France

Des peines d’emprisonnement allant de 14 ans à la perpétuité pour un assassinat raciste et homophobe

Chantal Cyr
Commentaires

Quatre skinheads ont été condamnés mercredi soir par un tribunal pour mineurs à des peines allant de 14 ans de prison à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat raciste et homophobe d'un jeune homme de 21 ans, en juin 2007 à Reims.

La cour a accédé à la demande des parties civiles qui réclamaient la qualification des faits en "crime raciste et homophobe".

Les quatre hommes, âgés de 21 à 28 ans et dont deux étaient mineurs au moment des faits, étaient jugés à huis clos depuis le 29 mars pour «homicide volontaire avec préméditation précédé d'actes de torture et de barbarie».

Après six heures de délibérations, les jurés ont condamné le plus âgé des accusés à la réclusion criminelle à perpétuité et à 14 ans de réclusion l'autre accusé majeur lors des faits.

Une peine de 30 ans de réclusion, sans excuse de minorité, a été prononcée à l'encontre d'un des deux mineurs alors que le deuxième a été condamné à 14 ans de réclusion avec excuse de minorité.

Une jeune femme de 26 ans, ex-compagne d'un des accusés, qui était poursuivie pour non empêchement de crime écope d'une peine de 3 ans d'emprisonnement dont un ferme. Les jurés ont quasiment suivi les réquisitions de l'avocat général qui réclamait des peines de 15 ans à la perpétuité.

«Ces jeunes gens ont tout fait pour que les années de prison pleuvent, ils n'ont montré ni regrets, ni émotions, indiquant qu'ils étaient encore dans leurs têtes de véritables skinheads et de petits nazis», a estimé Me Emmanuel Ludot, l'avocat des familles.

Les quatre hommes se revendiquant de la mouvance skinhead, avaient reconnu dès leur arrestation avoir tué Alexis Frumin, un jeune homme en rupture familiale, «parce qu'il avait le teint basané et semblait efféminé», avait indiqué à la presse Madeleine Simoncello, procureur de Reims. Ils n’ont jamais exprimé aucun remords.

Les quatre jeunes étaient accusés d'avoir, dans l'après-midi du 9 juin 2007, ligoté la victime sur une chaise avant de la frapper à coups de rangers et de lui brûler les parties génitales à l'aide d'une bombe de déodorant transformée en chalumeau, tout en écoutant des chants nazis. Par la suite, le groupe avait promené Alexis en centre ville où une foule dense célébrait l'inauguration du TGV-est, avant de le conduire dans un parc en bordure de rivière où il a été étranglé à l'aide d'une ceinture de pantalon et jeté à l'eau. Son corps sera découvert par un témoin une semaine plus tard.

 

  Envoyer cet article

France

Des peines d’emprisonnement allant de 14 ans à la perpétuité pour un assassinat raciste et homophobe

La cour a accédé à la demande des parties civiles qui réclamaient la qualification des faits en "cri (...)

Publié le 07 avril 2011

par Chantal Cyr