Le film POTICHE, le 25 juillet

Potiche mais pas cruche... (lundi 25 juillet)

Michel Joanny-Furtin
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Une belle façon d’entamer le festival que cette projection en plein air, au cœur du parc Lafon-taine et sous les étoiles, avec à l’écran Deneuve, Luchini, Depardieu, Viard, et le mignon Jérémie Rénier dans une comédie d’un de nos cinéastes chouchous, François Ozon. Divers/Cité propose Potiche, le film le plus rose de l’année!

En 1977, dans le nord de la France, Suzanne Pujol (Deneuve) est l'épouse popote et soumise d'un riche industriel Robert Pujol (Luchini), qui la considère comme une potiche. Désagréable et despote, il dirige son usine de parapluies et sa famille d'une main de fer. À la suite d'une grève et de la séquestration de son mari, Suzanne se retrouve à la direction de l'usine et apprend à négocier «selon son cœur».

Elle se révèle une femme de tête, d'action qui, sous des airs bourgeois, un peu roses et nunuches, a quelques amusants squelettes dans le placard. Mais lorsque Robert rentre d'une cure de repos en pleine forme, la potiche ne rentre pas dans le rang…

Ce film est inspiré d’une comédie de boulevard Potiche de Pierre Barillet et de Jean-Pierre Grédy de 1980 dans laquelle avait triomphé Jacqueline Maillan. En signant l’adaptation et le scénario, François Ozon semble d’ailleurs se régaler avec quelques clins d’œil au discours politique ‘‘sarkoziste’’ actuel. Même les enfants gèrent des problématiques de notre époque (couple en dérive, sortie du placard).

Le film parle beaucoup et bien de l'émancipation de la femme à la fin des années 70, face au discours politique désuet de l’époque. Mais le réalisateur ne le voit pas comme une oeuvre politique. François Ozon s'en amuse quand on fait ce parallèle. «Il s'agit d'abord d'une comédie, pas un porte-étendard pour la cause féministe, ni un film de propagande…»

On ne boudera donc pas son plaisir en allant voir un film qui, dans un bel équilibre de rythme, n’hésite pas à mélanger les registres. Une comédie de boulevard proche d’un théâtre d’été, entre le vaudeville et la comédie musicale avec des chansons bien de l’époque. Potiche diffuse à la manière d’un parfum, une dérision permanente, même dans les moments graves, et quelques coups de théâtre fort bien amenés par le jeu des acteurs selon une distribution de choix.

On appréciera aussi le charme vieillot de l'image et de la photographie des années 70. Même le générique semble d’époque. Un film «rose bonbon» à déguster sans modération…



«Potiche» de François Ozon (France, 2010, 103 minutes). Présenté dans le cadre de Divers/Cité au Théâtre de Verdure du Parc Lafontaine, à 21h, le 25 juillet. www.diverscite.org


 

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Potiche mais pas cruche... (lundi 25 juillet)

En 1977, dans le nord de la France, Suzanne Pujol (Deneuve) est l'épouse popote et soumise d'un rich (...)

Publié le 17 juin 2011

par Michel Joanny-Furtin