Mado est au boutte

La mélodie du bonheur

Mado Lamotte
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Photo prise par © Robert Laliberté

«The hills are alive with the sound of music…» qu’elle chantait la belle Julie Andrews en virevoltant dans les Alpes autrichiennes. Croyez-moi, mes chéris, elle n’a jamais si bien dit. Y’a pas que les montagnes qui sont vivantes au pays de Mozart et de Sissi. Le pays tout entier respire de beautés et de splendeurs à couper le souffle. C’est pas mêlant, dès qu’on débarque du City Airport Train (16 minutes de l’aéroport au centre-ville de Vienne, on aime ben ça), on se retrouve en plein décor de conte de fées. Et moi qui adore les histoires de princesses, je sens que je vais en avoir pour mon argent ici. Mais y’a tellement de choses à voir que je sais pas où me garocher.

Fuck le décalage horaire, à peine arrivée à ma chambre d’hôtel, j’pitche ma valise sur le lit, je ramasse ma sacoche en perles d’eau douce, pis je pars à l’assaut de Vienne. Comme chaque fois que je voyage, je me suis fait un petit itinéraire (que je ne respecterai pas) et la première chose que je veux voir, c’est le palais de Sissi. Mais lequel? Y’en a 3. J’commence par le plus majestueux, la résidence d’été de la belle impératrice, Schönbrunn. Watch out le château! Versailles, c’est une grange à côté de ça. Non mais, c’est quand même assez incroyable ce qu’on peut faire avec du stucco! Pis du rideau en brocart, de la tapisserie de velours, des fresques au plafond et des planchers en marbre en veux-tu en v’là! Et je vous parle pas du mobilier d’époque à faire rougir d’envie n’importe quel magasin de meubles de la Plaza Saint-Hubert! Je sens que je vais me plaire à Vienne. Je poursuis ma visite en me dirigeant tranquillement vers Karlsplatz, question d’admirer en chemin les édifices art nouveau du célèbre architecte Otto Wagner. Je m’extasie à chaque coin de rue d’un «oh» ou d’un «ah» et, comme une Japonaise sur le speed, je fais aller mon kodak au quart de seconde. Chemin faisant je m’arrête au Café Sperl, un incontournable du kitsch viennois, question de goûter à la cuisine locale. Quossé ça, c’te sandwich pas de pain? Hey waitress, I think you forgot the bread. Ah! le stock est à l’intérieur de la tranche de jambon roulée. Mais c’est de la salade de choux qu’y’a là-dedans. Plus weird! Pas sûr que je vais tripper sur la bouffe icitte. Heureusement, la bière est bonne. Je repars en direction de la maison de Hundertwasser, un artiste-peintre-architecte autrichien que j’adore. J’aboutis devant un immeuble à appartements de toutes les couleurs et de toutes les matières. Un genre d’Habitat 67 mais en plus flyé. Mais voulez-vous ben me dire ce qu’ils fumaient ces Autrichiens-là? Comme si j’avais pas assez marché pour une première journée, je continue ma trotte jusqu’au parc Prater pour aller faire un tour de grande roue (la folle) et admirer le soleil se coucher sur Vienne. Ah! mais ça, c’est de la grande roue, mes chéris. On est pas à la Ronde ici. Une belle grande structure vieille de plus de 100 ans avec des cabines en forme de wagon de train. Et je vous dis pas la vue qui s’offre à moi. Vienne tout illuminée, c’est beau à brailler! Mais les hauteurs, ça creuse l’appétit. Je me ramasse dans le fond d’une cave, genre de resto qu’on retrouverait dans une histoire d’Harry Potter, avec des serveuses en robe de Heidi, des serveurs qui portent fièrement le petit chapeau de Rémi et des clients qui font tournicoter leurs bocks de bière au-dessus des tables au son d’un orchestre maison qui joue les plus grands succès de la musique tyrolienne (Manon Bédard, sors de ce corps!). Je m’enfile un schnitzel grand comme la table (pas gras du tout), accompagné d’un bol de 2 livres de patates (hey, bâtard, j’ai tu l’air d’une truie?), j’avale un p’tit verre de rouge (servi dans une tasse?) pour diluer tout ça et je recouvre le tout d’un bon gros morceau de Apfelstrudel (miam, la bonne tarte aux pommes) surmonté d’une boule de crème glacée grosse comme un globe terrestre! Hum, j’ai comme un feeling que je vais bien dormir. Huit heures plus tard, après un petit déjeuner composé de charcuteries, de salade de patates à l’ail, d’olives piquantes, de petites saucisses cocktail et de pain dur comme des fesses de plongeur (coudonc, y’a pas de beurre de peanuts icitte?), je suis déjà en route pour le Belvédère, une splendeur de palais baroque qui sert aujourd’hui de musée, où je me suis pâmée devant les chefs-d’œuvre de Klimt et de Egon Schiele. Petite pause