Biennale de Montréal, Du 1er au 31 mai

Gros plan sur des artistes du Québec

Denis-Daniel Boullé
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Si les organisateurs de la Biennale de Montréal en art contemporain mettent l’accent sur des artistes venus du quatre du monde, ils n’oublient par pour autant les artistes d’ici. Une occasion pour eux d’exposer et de se faire connaître ou reconnaître même si leur talent est depuis longtemps reconnu par les amateurs d’art, contemporain, il va sans dire. On l’appelle Cozic, et pourtant ils sont deux. Yvon Cozic et Monic Brassard se définissent ou plutôt Cozic se définit comme un artiste bicéphale et quadrumane. C’est peut-être la seule définition que Cozic donne à son art puisqu’il refuse la catégorisation et fonctionne autour de concepts. Utilisant des matériaux de tous les jours, à qui on ne confère aucune valeur artistique, l’artiste multiplie des propositions qui allient aussi bien la fragilité et la prétention. Des univers sont ainsi créés qui pourraient se fondre dans notre quotidien ou rappeler des objets usuels. En s’approchant, intrigué par la matière et par la forme, des tours en styrofoam, en papier, ou des objets constitués de plastique, de rubans qui n’ont aucune utilité mais qui ouvre sur des perspectives nouvelles, produisent du sens. L’intérêt vient de la vie quotidienne et de mêler notre regard sur des constructions dont on perd le sens et la fonction. Jouant de la matière et de la couleur, les œuvres de Cozic nous interroge sur notre rapport à notre environnement et au mobilier urbain ou même personnel qui nous entoure.

Jean Dubois, lui s’intéresse aux médias numériques qui s’imposent de plus dans notre univers, dans les administrations, dans le métro, qui nous tiennent informés presque en temps réel de ce qui se passe dans le monde, nous donne la température… L’artiste cherche à sa manière à installer une relation plus interactive entre le spectateur et le média. Comment les nouveaux médias peuvent être un support poétique, ou encore comment garder un regard critique sur cet envahissement de l’image aussi bien dans l’espace public que privé. Dans le cadre d’un projet de recherche-création mené en collaboration avec le professeur Ghyslain Gagnon de l’École de technologie supérieure, il élabore actuellement une approche artistique reliant la téléphonie mobile aux nouvelles façades médiatiques apparaissant dans les espaces urbains.

Enfin, Nadya Myre, qui comme les artistes précédents est multidisciplinaires tente de tisser des liens entre la tradition culturelle, de ses ancêtres autochtones entre autres, et pri-vilégie aussi la participation du pu-blic dans ces créations qui deviennent évolutives et échappent à l’artiste qui ne peut contrôler ce que les spectateurs apporte-ront à ses œuvres. Nadya Myre mêle la sculpture, la peinture, la vidéo et l’écri-ture. Nadia Myre est une artiste multidisciplinaire qui puise dans la tradition culturelle de ses ancêtres autochtones des gestes, des thèmes et des images. Elle propose une réflexion sur la mémoire, sur sa communauté, ses traditions, son langage et son héritage culturel. Pour ce faire, elle utilise différents médias dont la sculpture, la peinture, la vidéo et l’écriture. Le travail de Nadia Myre est mis en scène comme un laboratoire ouvert; elle développe une démarche participative où le public est amené à jouer un rôle dans les installations. Le hasard fait alors partie intégrante de l’œuvre puisque l’artiste ne peut anticiper les actions du public. Nadia Myre créer des liens entre l’individuel, le particulier et le collectif, qui, dans son travail, apparaissent comme une seule et même voix.