Propos homophobes

Le candidat déchu de l'ADQ perd sa cause

Étienne Dutil
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En tenant des propos controversés sur les femmes et l'homosexualité, un candidat répudié par l'ADQ, Jean-François Plante, avait «lui-même semé la controverse dont il s'est dit victime».

Les journalistes de Radio-Canada Martine Biron et Bernard Derome n'ont fait que leur travail en en parlant pendant la campagne électorale de 2007, alors qu’il était candidat de Deux-Montagnes pour l'ADQ. C'est en substance ce qui se dégage d’un jugement rendu par la Cour supérieure, cette semaine. Jean-François Plante réclamait 300 000$ en dommages et intérêts aux deux journalistes et à Radio-Canada. Selon lui, on avait porté atteinte à sa réputation. À la suite de ses déclarations, son chef, Mario Dumont, l'avait chassé avant les élections.

Dans sa poursuite, M. Plante reprochait aux journalistes d'avoir qualifié ses propos de «sexistes» et d'«homophobes» alors qu'il soutient qu'il n'est ni l'un ni l'autre. Il affirmait que sa vie personnelle et professionnelle en avait été grandement affectée. Au regard de la preuve, le juge conclut que M. Plante a été l'artisan de son malheur.

M. Plante avait tenu ses propos en 2006 durant une émission de radio internet qu'il animait. Il avait parlé des événements de Polytechnique (récupérés par les féministes, selon lui), expliqué qu'il refusait de porter le ruban blanc parce que cela ostracisait les hommes et s'était déclaré contre la discrimination positive envers les femmes ainsi que contre la Loi sur l'équité salariale.

En mars 2007, pendant la campagne électorale, il avait tenu des propos semblables sur RadioPirate, à l'occasion d'une émission animée par Jeff Fillion. M. Plante avait en outre dit que, à son avis, André Boisclair «jouait» de son orientation sexuelle quand ça l'arrangeait, pour émouvoir et se faire du capital de sympathie.

Les inconvénients qu'a pu vivre M. Plante à la suite de cette affaire résultent plus de ses propos que des qualificatifs utilisés par les journalistes, estime le juge. «Le demandeur se doit d'assumer les répercussions que peuvent avoir de tels propos, tout particulièrement dans le cadre d'une élection provinciale où il s'était porté candidat», a noté le magistrat.

 

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Publié le 04 février 2011

par Étienne Dutil