mado est au boutte

Cuba libre!

Mado Lamotte
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Photo prise par © Robert Laliberté

«Mon doux, il commence déjà à faire chaud dans l’avion, on approche de Cuba, c’est sûr.» Ben oui, Mérielle, c’est ivident, on est à 20 000 pieds d’altitude et il fait juste moins 50 Celsius! Après ça, les blondes se demandent pourquoi il y a une bible de jokes les concernant! Quoique ma chum n’a pas cette excuse-là, elle est brunette! Vous l’avez sûrement deviné, je suis allée faire ma grosse vache sur une plage de Cuba, question d’oublier l’hiver plate qu’on a eu cette année. Sous les conseils avisés de mon agent de voyage, le beau Alain Laflamme, j’ai pris le risque de passer la pire semaine de ma vie dans un «tout compris» de Cayo Largo. Moi qui suis généralement allergique à ce genre de voyage, j’étais loin de me douter que je passerais une semaine des plus agréables au Sol Cayo Largo.

Peu de Québécois, un ou deux gais, ben des Italiens et des Argentins, on aime ça, et pas de quétaines qui rotent encore leur Mojitos de la veille au petit déjeuner. Bon, il y avait quand même les Cloutier, une famille typique d’alcooliques de mère en fils, qui étaient là pour entretenir notre réputation de beaux colons pas de classe qui savent pas vivre en vacances. Pas aussitôt arrivée à la réception de l’hôtel que la mère, Janine, avait déjà envoyé son plus vieux lui chercher des drinks au bar. Deux pour elle et un pour son ado qui était encore loin de ses 18 ans. Le père et l’autre fils étaient déjà évachés sur le divan en rotin en train de se remettre de leur brosse prise dans l’avion. On croisera cette charmante famille de Bougons tout au long de la semaine à des endroits stratégiques : comme au bar de l’hôtel, au bar dans la piscine, au bar sur la plage, au bar du snack-bar et à côté du cooler de bières sur le bateau.

À côté d’eux autres, on passait pour des extra-terrestres aux yeux des barmans médusés chaque fois qu’on commandait un verre d’eau. «No Cerveza? No Mojito? No Pina Colada?» No mi amor, solamente une copa de agua por favor. Mais attention, n’allez pas croire que je porte un jugement sur ceux qui aiment faire le party en vacances, je le fais moi-même pas mal plus souvent que la moyenne, mais disons que s’il n’y avait eu que des Cloutier à Cuba, chu pas sûre que j’aurais autant apprécié mes vacances. Car fort heureusement, il y avait les beaux machos Argentins pour me rincer l’œil et les pitounes italiennes en talons hauts de 6 pouces sur la plage pour me divertir.

Mais le must, mes chéris, c’était de se laisser charmer par le personnel de l’hôtel. Viarge que les Cubains sont hot! Des beaux mâles virils, aux dents blanches, à la peau chocolatée et au poil abondant, en veux-tu y’en a! Tout pour me plaire. Comme dirait ma chum Mérielle: «C’est pas mêlant, j’ai l’impression que je pourrais tomber enceinte rien qu’à les regarder!» Et c’est la même chose pour les femmes: que des belles filles, sou-
riantes et d’une gentillesse désarmante. Ça paraît qu’on n’est pas sur une Île française!

Et une chose qui m’a frappée dès mon arrivée, c’est que la musique fait partie de leur quotidien du matin jusqu’au soir. Ça commence en débarquant de l’avion où on est accueilli par un band cubain en attendant de passer la douane. En arrivant à l’hôtel, un autre band nous attend à la réception. Et ça continue comme ça au buffet le matin, au restaurant sur le bord de la mer le midi, sur le balcon de la petite boutique de souvenirs l’après-midi, au bord de la piscine en fin de journée, au buffet le soir et encore à la réception après le souper. Je peux-tu vous dire que ça fait du bien de passer une semaine sans entendre du Lady Gaga! Le seul bémol, c’était le spectacle après le souper. Très peu de musique cubaine, des bons danseurs, mais ben du lipsynch sur des chansons populaires qui n’ont rien à voir avec Cuba. C’est pas de valeur, on aurait dit une mauvaise troupe de drags queens dans un camping à Old Orchard! Et la mer, Mado, elle est comment la mer? Très agitée, comme je l’aime et d’un bleu turquoise comme les yeux d’un beau Suédois. Et la plage? Elle est belle la plage?

