La porn star, le réalisateur et l’homme d’affaires!

Collin O’Neal

Marc Antonios
Commentaires

Collin O’Neal est maintenant réputé pour sa collection World of Men. Plusieurs de ses films lui ont valu, dès le début, une série de prix aux Grabby Awards ainsi qu’aux GayVN Awards! Ce fut le cas, notamment, pour son Lebanon, un des rares films pornos gais, sinon le seul, tournés au Liban, un pays tourmenté par les conflits. La scène entre Sayid et François Sagat dans un édifice éventré suite à un bombardement est tout simplement époustouflante! Viendront ensuite des titres tels Berlin, Edinburgh, Sao Paolo, Serbia, Turkey (les images d’une scène dans des ruines centenaires sont à voir absolument) et, récemment, Colombia. Aujourd’hui, World of Men comprend plus d’une douzaine de films. Collin O’Neal tient toujours à dénicher dans le pays où il filme des acteurs typiques de l’endroit, des gens que l’on ne retrouve pas à l’enseigne d’autres studios car, parfois, il a pris des mois avant de débusquer la perle rare…

Ses scènes, d’une incroyable beauté, captent souvent le charme des paysages d’une région et semblent tout droit sortis d’un documentaire du National Geographic! C’est son désir de découverte des gens et des pays qui le guide dans son choix des lieux autant que de ces hommes affriolants. Mais, parfois, de tels tournages signifient s’exposer au danger… Mais sur son site www.worldofmen.com, on retrouvera des scènes glanées aux quatre coins du globe comme en Grèce, en Afrique du Sud, en Jordanie, en Iran, à Cuba, en Hongrie, en Pologne ou au Pérou, donc la panoplie des genres de mecs est vaste…

Entre-temps, il aura réussi à capter certains des plus beaux acteurs de l’industrie, comme François Sagat, Roman Ragazzi, CJ Madison, Brian Bodine, entre autres, en plus de tous ces hommes et jeunes hommes qu’il déniche au cours de ses périples. Comme on le verra dans l’entrevue qui suit, il affectionne particulièrement les Latino-Américains, qui sont de styles plus variés qu’on ne le pense…



Bonjour Collin, dis-nous un peu comment tu as commencé et ce qui t’a amené à faire de la porno?

Il y a six ans, j’avais ce qu’on pourrait appeler une vie très normale avec un emploi très ordinaire. Puis, sur un site de rencontres, j’ai fais la connaissance d’Arpad Miklos. Après l’avoir rencontré en personne, nous sommes tout de suite devenus amants, à l’époque. Il est alors venu vivre avec moi à Miami. Mais, trois mois plus tard, Arpad n’avait plus d’argent et ne semblait pas intéressé à se trouver une «job ordinaire». Trois mois plus tard, alors que l’argent se faisait rare, il a suggéré de faire de la porno. J’ai accepté qu’il le fasse, mais à condition que j’en fasse avec lui.C’est comme ça que le tout à véritablement commencé. Un an plus tard, j’ai décidé de fonder mon propre studio, Collin O’Neal Productions, ainsi que le site collinoneal.com. Quelques mois plus tard, j’ai eu l’idée de [la collection] World of Men qui se poursuit aujourd’hui encore.

Je crois que tu as eu de bonnes et de mauvaises expériences dans l’industrie, peux-tu nous en parler un peu?

J’ai eu, en effet, mes hauts et mes bas avec cette industrie. En tant qu’acteur pour d’autres studios, je refusais de travailler sans savoir avec qui j’allais tourner et ce n’était pas la façon dont les studios fonctionnaient à l’époque. L’acteur A était jumelé avec l’acteur B et ce, sans aucune considération quant à la chimie [qui s’en dégageait ou non] entre eux. Le but premier de ma compagnie est de faire en sorte que les deux acteurs veulent vraiment baiser ensemble. Ensuite, en tant qu’entrepreneur, j’ai dû apprendre bien des choses du métier et ce, en très peu de temps. Car l’industrie ce n’est pas que de tourner des films et des scènes et les placer sur DVD ou sur un site Internet. Lorsque j’ai débuté, j’ai fait affaires avec des sous-traitants pour la distribution de mes DVD et de mon [site] Internet. Maintenant, j’ai mis fin à ces contrats et je fais tout moi-même en collaboration avec mon associé. Donc, tu peux t’imaginer ce que cela signifie que de prendre toutes les décisions soi-même et pourquoi j’ai dû me départir de contrats.



Jusqu’à présent, tu as tourné une douzaine de films pour ta série World of Men. Y a-t-il une scène ou un film que tu affectionnes particulièrement ?

En effet, il doit bien y avoir une douzaine. En fait, la scène la plus extraordinaire que j’ai filmé est celle entre François Sagat et Sayid dans cet immeuble décrépit par des bombardements, en banlieue de Beyrouth. La baise n’est peut-être ce qu’il y a de meilleur en matière de sexe, mais l’endroit compense largement pour cette lacune je pense. Il y a ensuite la scène entre Roman Ragazzi et Brennon, dans les montagnes du sud-ouest de la Serbie. On sentait l’attraction mutuelle entre Roman et Brennon, ils étaient très excités et c’était la première fois qu’un studio filmait Roman dans une scène de sexe. Je suis donc extrêmement fier de ce tableau.

