Conseil Québécois des Gais et des lesbiennes

Intervenir au nom des communautés

André-Constantin Passiour
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Bientôt cinq ans, la défunte Table de concertation des gais et des lesbiennes du Québec était remplacée par le Conseil québécois des gais et lesbiennes (CQGL). Un organisme que Steve Foster, son actuel président-directeur général, a contribué à mettre sur pied. Interventions auprès des médias, auprès de commissions parlementaires, appartenance à des regroupements non LGBT pour représenter ces communautés, etc; il semble que le CQGL est sur tous les fronts et désire être le plus rassembleur que possible.

En 2010, en plein Jeux olympiques de Vancouver, un incident qui a l’air banal au début – des commentaires malheureux et homophobes d’Alain Goldberg et Claude Mailhot (sur RDS) sur la tenue vestimentaire du patineur américain Johnny Weir – propulse le CQGL au firmament médiatique. Steve Foster monte aux barricades et fait feu de tout bois. Il est clair que le CQGL s’est ainsi établi une réputation auprès des médias et de la population comme un interlocuteur valable et crédible.

« Même si ce n’était pas la première fois que le CQGL portait plainte en public, le cas de Johnny Weir était plus exceptionnel parce que cela était dans le cadre des Olympiques, qui étaient regardés par des millions de personnes. Cette situation représentait fondamentalement la philosophie du Conseil. Personne ne méritait d’être ridiculisé de la sorte en public, qu’il soit gai ou non d’ailleurs », souligne M. Foster. Les demandes d’entrevues fusent alors de partout. Les interventions font boule de neige. Curieusement, aucun autre groupe gai, ici, ne se porte à la défense du jeune patineur. « L’affaire Weir est un autre événement marquant des cinq dernières années du Conseil. Il a permis au CQGL d’accroître sa crédibilité auprès de la population et dans les médias et contrer ainsi les propos homophobes de Claude Mailhot et Alain Goldberg », continue le pdg du CQGL.

« L’affaire Johnny Weir », comme on l’appelle maintenant, signale ainsi une sorte de nouveau départ pour les communautés LGBT au Québec, car oui, l’homophobie et la discrimination existent encore ici. Mais cet incident et les apparitions publiques de M. Foster dénotent le travail effectué patiemment par l’organisme au cours des cinq dernières années.

Steve Foster a été élu président de la défunte Table de concertation, en décembre 2005. L’actuel pdg du CQGL ne savait certes pas dans quoi il s’embarquait. C’est donc avec l’esprit ouvert et le cœur rempli d’espoir qu’il a entrepris, en collaboration avec Luc Quintal et Claude Côté, la refonte de l’organisme qui, à l’époque, se devait de se redéfinir afin de répondre aux défis à venir ou bien s’étioler et s’évaporer dans l’univers… «Parmi les premières préoccupations que nous avons eues, il fallait redonner au groupe une crédibilité au sein des communautés LGBT et de la population en général, poursuit-il. L’autre défi qui nous attendait était d’assurer sa pertinence et son financement.» La Table avait alors, en banque un misérable 1 500 $! Aujourd’hui, le Conseil boucle un budget qui, grâce au Gala Arc-en-ciel, avoisine les 90 000 $ en tout (subventions, commandites, services, etc.).

Ainsi, seize mois après l’arrivée du nouveau dirigeant, le CQGL décroche une subvention provenant du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, dirigé à l’époque par Michelle Courchesne. Steve Foster rencontre ainsi la ministre en novembre 2006 afin de la sensibiliser et, en février 2007, la subvention est accordée.

Parallèlement, l’équipe du CQGL relance le Gala Arc-en-ciel, qui avait fait relâche pour une période de cinq ans. En 2008, un nouveau gala voit le jour. On veut souligner l’apport et la contribution de groupes et d’individus qui ont participé au développement des communautés LGBT à travers le Québec. «Nous avons réussi grâce, entre autres, au travail de Michel Joanny-Furtin, qui a su repositionner le Gala et lui donner l’éclat et l’envergure qu’il a maintenant», indique M. Foster. L’organisme crée un «grand prix», lors de cette édition de 2008, qui est remis à l’ex-juge de la Cour suprême du Canada et ex-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Louise Arbour. Cela a un effet bœuf ! L’année suivante, c’est l’ex-député néodémocrate Svend Robinson, ardent défenseur des droits, qui en est le récipiendaire. En 2010, c’est Viviane Namaste, chercheure renommée de l’Université Concordia, entre autres, qui mène un combat pour les transsexuels et les travailleuses et travailleurs du sexe, qui se voit attribuer le prix.

«Dans la philosophie que Luc Quintal et moi avons développée, l’égalité sociale, l’égalité des personnes LGBT, mais aussi des femmes, des transsexuels, etc. et la solidarité étaient au cœur de l’engagement du CQGL dans une optique de citoyenneté à part entière [des personnes LGBT]. Toutes les actions menées par le Conseil découlent de cette orientation.» On cherche à mettre de l’avant la diversité et le travail acharné des groupes. Le Gala vient donc appuyer cette philosophie et à rendre hommage à ceux qui oeuvrent pour le bien des communautés. Dans cette même veine, on voit le CQGL présenter, en moyenne annuellement, de 20 à 25 communiqués, opinions, mémoires, lettres d’appui, etc. et prendre position de manière ferme et sans équivoque, comme lors des dernières élections fédérales alors que le Conseil avait demandé aux LGBT de ne pas voter pour le parti conservateur de Stephen Harper.

L’organisme fait également partie d’environ une vingtaine de regroupements, tels que la Conférence régionale des élus de Montréal, la coalition Pas de démocratie sans voix (PDSV) et le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (lui-même rassemblant une soixantaine de regroupements représentant plus de 4 000 groupes) et dont Steve Foster est le président. « Ce qui me caractérise le plus dans tout ce que je fais, c’est d’être au service des autres, d’aider et de soutenir les organismes », de conclure M. Foster.

Tel Robin des Bois défendant la veuve et l’orphelin contre le méchant sheriff de Nottingham, Steve Foster, sur toutes les tribunes et sur tous les tableaux, désire faire part des réalités LGBT, les faire connaître, les faire avancer et leur donner une place dans notre société.

 

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Publié le 25 mai 2011

par André-Constantin Passiour