Grandiose, mais pas le genre qui peut plaire à tout l’monde. Un sable fin comme de la poussière de diamants sur des kilomètres de plages quasi désertes, mais aussi, des dunes et des rochers qui réduisent l’espace de bronzage à un tout petit corridor de sable à la marée haute. Rien pour me déplaire, moi qui déteste les surfaces planes de toute façon. Mais surtout, de la place en masse, pas de chaises cordées les unes aux côtés des autres, pas d’activités sur la plage, pas de filet de volley-ball, pas d’aérobie aquatique, pas de tour de banane, pas de parasailing, pas de vendeurs de cochonneries et pas de moumounes qui hurlent mon nom aux quatre vents! «Hey check, c’est Mado». (Ah non, pas un groupie!) «Allo, Mado, qu’est-ce que tu fais icitte?» (Je fuis les gars comme toi) «Tu me reconnais pas?» (Ai-je vraiment envie?) «C’est vrai que c’est pas évident en costume de bain.» (Je te reconnaîtrais pas plus avec un poncho pis un sombrero sur la tête) «Chu le gars qui pissait à côté de toi l’autre soir au Stud!» (J’me disais aussi que je reconnaissais ça, cette absence de bosse dans la culotte).

Et parlant de fond de culotte, pour ceux qui aiment pratiquer le nudisme, la plage de tout nus est située juste à côté de l’hôtel. Mais bonjour les boules au nombril et les poches aux genoux! Non mais pourquoi ce ne sont jamais les beaux gars qui s’exhibent fièrement en tenue d’Adam? Ben non, les beaux gars se baignent en bermudas jusqu’aux chevilles et les bélugas se pavanent en bikini rentré dans la craque de fesses! Help, somebody call the fashion police! Et comme la plage est immense, on n’est pas obligé de se lever à 6 heures du matin pour venir installer sa serviette sur une chaise en dessous d’un palapas. À moins, bien sûr, de rivaliser avec une vieille rockeuse de Pointe Saint-Charles pour le même spot. «Mais ç’a l’air ben plate, ces vacances-là!» Pas tant que ça. Ça paraît que vous ne voyagez pas avec une fille qui passe la journée à prendre des photos de ses pieds et qui propose mille et un jeux passionnants comme le Yum, le 8, le chinese checkers, les échelles et les serpents et le brin de jasette. «Brin de jasette?» Essayez pas de comprendre, c’est pas vraiment un jeu, c’est plus une excuse pour partir une conversation sur un sujet pigé au hasard. Pas besoin de vous dire que ce jeu s’est transformé en «Shut the fuck up» après 2 jours de vacances!

Non mais sincèrement, mes chéris, si vous voulez passer des vacances reposantes, Cayo Largo est l’endroit rêvé. Bon, je ne peux pas parler pour tous les hôtels de l’Île, mais au Sol Cayo Largo, on est bien logé, c’est propre et la déco de la chambre est aussi exotique qu’une chambre du motel Coconut à Trois-Rivières. On mange très bien: oui, oui, la chialeuse en moi a réussi à bien se sustenter. Bon, à la fin de la semaine, je commençais à être écœurée de manger du poisson grillé, mais au moins je ne me suis pas empoisonnée comme c’est souvent le cas dans ce genre d’endroit. L’hôtel est tranquille et on peut lire sans se faire déranger par des saoulons qui dansent le Waka Waka autour de la piscine.

Et pour ceux qui ne peuvent pas tenir en place sur une serviette plus de dix minutes, il y a quand même quelques activités intéressantes proposées. On hésitait entre: nager avec les dauphins ou faire un tour de catamaran. Nager avec des dauphins pendant 10 minutes pour 99$? Non merci. Pour même pas 12$, je peux nager avec des baleines dans n’importe quel bain tourbillon d’un sauna du Village. On a opté pour le tour de catamaran. Très agréable, mais je me serais passé de la visite sur l’île aux iguanes. C’est désolant de voir qu’il y a des vacanciers irrespectueux qui sont prêts à tout pour se faire poser en train de pogner la queue d’une de ces bêtes millénaires. Un peu de respect, svp! Au moins, j’ai pu nager dans un banc de poissons tropicaux dans les récifs de coraux. Un moment magique mais saisissant quand tu tombes face à face avec une raie. Et ici je ne parle pas de la raie d’un autre nageur mais bien du poisson plat comme une pizza extra-large. Vraiment mes chéris, je ne sais pas si je deviens moins difficile en vieillissant, mais je n’aurais jamais cru passer du si bon temps dans une formule tout compris. Est-ce que je reviendrai à Cayo Largo? Sûrement, mais pas avant d’avoir les qualités requises pour me promener les boules à l’air et la snatch au vent!

Mon top 3: le massage sur la plage au coucher du soleil, le jacuzzi tous les jours après le lunch et le sourire de Nestor, notre beau serveur au buffet.

La déception: quand on s’est fait dire que le cafe con leche qu’on buvait 3 fois par jour n’était pas cubain mais italien.

 

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Cuba libre!

Peu de Québécois, un ou deux gais, ben des Italiens et des Argentins, on aime ça, et pas de quétaine (...)

Publié le 22 mars 2011

par Mado Lamotte