Suite à la résolution de l’ONU, le Vatican est en état d’alerte

Chantal Cyr
Commentaires
Le Saint-Siège n'a pas digéré l'adoption par l'ONU, le 17 juin, d'un texte contre la discrimination des gays, lesbiennes, bi et trans: un tournant qui mettrait en danger la liberté de l'Eglise. Chef de la mission permanente du Vatican auprès des Nations Unies à Genève, Silvano Tomasi est inquiet. Dans une interview à Catholic News Agency, il est revenu sur l'adoption, le mois dernier, d'une résolution au Conseil des droits de l'homme de l'ONU qui vise à protéger les individus de la violence et de la discrimination basées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre. Pour l'ecclésiastique, le texte s'apparente rien de moins qu'à une attaque en règle contre la liberté religieuse.

«L'orientation sexuelle et l'identité de genre» sont, explique l'archevêque, autant de «codes» utilisés en vue «d'instituer petit à petit des nouvelles normes internationales». Et de déplorer la «confusion» qu'engendrent ces deux termes, forgés selon lui «pour échapper à la réalité et accommoder différents sentiments et désirs qui sont alors transformés en droits.» Des droits qui auraient pour effet de dégrader le «vrai» mariage, d'imposer dans les écoles une éducation sexuelle contraire aux principes catholiques et surtout de tenter de «persécuter» et de réduire au silence tous ceux qui s'opposent aux «comportements homosexuels» sur une base morale.
En mars dernier, Mgr Tomasi avait publiquement défendu le capacité de certains Etats de réguler et interdire certains comportement sexuels. Il s'était toutefois bien gardé d'aller au bout de son raisonnement en abordant la question de la criminalisation de l'homosexualité. Un sujet qui, en tant qu'ancien nonce apostolique dans plusieurs Etats africains, devait pourtant lui être familier.