au Stadtpark, un beau grand parc à l’anglaise, où je zieute du jeune homme et je jalouse les belles grandes jambes de femme. Mon verdict: les Autrichiens sont pas mal plus beaux que les Allemands. Et beaucoup plus civilisés. Imaginez, ça attend à la lumière rouge, c’te monde-là. Même quand y’a pas de chars! Je passe l’après-midi dans le quartier Stephenplatz, je me perds dans les petites rues tout autour de la majestueuse cathédrale St-Stephen, je me repose à la terrasse d’un café viennois où je mange le meilleur gâteau au chocolat au monde (je comprends pourquoi on appelle ça des viennoiseries) et où je bois un excellent café «melange» (leur version du café au lait). Mes batte-ries bien rechargées, je cours vers ma prochaine destination, le fameux château Hofbrug, résidence d’hiver de Mademoiselle Sissi. Tabaslak, y’a ben de la vaisselle icitte! Des assiettes et encore des assiettes, à la longue, ça donne faim! Mais toutes ces belles grandes tables de banquet, ça m’a donné quelques idées pour mon centre de table à Noël. Il va juste me manquer une cinquantaine de chandeliers et de la coutellerie en or 14 carats! J’ai fini mon marathon devant un gros bol de soupe à la citrouille (spécialité locale dont je me régalerai tous les soirs), une assiette bien remplie de goulasch (en Autriche, c’est pas de la soupe mais du ragoût de bœuf) servi avec, encore des ostis de patates, accompagné d’un bon verre de St-Laurent (un rouge qui n’a rien à voir avec l’eau de notre fleuve) et non, cette fois-ci, pas de dessert. Non mais, me prenez-vous pour une cochonne? Pas besoin de vous dire que j’ai pas été capable de dormir sur le ventre. Dernière journée à Vienne, je cours comme une poule pas de tête, je veux rien manquer, et même si j’ai l’impression d’avoir tout vu, il me reste plus de la moitié de la ville à voir. Et en plus il pleut, bout de viarge! Fuck les 43 églises que j’ai pas encore vues, je m’enferme au musée Albertina où il y a une expo Michel-Ange et Picasso à chier à terre. Je continue au musée Leopold, repaire des plus grands peintres autrichiens. Que des chefs d’œuvre! J’entends une remarque tellement typique d’un Français: «allez chérie, on s’en va, y’a rien d’intéressant ici!» Après, on dit que les Américains ont pas de goût! Je m’arrête deux minutes à un p’tit kiosque à saucisses pour engloutir une bonne kasekrainer (saucisse fourrée au fromage) et reprendre des forces. Je repars en riant des touristes qui photographient leur assiette. Je sors de Vienne une toute petite heure le temps d’aller voir le Klosterneuburg (un magnifique cloître à flanc de montagne qui surplombe le Danube), et je rentre à Vienne avec le coucher du soleil qui flotte sur les derniers nuages de pluie. Féerique comme vision. Tiens, après toute cette marche, si j’allais me détendre le mollet au sauna du coin. Watch out le sauna, mes chéris. Je devrais plutôt dire un Palais Ottoman! Un vrai décor des mille et une nuits. Allez voir les photos sur Internet, vous allez tout comprendre (www.kaiserbruendl.at) Parmi tous ces géants autrichiens qui déambulent la saucisse bien pendue, proportionnelle à leur 14 pouces de souliers, j’ai l’impression d’être une schtroumpfette perdue dans un party de clones de Arnold Schwarzenegger. Pas
besoin de vous dire que je suis ressortie de là en marchant comme un cowboy! Pour me remettre de mes émotions, je suis allée caler une couple de Gösser (la bonne bière autrichienne) au Sling (un sex club qui fait aussi office de bar), mais je vous promets que je n’ai rien fait (anyway, il ne me restait plus une goutte de salive!) à part quelques jeux de doigts avec un jeune barbu qui a insisté (c’est pas moi, je le jure) à me communiquer les coutumes locales par le langage des signes. Ouf, mais quel voyage, mes chéris! Et je ne vous ai même pas raconté mon escapade de 2 jours à Salzbourg, la patrie de Mozart et des boules de chocolat aux pistaches, et mon week-end à Lyon, la ville du saucisson et du théâtre de Guignol. Ce n’est que partie remise, le mois prochain.

Des nouvelles de Paris: mes spectacles au Tango ont eu du succès au-delà de mes espérances. Rappels par-dessus rappels (7 le dernier soir!!) et des Français qui trippent à se faire bitcher! Faut croire qu’ils sont tous «madochistes»!



 

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Mado est au boutte

La mélodie du bonheur

Fuck le décalage horaire, à peine arrivée à ma chambre d’hôtel, j’pitche ma valise sur le lit, je ra (...)

Publié le 16 novembre 2010

par Mado Lamotte