Marche des fiertés

Un demi million de personnes demandent l'égalité des droits aux politiques

Hector Cartier
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Des dizaines de milliers de personnes ont pris part samedi à Paris à la March des fiertés, occasion de demander aux candidats à la présidentielle de 2012 de s'inspirer du Sénat de New York qui a reconnu le droit au mariage homosexuel.

«Mêmes familles, mêmes droits», «En 2012, je vote», «Pour l'égalité, en 2011 je marche, en 2012 je vote». Les pancartes brandies et le mot d'ordre d'un défilé festif, résumaient les revendications d'une marche «très politique» qui a rassemblée plus d'un demi-million de personnes. En tête on a vu la marraine de l'édition 2011, la chanteuse Arielle Dombasle, ainsi que des responsables politiques dont Bertrand Delanoë, maire de Paris, l’ancien ministre Jack Lang, Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France.



«Ce n'est pas encore le moment de donner une consigne de vote, mais il s'agit de dire, dès maintenant, aux politiques que nous serons exigeants sur cette question», a prévenu l'Inter-LGBT.

Pour le socialiste Jack Lang, un habitué de la Gay Pride depuis sa première édition en 1983, une loi reconnaissant le mariage homosexuel et l'homoparentalité est «inéluctable». Et si la gauche devait l'emporter «une loi permettra la pleine égalité» dès 2012, a renchéri le numéro deux du PS, en tête du cortège aux côtés du maire de Paris, Bertrand Delanoë.
«L'UMP est très en retard, les députés de ce parti sont en décalage total avec la société française qui a évolué», regrette Emmanuel Blanc, président de Gaylib, l'association des homosexuels de l'UMP, qui en avril avait prévenu sur son blog: «Si vous voulez nos voix, donnez-nous nos droits!»



L'Assemblée nationale a rejeté mi-juin une proposition de loi PS visant à ouvrir le mariage aux couples homosexuels, la gauche votant pour tandis qu'une très large partie de la majorité UMP-Nouveau Centre s'y est opposée.

La décision des sénateurs new-yorkais de reconnaître le mariage gai, conforte les militants, selon Nicolas Gougain: «Cela montre que d'autres avancent alors que nous, en France, on piétine».

«Il y a dix ans j'ai eu beaucoup d'espoir quand le PacCS est passé. Depuis tout stagne. En Espagne et au Portugal, la religion est très importante et pourtant le mariage (homosexuel) est permis», relève Marie Lasserre, 50 ans, venue défiler avec sa compagne et leurs deux filles.



Slogans homophobes au passage de la Gay Pride à proximité de l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet

Au passage du cortège, boulevard Saint-Germain, une quarantaine de catholiques traditionalistes, réfugiés derrière les grilles de la paroisse, ont invectivé les manifestants en brandissant des drapeaux tricolores. «Le sida pour les pédés!», «Gay Pride, hors d'Europe!», «Première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des enfants d'hétéros», sont quelques-uns des slogans adressés aux membres de la communauté homosexuelle.

«La religion catholique est attaquée de tous les côtés, on est là pour défendre l'honneur de l'Église», a dit à l'AFP Colin-Pierre Colinge, 24 ans, qui s'est présenté comme un membre du GUD, mouvement d'extrême droite.

A ses côtés, se trouvaient «des paroissiens, quelques membres du Renouveau français et de l'Action française», a-t-il détaillé. Certains avaient le visage masqué par des foulards. «L'an dernier, ils étaient venus uriner sur l'église», a ajouté Julien Billardon, 21 ans, également membre du GUD. «Ca a chauffé plusieurs fois au cours de l'après-midi», a-t-il ajouté.

«Chaque année, il y a quelques manifestants en marge du défilé mais qui ne sont pas représentatifs de l'opinion de la population, c'est très marginal», a relativisé Nicolas Gougain, porte-parole de l'Inter-LGBT, un des organisateurs de la Gay Pride. «Ce sont des gens qui n'ont pas compris l'évolution de la société. Une majorité de Français est favorable au mariage des couples de même sexe. Nous n'enlevons rien aux droits des hétérosexuels, nous demandons les mêmes droits pour tous», a-t-il poursuivi.

Un cordon policier avait été mis en place samedi après-midi pour séparer les deux groupes.
Le défilé s'est terminé place de la Bastille, pour une soirée festive, avec concert et «kiss in» géant.

 

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Publié le 25 juin 2011

par Hector Cartier