le sentiment amoureux et les couples gais

L'amour pour toujours, est-ce pour vous ?

Yves Lafontaine
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Pour plusieurs, l'idéal amoureux, c'est de rencontrer l'homme de leur vie et de passer le reste de ses jours ensemble dans un bonheur sans fin. Mais dans la «vraie vie», cet idéal semble souvent illusoire. À 42 ans, Pierre a passé plus d’années auprès de Sylvain, son conjoint, que sans lui. «C'est mon premier et mon seul amour», dit-il. Ils se sont rencontrés à 18 ans et filent encore aujourd'hui un bonheur presque parfait, bonheur qu’envient leurs proches. «Évidemment, cela demande de la souplesse, des compromis et beaucoup de respect. Nous avons eu nos périodes de doutes et une séparation de quelques semaines… Malgré tout, je crois encore plus maintenant qu’au début qu'il sera le seul amour de ma vie.?Et je compte bien être présent pour lui durant toute ma vie.»


À l'inverse, John, 36 ans, apprécie le fait de ne pas se sentir attaché à quelqu’un «pour la vie». «Même si, à chaque période de célibat entre deux relations, je dois faire le deuil de la relation qui vient de se terminer et que je recommence à m'inquiéter des ITS ou du VIH, je préfère cela à devoir rester jusqu'à la fin de mes jours avec le même gars que je n’aime plus ou qui ne m’aime plus. Je ne veux surtout pas reproduire le pattern de mes parents. Au fil des ans, ils sont parvenus à hisser l'engueulade, le reproche et la phrase assassine au rang de sport national.?Je refuse d'être aussi misérable qu'eux dans mes relations. Je crois encore à l’amour véritable mais pas à long terme. Je ne comprends pas comment on peut rester toute sa vie avec quelqu’un qui ne nous aime pas vraiment et ne nous apprécie pas à notre juste valeur. Ça pourra sembler égoïste, mais je préfère ne vivre que les meilleurs moments d’une relation — c’est-à- dire les premiers mois, voire les premières années — que d’avoir à traverser les pires.»

Autrefois, le couple était synonyme de mariage, une institution dans laquelle on devait entrer pour la vie, et si on réussissait à en retirer des émotions partagées, une complicité et un certain bien-être, c'était un plus. Aujourd’hui, tout part du sentiment amoureux et du bonheur personnel qui va en découler. On rêve d'un amour authentique, d'une relation de très grande qualité à travers laquelle on tient à s'épanouir. Il y a cependant un prix à payer, et ce prix, c'est la durée. Pour plusieurs, comme John, s'obstiner à rester en couple quand ça ne fonctionne plus, c'est vivre entre le non-sens et le masochisme.


Il faut savoir y mettre les efforts

N'en déplaise aux grands romantiques qui croient qu'il suffit de s'aimer pour être heureux ensemble jusqu'à ce que la mort nous sépare, il faut avouer que garder la flamme bien vivante à long terme nécessite un certain travail. La passion des débuts s'effrite, remplacée par les obligations et la routine qui n'ont généralement rien de très romantique. Petites et grandes frustrations nous guettent, sans parler des nombreuses tentations susceptibles de menacer l’équilibre de la relation.

Nathan, 34 ans, aujourd'hui célibataire, en témoigne. En couple jusqu'à tout récemment, il raconte que de nombreux différends ont mis en lumière les failles de leur union. «Dès la première année de vie commune avec Than, notre relation a été éprouvée. On était convaincus que l'amour pouvait à lui seul venir à bout de tous nos problèmes. On ne voyait pas l'importance de travailler sur notre couple, de nous consacrer du temps juste pour nous deux», dit-il. Pendant trois ans, le couple a entrepris un cycle de ruptures et de réconciliations, entrecoupées de mises au point, pour finalement aboutir à une séparation définitive. «Tout ca pour dire que, pour moi, l'amour pour toujours, ça me semble de moins en moins possible. Surtout après trois relations», conclut-il.


