Journée de la Fierté Trans

Quand l’un des deux dans le couple décide de changer de sexe

Denis-Daniel Boullé
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La 8e édition de la Journée de la Fierté Trans, qui a lieu le 7 mai prochain, est l’occasion de faire le point sur de nombreux dossiers, et aussi de s’amuser. Si la fin de la journée est consacrée au party au Cléopâtre, avec une remise de prix pour des personnes trans s’étant distinguées par leur implication, la journée du samedi est consacrée à des conférences et ateliers. Parmi les conférenciers et les conférencières invités, la psychologue Françoise Susset viendra parler des implications psychologiques, affectives et sociales lorsque dans un couple, qu’il soit hétérosexuel ou homosexuel, l’un des deux décide de changer de sexe. En fait, comme le propose Françoise Susset, «il y a un défi à l’intérieur du couple, et un défi à l’extérieur du couple. Il n’est pas évident pour un gai, par exemple, de voir son partenaire changer de sexe. De même pour une hétérosexuelle de voir son mari devenir une femme. Toute la question du désir sexuel va se reposer avec le corps de l’autre qui se transforme avec l’hormonothérapie, puis avec la réassignation sexuelle. Si le désir de continuer l’amour est très fort, il faudra pour le partenaire qui n’est pas en transition réinvestir sexuellement le corps de l’autre, ce qui ne se fait pas sans un certain deuil de certaines pratiques
sexuelles.»

L’autre gros défi vient de la perception de ce nouveau couple, aussi bien dans la famille que pour les amies, ou pour le collègues. «Si l’on reprend les exemples précédents, le gai qui se retrouve avec une femme est perçu automatiquement comme hétérosexuel. De même, la femme hétérosexuelle qui partage maintenant sa vie avec une femme se voit perçue comme lesbienne. Selon l’âge, cette transition du regard social peut être très difficile à vivre. Il implique aussi souvent une coupure avec sa communauté d’appartenance. Si un homme hétérosexuel veut rester avec sa conjointe qui devient un homme, il ne se sentira pas naturellement, par enchantement, appartenir à la communauté gaie. De même, les lesbiennes âgées ont de la difficulté à accepter que l’une d’entre elles décide de devenir un homme, et elles considèrent ne plus pouvoir appartenir au monde des lesbiennes si elles ne séparent pas d’une femme devenue un homme.»



Françoise Susset pense que les plus jeunes générations seront moins coincées avec la question du genre et verront d’un meilleur œil des changements de sexe à l’intérieur du couple. En attendant, dans une démarche semblable, le soutien des ami-e-s et de la famille lui semble important. «Malheureusement, beaucoup de couples dont l’un des partenaires est en transition n’ont pas le soutien de leur entourage, ni de leurs ami-e-s et souvent encore moins de la famille. Il faut bien comprendre que c’est un énorme changement qui souvent arrive sans que le conjoint ou la conjointe en ait eu le moindre soupçon, ou encore sans que le conjoint ou la conjointe, même si il ou elle s’en doute, pense que le partenaire va aller jusqu’au bout de son désir de transition et ainsi le rendre public», conclut Françoise Susset.

Françoise Susset tient aussi à ce que le conjoint ou la conjointe d’une personne en transition soit reconnu, soit aussi pris en considération dans toute la question touchant à la transsexualité.

 

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Publié le 18 avril 2011

par Denis-Daniel Boullé