La philanthropie… l’art d’aider son prochain

Steve Foster
Commentaires
Depuis plus de quarante ans, les organismes LGBT travaillent sans relâche au mieux-être des personnes gaies, lesbiennes, bisexuelles et transsexuelles, et ce de différentes manières. Pourtant, année après année, les responsables de ces groupes luttent pour obtenir du financement qui leur permettra d’actualiser pleinement leur mission. En février 2008, le CQGL rendait publiques quelques statistiques d’un sondage effectué auprès de quelque 80 groupes LGBT du Québec visant à obtenir un portrait de leur financement. • 50% des répondants ont moins de 5000 $ annuellement. De ce nombre, 37,5% disposent d’aussi peu que 2000 $.
• Seulement 37,5% des groupes reçoivent de l’aide gouvernementale, et les sommes versées peuvent représenter aussi peu que 1% de l’enveloppe budgétaire.
• 70% des groupes qui reçoivent de l’aide gouvernementale ne sont pas soutenus sur une base récurrente.
• 25% des groupes survivent grâce aux administrateurs qui contribuent de manière personnelle au financement de la mission de l’organisme. Dans certains cas, ce montant peut représenter jusqu’à 95% du financement global.
• 65% des organismes n’ont aucun employé et, pour près de 50% des répondants, le domicile d’un des administrateurs sert de bureau officiel.

Nous devons admettre que la situation ne s’est guère améliorée depuis. Certains groupes ont fermé leurs portes. Les organismes jeunesses, ethnoculturels et régionaux sont encore et toujours les moins financés, pour ne pas dire aucunement financés dans plusieurs cas. Les organismes de défense collective des droits, pour leur part, ne pouvant avoir accès au numéro de charité, la Loi canadienne leur interdisant, se trouvent dans une situation précaire année après année. Les organismes de services ont un financement qui stagne, mais les besoins des individus, eux, augmentent. Pourtant, plusieurs groupes LGBT ont développé une vision entrepreneuriale du communautaire leur permettant d’accroître leurs revenus et d’investir dans de nombreux services et projets. Activités de collecte de fonds, ententes de partenariats, placement publicitaire et même réalisation de galas, mais cela ne suffit toujours pas à assurer la stabilité financière des organismes.

C’est pourquoi il est important qu’individuellement nous puissions contribuer à les supporter par l’entremise du don planifié. Cette façon de faire, bien qu’elle ne soit pas le moyen privilégié par les Québécoises et les Québécois (Statistique Canada, en 2008, indiquait que le don médian des donateurs en Ontario s’élevait à 300$ alors que celui du Québec arrivait dernier avec 130$. Les premiers de classes sont les habitants du Nunavut avec une médiane de 500$ suivis de l’Ile-du-Prince-Édouard avec 370$), demeure essentielle pour le futur des groupes LGBT.

Le don planifié est l’expression par excellence de nos valeurs philanthropiques et sociales. Ce simple geste permet d’offrir non seulement une contribution importante qui aura un impact durable sur la mission et la pérennité des groupes LGBT qui nous tiennent à cœur, mais aussi, il nous permettra d’obtenir des avantages fiscaux et financiers appréciables contribuant à réduire notre revenu imposable, aujourd’hui ou pour notre succession.
Alors qu’attendons-nous pour ajouter le don planifié à nos bonnes habitudes de vie?
Voici quelques façons d’utiliser le don planifié. Bien entendu, il est conseillé de consulter notre notaire ou notre planificateur financier afin d’en connaître davantage sur le type de don ou de legs susceptibles de mieux répondre à nos besoins et à nos visées.

Les types de dons planifiés

Les dons d’argent peuvent être faits tout au long de la vie sous forme d’argent, de chè-ques ou de paiements par carte de crédit ou de versements mensuels préautorisés. Ils peuvent aussi prendre la forme de dons généraux inclus dans un testament.
Il est plus avantageux de transférer directement des titres que de donner le produit de la vente de titres. Cette forme de don convient à ceux qui souhaitent faire un don important sans puiser à même leurs liquidités, ou qui possèdent des actions ou d’autres titres dont la valeur a augmenté considérablement depuis leur acquisition. En faisant un don de ce
type, vous bénéficiez de crédits d’impôts substantiels, puisque le gain en capital est exonéré d'impôt.

Le don de police d’assurance-vie permet de faire un don significatif tout en protégeant le patrimoine pour vos héritiers.Si vous désirez faire un don important, mais que vos ressources actuelles sont modestes, vous pouvez acheter une police d’assurance-vie pour en faire ensuite la cession à l’orga-nisme de votre choix. Chaque prime payée donne droit à un reçu pour don équivalant au montant de cette prime. Si vous n’avez plus besoin de la protection offerte par votre police d’assurance-vie, vous pouvez en céder la propriété à l’organisme qui vous tient à cœur, tout en continuant à payer les primes, s’il y a lieu. Vous recevrez alors un reçu aux fins de l’impôt pour la valeur totale de rachat de la police. L’organisme que vous avez choisi peut être bénéficiaire, en tout ou en partie, d’une police d’assurance-vie. Un reçu pour don équivalant au montant du capital de la police sera émis. Il peut également en devenir le deuxième bénéficiaire dans le cas où le premier bénéficiaire de la police décède avant vous.

Pour faire le don d’un régime de retraite, il suffit de désigner l’organisme de votre choix comme bénéficiaire de la police. Ainsi, à votre décès, il se verra remettre le produit du régime de retraite et votre succession recevra un reçu aux fins de l’impôt. Ce reçu viendra diminuer le montant de l’impôt que votre succession pourrait avoir à payer après votre mort, et cela, grâce à votre don de bienfaisance.

Il existe plusieurs formes de dons testamentaires. Il importe d’indiquer en termes définis la forme de don et de préciser comment vous désirez répartir vos actifs et réaliser vos derniers souhaits.

Steve Foster
Président-directeur général du Conseil québécois
des gais et lesbiennes www.cqgl.ca