Tomber ou grandir en amour?

Tomber en amour, c'est facile. Mais grandir en amour, c'est une autre affaire. Au début d'une relation, presque personne n'est dans la transparence. On fait plutôt tout pour être aimé, ce qui signifie cacher nos défauts, être plus gentil que d'habitude ou ne pas trop s'obstiner quand on n'est pas d'accord sur tel ou tel sujet. Pourtant, c'est quand on est totalement transparent que l'autre va pouvoir juger s'il nous apprécie tel qu'on est, s'il partage les mêmes valeurs que nous et s'il peut nous accueillir pour de bon dans son cœur.

Au plus creux d'une vague, il est tentant de se dire qu'il serait tellement plus simple de lâcher prise et de recommencer avec quelqu'un d'autre... Malheureusement, si on se sépare souvent, on risque de ne pas trouver comment s'aimer pour toute la vie.

Le problème, c'est qu'on ne comprend pas toujours à temps que l'âme soeur, c'est la personne qui va nous aider à grandir. D'une relation à l'autre, on va certes tout faire pour que ça fonctionne, mais en répétant les mêmes erreurs. Ça va donc encore se solder par une séparation dans bien des cas. Alors, à moins qu'on ne soit victime d'abus physique ou psychologique, la séparation n’est pas nécessairement la première mesure à envisager — la discussion franche, devrait l’être — parce que les risques de reproduire à l'infini exactement le même pattern sont très grands».

Fred peut en témoigner, car même s’il n'a que 29 ans, il en est déjà à six tentatives de vie à deux qui se sont soldées par une fin abrupte. «Passé le cap des 6 mois premiers moins, j'ai l'habitude de voir mes relations se dégrader à toute vitesse, confie-t-il. Je ne sais pas ce qui se passe exactement, mais tous les travers et toutes les fai-blesses des gars que j'ai fréquentés me sautent alors subitement au visage. Le seul point positif que j'y vois, c'est que ça m'a appris à casser sans trop de dommages», ironise-t-il.

Y croire tout en restant réaliste

Alors, pas surprenant que bien des couples d'aujourd'hui, qui entament une nouvelle histoire d'amour, le font en se disant : «On verra bien ce que ça donnera!» Quand la suite s'installe et que ça n'est pas trop mal, ils décident tout naturellement de continuer avec l'espoir que ça marchera le plus longtemps possible, sans avoir de certitudes pour autant.

Ce scepticisme est-il l'attitude à adopter? Si on espère être avec notre amoureux le plus longtemps possible, est-il préférable de se dire qu'on sera probablement ensemble pour un bout seulement, ou jusqu'à la fin des temps? On devrait s'aimer pour toujours, mais «un seul jour à la fois». Bref, pas un jour ne doit s'écouler sans qu'on investisse dans cette relation-là, sauf qu'on doit impérativement le faire à deux: s'il n'y en a qu'un seul qui rame ou qui fait des compromis, la relation va vite finir par tourner en rond.

L'important, ce n'est pas de croire ou non en l'amour éternel, mais de bâtir ensemble. Si on évolue dans la même direction et qu'on sait entretenir des intérêts communs, notre relation devrait pouvoir durer tout naturellement. Pour Robert, 31 ans, qui est avec Luis depuis bientôt dix ans, «l'amour est un sentiment qui est fait pour durer tant qu'on maintient certaines conditions. On n'est pas ensemble pour avoir un autre boss ou pour partager son quotidien avec quelqu’un qui ne pense qu’à lui. On est ensemble pour partager en multipliant les petites attentions, les approches douces et les surprises.» Nommer nos attentes est aussi primordial.

«J’ai l’impression que trop souvent, à cause d'un manque de communication — je n’ai qu’à regarder autour de moi, dans mon groupe d’amis —, la relation de certain couples se bâtit sur un échange de frustrations au lieu de se bâtir sur un échange de satisfactions.» Plus on se sent compris, plus l'intimité et la magie s'installent.

