Sauna 5018

Souffler 20 bougies !

André-Constantin Passiour
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Du 5 au 9 octobre dernier, par une semaine d’activités diversifiées, le personnel et la direction de ce sauna situé sur le Plateau Mont-Royal soulignaient son 20e anniversaire. Eh oui, ce sauna a traversé deux décennies et tire encore aujourd’hui son épingle du jeu. Dans cet endroit bien discret sur la «Main», les hommes s’y donnent rendez-vous dans une ambiance plutôt convi-viale. Le fondateur et propriétaire, Gaëtan Boismenu, n’hésite pas même à qualifier l’établissement de «familial», dans le sens où les gens sont amicaux et chaleureux.

L’édifice est en briques grises, il passe inaperçu dans le quartier, entre Saint-Joseph et Laurier, près d’une boulangerie portugaise. Il n’est donc pas annoncé avec des hommes presque nus sur la devanture comme dans le Village. Sur quatre étages, le 5018 comprend 49 chambres, certaines avec des miroirs, mais toutes offrent un écran de télévision. On y trouve un jacuzzi d’au moins huit places, un sauna sec et vapeur et une salle de massage professionnel. Il y a une salle de cinéma avec écran géant diffusant un film porno, au sous-sol, tandis qu’au 3e on retrouve un autre coin cinéma, plus intimiste, avec un feu de foyer en hiver. C’est très charmant. Partout, des murales, des affiches, des œuvres présentant des hommes nus dans des poses très suggestives et alléchantes… de quoi éguiser les sens quoi… L’éclairage tamisé accentue cette atmosphère de promiscuité et de détente à la fois.

Certains vont au 5018 pour sa vue imprenable sur le Mont-Royal et se font bronzer nu sur la terrasse située sur le toit. C’est le 1er sauna à aménager ainsi une terrasse qui était l’appartement de M. Boismenu pour plusieurs années. L’été, avec les après-midi saucisses BBQ, cela est très agréable.

«Le succès du 5018 on le doit à sa clientèle d’hommes mariés résidant en banlieue, aux gens d’affaires qui continuent à y venir et aux gais qui résident dans le quartier», indique M. Boismenu.

Et dire que c’est «par hasard» que Gaëtan Boismenu ouvre ce sauna à 26 ans. Il était le propriétaire de la bâtisse. «Nous étions en pleine récession, en crise économique à partir de 1988, poursuit M. Boismenu. En l’espace d’un an, les bureaux se sont vidés, tous les locataires ont quitté. À l’époque, je sortais au bar Equus, sur Saint-Denis (près de Rachel). C’est là que beaucoup de gars se rencontraient. Car bien des gais résidants dans le quartier, ne voulaient pas aller dans le Village. Comme il n’y avait pas de sauna dans le secteur, c’est là que j’ai pensé d’en ouvrir un.»

«Certains clients sont de la première heure, ce sont des fidèles qui reviennent parce qu’ils connaissent aussi le personnel qui est attentionné envers eux. Au moins quatre employés sont là depuis le début, donc c’est sécurisant pour la clientèle de voir la stabilité du personnel», d’ajouter Philippe Dominique, qui est gérant du sauna depuis 5 ans.

M. Boismenu reconnaît que l’Internet (les sites de rencontres) a grugé une part du marché, surtout chez les jeunes. «À l’époque, l’accès à la pornographie était moins étendue, poursuit M. Boismenu. On allait dans un bar pour rencontrer d’autres hommes. Aujourd’hui, c’est différent, les jeunes vivent avec Internet, mais à partir d’un certain âge, ils visitent les saunas.» Ce que confirme M. Dominique pour qui «à l’âge de 32 ou 33 ans, ils commencent à fréquenter les saunas, c’est la tendance actuelle».

«Le personnel et la direction saisissent cette occasion pour remercier tous nos clients, car c’est eux qui font que ce sauna existe et nous les remercions du fond du coeur», note Philippe Dominique.

 

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L’édifice est en briques grises, il passe inaperçu dans le quartier, entre Saint-Joseph et Laurier, (...)

Publié le 19 octobre 2010

par André-Constantin Passiour

   
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