Jimmy Moore

«Je voulais être une star»

André-Constantin Passiour
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Si, pour Michel Dorion et Cantelli, devenir personnificateurs féminins était le résultat d’un concours de circonstances, et ce, dans tous les sens du mot, pour Jimmy Moore, qui a été connu aussi à ses débuts en tant que V.nus, il était clair dans sa tête qu’il désirait atteindre un certain statut. Personnificateur de Madonna par excellence, il a aussi à son actif toute une série de personnages qui comprend Lady Gaga et, dernièrement, Michael Jackson. Jimmy Moore offre à la fois de l’audace et de la perfection, et semble toujours faire salle comble avec ses spectacles au Cabaret Mado, au théâtre National, au Sky, au Club Soda ou ailleurs.

Jimmy Moore est le plus jeune des trois. C’est à l’âge de 20 ans qu’il monte sur les planches du Cabaret L’Entre-Peau, lors d’une soirée animée par Gerry Cyr. Pour Cantelli, c’était Tina Turner, pour Michel Dorion, c’était Céline Dion, alors avec quel personnage Moore a-t-il épaté la foule? Bien oui, Madonna! «Pour Madonna, c'est viscéral. J'ai toujours su que je lui ressemblais autant au niveau de l'esprit que de l'exécution. Son sens artistique et son sens des affaires. J’ai la même philosophie que le personnage : celui du ‘‘je fais ce que je veux, quand je veux, comme je veux et je ne dois rien à personne’’. Alors je fonce. Je n'attends pas, je crée l'occasion. C'est la même chose pour Michael Jackson ou Lady Gaga. Mais je dois dire que je n’ai jamais connu un succès aussi instantané qu'avec Michael Jackson. C'est spécial disons.»



Mais qu’est-ce qui l’a attiré dans ce milieu des drags? «Je savais que je pouvais faire la différence dans le milieu des personnificateurs. Je voulais être une star. J'ai toujours eu une vision révolutionnaire de mon art. Lorsqu'on a des convictions et qu'on croit en ses capacités, il est évident qu'on doit déplaire à certains et par le fait même, on déplace de l'air. Et certaines personnes me détestent parce que j’ai du courage et de l'ambition. Je n'ai jamais eu froid aux yeux. Il y a, bien sûr, un prix à payer pour être différent et croire à ses idéaux. J'ai toujours voulu conduire le train et non être passager», affirme-t-il.

Jimmy Moore a incarné les Jennifer Lopez, Mariah Carey, Britney Spears, Alys Robi, Beyoncé, Dalida, Édith Piaf et Tina Turner également. Moore change parfois de registre du tout au tout. «J'ai aussi poussé mes rôles féminins en recréant des scènes de cinéma avec les personnages de Catherine Tramel (Basic Instinct) et Ellie Driver (Kill Bill), poursuit-il. Ensuite, il a eu mon ‘’étape’’ Céline Dion, la plus dure au niveau psychologique et physique, dois-je dire. Et mon ultime révolution fut de personnifier le roi de la pop: Michael Jackson. Puis, tout récemment, Lady Gaga.» Tous ses personnages sont, pour lui aussi, étudiés, analysés et exécutés dans le menu détail.

Avec les années, Jimmy Moore a évolué, s’est adapté, a aussi formé une équipe pour chacun des spectacles, travaille avec un chorégraphe, etc. «Je suis tellement fier de moi. J'ai établi une façon de vendre un produit. Jamais avant mon spectacle Personnificateur Professionnel, on avait vu un artiste se vendre d'abord avec son image de jeune homme à la GQ entouré de ses personnages féminins. Mon équipe est en évolution constante. Depuis que je m'appelle Jimmy Moore, je n'ai plus aucune limite. Je travaille à de grands événements mondains que je n'aurais jamais pu envisager de créer auparavant. La vie = évolution, c'est aussi simple que ça!» ajoute l’artiste.

Jeune homme bien déterminé, répétant toujours des heures et des heures, de manière incalculable presque, ses divers rôles et ses spectacles, le personnificateur se présente toujours sur scène avec assurance et flamboyance. S’il ne connaît pas son avenir avec exactitude, il semble se fier à sa bonne étoile! «Tout ce que je souhaite au plus profond de mon cœur, je le réalise; il faudra me suivre pour voir ce qu'il me reste à accomplir. Et je fais aussi beaucoup confiance à la vie. La vie est bonne. Mon avenir? Il est rempli de surprises, d'ambitions, de rêves, mais surtout de bonheur», de conclure Jimmy Moore.

 

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Publié le 17 décembre 2010

par André-Constantin Passiour