Entrevue

Michael Lucas tournera à Montréal !

Marc Antonios
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Enfin, après des années d’attentes, le président et réalisateur de Lucas Entertainment, Michael Lucas, viendra à Montréal ce mois d’avril. Bien entendu, il fera un passage chez Priape le samedi 16 avril, dès 16h. Il signera des autographes et sera disponible pour des photos avec ses fans en plus de s’adresser au public quelques instants. Mais il y a plus que cela, dans l’entrevue qu’il accorde à ZIP, il nous parle de son intérêt pour la ville et sa volonté d’y tourner un minimum de quatre films aux thématiques diversifiées. Michael Lucas fonde Lucas Entertainment en 1998, à New York. Il débarquait quelque temps auparavant de l’Europe de l’ouest où il avait décroché quelques rôles pour certains réalisateurs de renom, dont le regretté Jean Daniel Cadinot. D’origine juive russe, natif de l’ancienne Union Soviétique, Lucas avait complété des études en droit à Moscou, mais très tôt l’attrait de  l’Occident et de la porno l’appelle… Près de 150 films sont sortis du studio de Michael Lucas. Dangerous Liaisons, Michael Lucas’ La Dolce Vita, Gigolo, Missing, Men of Israel, Inside Israel, Passion, Obsession et le tout dernier Trapped in the Game ne sont que quelques titres qui l’ont propulsé au firmament des «bonzes» de la porno internationale. Cela est sans compter les autres collections telles les désormais légendaires Fire Island Cruising, Cruising Budapest, etc. Voilà des années, lors des tournages, il filme les acteurs, leurs essais, c’est une sorte de «casting couch» comme on dit dans le jargon du métier. Le toujours sexy Michael Lucas a donc l’idée d’offrir à ses admirateurs ces Auditions captés presque aux quatre coins de la planète, de New York en passant par Tel Aviv, Paris ou Barcelone ! Il y en a ainsi près d’une quarantaine d’Auditions maintenant.

Il y a deux ans, il lance sa collection Raunch où il explore des thématiques fétichistes de pisse, de fisting, etc. Piss on Me, Urine Fist Fest, Piss & Boots et Piss Pigs, entre autres, sont ainsi sortis du fourneau ces derniers mois et se sont envolés comme de petits pains chauds, littéralement.

Poursuivant sur cette note fétichiste, Lucas Entertainment, il y a à peine quelques semaines, plonge dans un autre milieu, celui des hommes d’affaires avec la toute nouvelle série Gentlemen ! C’est que, dans certains films comme Trapped in the Game, on y trouve déjà des tableaux avec des mecs portant costumes et cravates, des gens de pouvoir qui cachent leurs corps sublimement découpés et bien membrés dans des pantalons stylés et des cravates en soie. Men in Suits est le premier film de cette collection et comprend, notamment, Arpad Miklos, Adam Killian, Conner Habib, Steven Daigle et Jeremy Bilding. Il remporte ainsi plusieurs prix au cours de sa carrière et contribue à lancer des acteurs. En préparation de ses tournages à Montréal et de son apparition chez Priape, voici donc l’entrevue réalisée avec le sulfureux et toujours exubérant Michael Lucas il y a quelques jours tout juste !
 
Bonjour Michael, je crois que c’est la première fois que tu seras à Montréal pour cette présentation chez Priape?
Oui, c’est vraiment la première fois que je viens à Montréal, ce qui est dommage parce que je demeure si proche et je n’ai pas eu l’occasion d’y mettre les pieds auparavant. J’avais été à Toronto, mais c’est une première pour moi ici. Puisque la France est une de mes destinations préférées, je suis sûr que je vais adorer Montréal!
 
Mais tu ne fais pas que cette session chez
Priape?

Je vais tourner quatre films, ce sera le point fort de ma visite. Nous tournerons un film pour la collection Lucas Entertainment, ensuite un épisode de la série des Auditions, il y aura un film [de notre nouvelle collection] Gentlemen, soit les hommes d’affaires en costume et cravate et, pour finir, un film pour la série Raunch.  
 
En 1998, lorsque tu as créé Lucas Entertainment, avais-tu cette vision d’un studio qui se développerait autant?
C’était, en effet, l’idée de départ. L’objectif était

d’en faire un studio qui produit des succès majeurs et une production de qualité supérieure.
 
Mais était-ce un risque, lorsque toute l’industrie porno était sur la côte ouest, en Californie, que d’installer un studio sur la côte est?
C’était notre défi que d’établir un studio à New York. C’est plus facile, plus accessible et moins onéreux de tourner en Californie. Manhattan coûte vraiment cher. Mais j’aime vivre à New York et je ne voulais pas sacrifier ma vie ici pour aller ailleurs.
 
