autrement dit

L’âge de tous les espoirs

Yves Lafontaine
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Photo prise par © Robert Laliberté

Alcool, drogue, rapports sexuels non protégés, surpoids, etc. Des études montrent que l’adolescence est souvent l’âge de tous les dangers, et ce, pour «tous». Mais que c’est encore plus vrai pour les jeunes qui doivent, en plus, assumer une orientation sexuelle différente de la norme hétérosexuelle.

Une nouvelle étude américaine vient confirmer que les jeunes lesbiennes, gais et bisexuels sont davantage susceptibles d’avoir des comportements à risque que les hétéros. Cette étude du Center for Disease Control (CDC) est la plus complète à ce jour sur les conduites à risque des jeunes. L’agence américaine a passé au crible les comportements de 156 000 élèves du secondaire de sept États américains pendant neuf ans, que ce soit en matière de consommation de drogues ou d’alcool, du comportement alimentaire ou sexuel. Et, pour la première fois, les participants ont également été interrogés sur leur orientation sexuelle. Les résultats rendus publics par le CDC ont permis de dégager des différences tout à fait significatives. Près de 30% des étudiants gais et lesbiennes disent avoir sérieusement envisagé le suicide, contre 11,7% pour les élèves hétérosexuels. De la même manière, si 7,8% des élèves hétérosexuels déclarent avoir conduit sous l’emprise de l’alcool, ce taux est multiplié par deux et monte à 15,4%, pour les élèves homos. L’étude révèle également que les jeunes bisexuels seraient encore plus exposés que les gais et les lesbiennes. De manière générale, les ados LGB déclarent en moyenne adopter 70% de tous les comportements à risque, tout particulièrement en rapport avec les tentatives de suicide, le recours à la drogue et à l’alcool, les relations sexuelles non protégées et à la gestion du poids. Il faut souhaiter que ce rapport agisse comme un déclic pour les familles, pour les écoles et pour les communautés, et qu’il suscite diverses initiatives pour soutenir ces jeunes et ceux qui ne le sont plus, mais qui souffrent encore de la discimination qui a commencé durant l’adolescence.


Le 20 mai dernier, le ministre de la Justice du Québec et ministre responsable de la lutte contre l’homophobie, Jean-Marc Fournier, procédait au lancement du Plan d’action gouvernemental de lutte contre l’homophobie. Ce plan d’action sur cinq ans est le résultat des pressions de nombreux groupes communautaies (regroupés au sein du Collectif de travail LGBT), mais aussi d’une réflexion du gouvernement sur la nécessité d’agir dans la lutte contre l’homophobie. Ce plan vise à «reconnaître les réalités des personnes de minorités sexuelles», à «favoriser le respect des droits des personnes de minorités sexuelles», à «favoriser le mieux-être» et à «assurer une action concertée». L’engagement du gouvernement se traduira par une soixantaine de mesures qu’appliqueront onze ministères concernés et qui visent à soutenir les personnes LGBT au niveaux social, communautaire et professionnel, ainsi qu’à accroître les connaissances relatives à la diversité sexuelle. Ce plan est très ambitieux, il faut le reconnaître, et, sur papier, il semble répondre aux besoins exprimés. Encore faudra-t-il voir comment se fera son application dans les prochains mois. Mais d’ici-là, félicitons le Collectif de travail LGBT, qui a fait un excellent travail et le gouvernement, qui a accouché d’un plan qui démontre une réelle compréhension des différentes problèmatiques.