Évidemment, l'amour s'entretient chaque jour de votre vie de couple, pas seulement le jour de la Saint-Valentin. Cela se fait avec de petites attentions : préparer le petit déjeuner au lit, faire un petit souper au resto en tête à tête, prévoir une surprise inattendue, changer la routine… bref, plein de petites choses qui font plaisir à l’être cher.

 
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Anciens commentaires

  • Parfois je me demande si je suis le seul à penser de cette façon. Cet article est la preuve que non. très souvent je pense que le problème chez la plupart des hommes (gaies ou hétéro) est le sens de l'engagement. Si on est en couple avec quelqu'un c'est qu'on choisi quelque part de s'engager. Ce qui veut dire pou moi:donner au meilleur de sois même les effort suffisant pour que la relation marche et ce dans les deux sens. C'est dans cet optique dans le pire on trouve la force de surmonter la diffuclté à deux car on à librement fait le choix de s'engager avec l'autre. Être sois-même et se présenter sous son vrai jour témoigne de son authenticité et de sont désire de vérité; un bon secret pour la longévité. saupoudré d'égalité,fidélité à sois et envers l'autre (selon l'entente prise au départ) et le plus important le respect tant de sois que de l'autre. Merci encore une fois de me reconforter dans mon pti rêve quelque peut «hasbeen» de l'amour pour toujours. Attendant impatiement de vous relire j'espère mon prince charmant XD Publié le 16/04/2012
  • Ça vaut autant pour les lesbiennes que les gays et les hétéros! Et je suis totalement d'accord avec cet article: j'appelle ça "l'intelligence du coeur". Travailler? Oui. Si on est bien avec soit-même et qu'on se connaît bien soit-même, alors il y a des chances qu'on soit bien avec l'être aimé aussi, le contraire est plutôt improbable selon mon expérience. On n'a jamais fini d'apprendre et d'évoluer, seul ET en couple. Je pense aussi qu'on crée et qu'on attire ce en quoi l'on croit... et qu'il y a une telle diversité de façons d'aimer, ça fonctionne tant qu'on est sur la même longueur d'onde. Merci pour cet article. Publié le 07/08/2013
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  • Parfois je me demande si je suis le seul à penser de cette façon. Cet article est la preuve que non. très souvent je pense que le problème chez la plupart des hommes (gaies ou hétéro) est le sens de l'engagement. Si on est en couple avec quelqu'un c'est qu'on choisi quelque part de s'engager. Ce qui veut dire pou moi:donner au meilleur de sois même les effort suffisant pour que la relation marche et ce dans les deux sens. C'est dans cet optique dans le pire on trouve la force de surmonter la diffuclté à deux car on à librement fait le choix de s'engager avec l'autre. Être sois-même et se présenter sous son vrai jour témoigne de son authenticité et de sont désire de vérité; un bon secret pour la longévité. saupoudré d'égalité,fidélité à sois et envers l'autre (selon l'entente prise au départ) et le plus important le respect tant de sois que de l'autre. Merci encore une fois de me reconforter dans mon pti rêve quelque peut «hasbeen» de l'amour pour toujours. Attendant impatiement de vous relire j'espère mon prince charmant XD Publié le 16/04/2012
  • Ça vaut autant pour les lesbiennes que les gays et les hétéros! Et je suis totalement d'accord avec cet article: j'appelle ça "l'intelligence du coeur". Travailler? Oui. Si on est bien avec soit-même et qu'on se connaît bien soit-même, alors il y a des chances qu'on soit bien avec l'être aimé aussi, le contraire est plutôt improbable selon mon expérience. On n'a jamais fini d'apprendre et d'évoluer, seul ET en couple. Je pense aussi qu'on crée et qu'on attire ce en quoi l'on croit... et qu'il y a une telle diversité de façons d'aimer, ça fonctionne tant qu'on est sur la même longueur d'onde. Merci pour cet article. Publié le 07/08/2013