancé Alisa Fuentes, l'officier d'état-civil, en les accueillant pour la cérémonie.

Après l'échange des consentements, les deux hommes se sont embrassés sous les applaudissements de leurs amis quand Mme Fuentes les a déclarés «mariés». «J'ai failli dire 'je vous déclare mari et mari' mais j'ai décidé de juste dire 'mariés'», a-t-elle expliqué après la cérémonie.

L'Etat de New York est devenu le 24 juin le sixième Etat américain, et de loin le plus grand, à autoriser le mariage gay. Dans la seule ville de New York, la plus peuplée des Etats-Unis, la mairie devait marier dimanche 823 couples, homosexuels en très grande majorité. Le record précédent, avec 621 mariages hétérosexuels, remontait à la Saint-Valentin du 14 février 2003.

Le premier couple à faire une entrée, empreinte d'émotion, dans une des salles réservées aux mariages était composé de Phyllis Siegel et de Connie Kopelov, deux vieilles dames aux cheveux blancs dont l'une avançait appuyée sur un déambulateur. La cérémonie a ensuite été fermée aux journalistes.

Dès l'ouverture des bureaux à 8H30, les candidats au mariage faisaient déjà la queue par centaines sous un soleil de plomb.

«Nous sommes arrivées à 4H30 du matin», expliquait Yolanda Potasinski, cadre d'entreprise de 55 ans, qui occupait la tête de la file en compagnie de sa future épouse, Nancy Mertzel, une avocate âgée de 48 ans.

Dans la file, beaucoup de fiancés s'étaient mis sur leur trente-et-un, quelques-uns ayant opté pour des couleurs criardes, sous des ombrelles multicolores destinées à se protéger du soleil. Devant l'afflux des demandes, la mairie avait dans un premier temps prévu d'organiser une loterie pour sélectionner les couples autorisés à se dire oui en ce 24 juillet. Mais elle y a finalement renoncé, de nombreux couples ayant d'eux-mêmes choisi de convoler à une date ultérieure.

L'adoption de la loi s'est accompagnée d'une longue polémique alimentée par les adversaires du mariage homosexuel qui n'avaient pas renoncé dimanche à faire entendre leur opposition. Une dizaine d'entre eux ont manifesté brièvement devant le bureau de l'état-civil, séparés par des barrières métalliques et par de nombreux policiers de la file des fiancés.

«Mariage gay: mauvaise idée», pouvait-on lire sur une pancarte brandie par un militant juif orthodoxe. Ignorant la polémique, le maire de la ville, Michael Bloomberg, devait lui-même marier deux de ses collaborateurs dans sa résidence officielle. Ailleurs dans l'Etat, des mariages ont été célébrés dès minuit, à l'heure de l'entrée en vigueur de la loi. Dans la ville de Niagara Falls, Kitty Lambert et sa compagne Cheryle Rudd se sont dit oui devant les chutes du Niagara, qui étaient pour l'occasion illuminées aux couleurs de l'arc-en-ciel, symbole de la communauté gaie.

L'entrée en vigueur de la loi a été précédée vendredi par une nouvelle avancée des droits au niveau fédéral: le président Barack Obama a certifié que l'armée américaine était désormais prête à accueillir des homosexuels dans ses rangs.

New York a été en juin 1969 le théâtre d'émeutes contre le harcèlement des homosexuels après une descente de police dans un bar de Greenwich Village. Ces émeutes sont considérées comme le point de départ du mouvement de libération des homosexuels et l'origine des défilés annuels des fiertés homosexuelles dans le monde.

 

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Publié le 24 juillet 2011

par Hector Cartier