Tu investis manifestement beaucoup dans tes films, pour les plateaux, les acteurs, etc., afin d’offrir des produits diversifiés qui plairont à plusieurs clientèles, mais comment juges-tu de ce qui va marcher de ce qui sera moins populaire?
Jusqu’à présent, je ne crois pas m’être trompé sur les diverses thématiques des films. Je reste tout le temps à l’écoute des commentaires des fans et mon instinct me guide souvent sur ce qui plaira aux consommateurs.
 
Tu as débuté une nouvelle collection intitulée Gentlemen’s Series avec le Men in Suits, parles-nous un peu de cette série, que penses-tu de cette nouvelle niche qui semble poindre chez les gais d’aimer les hommes en habits et cravates?
Les costumes représentent le pouvoir. C’est pour cela que vous voyez des politiciens porter des costumes. Maintenant, même les femmes qui font de la politique portent des de tels habits. Les costumes sont souvent sexys, représentent le pouvoir et, avouons-le, qui n’a pas l’air hot dans un costume? Si notre collection Raunch n’est pas pour tous, et je le comprends bien, en revanche, je ne crois pas que quelqu’un se détournerait d’un bel homme habillé d’un magnifique costume!
 
Il y a deux ans et demi environ, lorsque tu as lancé la collection Raunch, avais-tu idée de l’engouement que cela créerait et que tu gagnerais de nouveaux fans appréciant ce style?
En réalité, à chaque fois que je lance une nouvelle collection, c’est parce que je réponds à un besoin. Il y avait une demande très claire pour ce genre en particulier. Il y a

beaucoup de productions «vanille» et les gais veulent voir, de plus en plus, des films aux thèmes qui répondent à leur ouverture envers la sexualité. Même si ce n’est pas une chose qu’ils pratiquent, ils ont une grande curiosité à voir [ces divers fétichismes]. Tout est dans la fantasmagorie.
 
Tu as souvent été étiqueté comme «controversé» dans l’industrie, pourquoi crois-tu que les gens pensent que tu es controversé?
Parce que je commente souvent des sujets qui vont bien au-delà du sexe [et de l’industrie].
 
Tu as récemment terminé le tournage d’un film qui s’intitule Assassin, avec Adam Killian entre autres, quel est la trame de ce film et a-t-il un rapport avec le célèbre jeu vidéo?
Assassin est ce film plutôt sombre, érotique et très stylé que je voulais faire depuis un certain temps. Lucas Entertainment pousse ici plus loin encore la porno en créant une production artistique où les moindres détails comptent. Le film raconte mon histoire en tant que «contracteur» solitaire, très méthodique, hautement qualifié à éliminer des gens, quelqu’un à la vie très ordonnée et rangée. Toute sa vie bascule lorsqu’un chanteur de jazz,
joué par Adam Killian, devient le témoin d’un de ses meurtres. Il sera à son tour le point de mire.
 
En plus de Killian et moi, on retrouvera dans Assassin, les Rafael Alencar, Wilfried Knight, Drew Cutler, Cliff Jensen, Steven Daigle, Braxton Bond, Brad Star et Junior Stellano. Il y aura aussi des caméos d’Avi Dar, Rafael Carreras, Dimitri Romanov. Mais ce n’est pas tout, il y aura aussi une performance musicale de la pop star Ari Gold. L’équipe est vraiment impressionnante et comprend des décorateurs de plateau, des spécia-listes en éclairages, des accessoiristes ainsi que des policiers du bureau du maire de New York qui nous ont assistés lors des scènes extérieures d’échange de coups de feu.
 
Ce qui est beau avec ce film, c’est qu’on voit un côté très rare d’Adam Killian et moi-même, soit cet aspect romantique. Il s’agit d’une connexion qu’on n’a encore jamais explorée sur pellicule.
 
Quels sont tes prochains projets?
J’aimerais bien percer dans le marché canadien et tourner plus de films à Montréal. C’est très proche de New York et il y a tellement de beaux gars ici en plus d’avoir un certain air européen.
 

Merci bien Michael pour cette entrevue et bonne chance pour ces tournages à Montréal.
 
C’est moi que te remercie et j’ai hâte de rencontrer les Montréalais l
 
En attendant, chers fans et curieux, ne ratez pas ce rendez-vous avec Michael Lucas, le 16 avril prochain chez Priape Montréal (1311, rue Sainte-Catherine Est. 514-521-845).


Photo : assassin
Michael lucas entertainement