Malgré cela, je crois que tu as songé, à un certain moment, de vendre ton studio et ta collection World of Men. Qu’est-ce qui t’as incité à garder ton entreprise par la suite, est-ce que les fans t’ont appuyé ?

Lorsque j’ai annoncé que je voulais vendre, c’était en des temps très difficiles pour moi. J’avais un sous-traitant qui jouait avec moi comme on joue avec une poupée et je ne pouvais contacter directement mes fans. Je n’avais tout simplement pas accès à leurs courriels. J’avais l’impression que je ne pouvais rien faire pour reprendre le contrôle et ce sous-traitant me siphonnait littéralement tout mon argent. De plus, un studio majeur était en train d’acquérir cette entreprise-là et avait un œil sur World of Men et sur le nom de domaine worldofmen.com. Cette nouvelle entité croyait qu’elle pouvait faire une prise de contrôle hostile [de ma compagnie] et en ne m’offrant presque rien pour l’entreprise que j’ai développée pendant cinq ans. Mais, au lieu de me laisser faire, je me suis battu. Peut-être que je n’aurais pas lutté si fort si on ne m’avait pas fait une offre aussi insultante. Bien des fans ne savaient pas quoi penser de tout cela, mais je ne pouvais les contacter directement. Par contre, lorsque j’ai placé une page de questions et réponses sur mon site web, au moment où j’étais en train de le reconfigurer, c’est là que j’ai vu le soutient des fans. Je pouvais, pour la première fois, leur répondre en personne.

Comment choisis-tu les pays dans lesquels tu tournes? Tu sembles vraiment étudier une région pour pouvoir capter autant la beauté naturelle que celle des hommes du lieu…

Parfois, je choisis un pays en fonction des acteurs que j’y trouve facilement, en d’autres moments je vais dans un pays parce que j’y ai des amis qui m’appuient, comme ce fut le cas pour le Liban et la Serbie. J’ai été en Colombie parce qu’American Airlines m’offrait un billet à 69$ pour l’aller et le retour (soit 138$), à partir de Miami vers Medellin! Donc je n’ai pas de formule précise pour choisir un lieu de tournage.



Tes images semblent parfois sortir tout droit d’un documentaire du National
Geographic, d’où te vient cette manière unique de faire de la porno, de t’intéresser à la société et à la population
locale?


Mon désir de tourner World of Men me vient de mon envie de découvrir le monde, une passion que j’ai développé à l’âge de 13 ans lorsque, avec mes parents, j’ai été visiter de la famille en Belgique. Donc je combine mes voyages à travers le monde avec la porno et c’est en plein le type d’entreprise que je voulais. Cependant, la plupart de mes fans ne savent pas que je possède un diplôme universitaire axé sur les Affaires du Moyen-Orient et un autre, une maîtrise, en administration publique, donc j’ai toujours été intéressé par les conflits. En cela, je crois que je suis différent de l’Américain moyen en m’intéressant en diverses cultures et en voulant aller sur place pour en faire l’expérience.

Tu as tourné dans des pays comme la Serbie, la Turquie et le Liban, quels ont été pour toi les défis qu’il fallait surmonter pour contacter et filmer les acteurs? Est-ce que tu t’es déjà senti en danger en de telles régions?

La plupart des hommes que je filme, je les trouve grâce à Internet, mais certains d’entre eux, je les découvre sur la rue, comme Jacko [le Syrien]. Je ne me suis pas vraiment senti "insécure" en Serbie, sauf lorsque j’ai été filmer dans un hôtel du style de l’ancienne ère soviétique alors que le personnel reçoit les clients à l’entrée comme l’aurait fait le KGB! En Turquie, je n’ai pas senti le danger, mais je comprenais que je devais rester très discret. Lorsque j’ai tourné Lebanon, j’ai eu quelques problèmes cependant. Lorsque j’ai été à l’aéroport, pour accueillir François Sagat, le chauffeur de taxi a tenté de me kidnapper et me voler mon téléphone satellite (PDA). J’ai tourné deux scènes dans des endroits qui ne semblaient pas très sécuritaires, une à l’extérieur, près d’installations militaires, et l’autre dans le fameux building délabré, j’ai donc été très nerveux. Alors que je filmais les scènes non sexuelles, les scènes de rues et de la vie quotidienne, j’ai d’abord été interrogé par la police, puis par les services secrets libanais. Je les ai corrompu avec du Viagra et ils sont devenus mes nouveaux meilleurs amis au monde…

Nous avons tous entendu ce qui s’est passé en Turquie [lorsque tu étais en train de tourner le film Turkey justement], alors que l’armée a effectué un raid contre des militants d’Al-Qaïda. Qu’en penses-tu aujourd’hui, avec du recul, est-ce que ce n’était pas dangereux?

Peu importe où l’on voyage aujourd’hui, il y a du danger. Tu peux être attaqué dans les rues de New York ou de Los Angeles. Lorsqu’on voyage on peut faire face à des problèmes, c’est pourquoi il faut toujours éviter des situations qui émanent de la politique. J’avoue qu’on a vécu ce raid contre la base d’Al-Qaïda parce que nous avons entendu les détonations, les explosions et que nous avons vu les gens courir dans la rue vers nous pour fuir cette opération [militaire]. J’étais au Liban en 2006 lorsque les troupes israéliennes ont jeté une grosse bombe à deux pâtés de maisons de là où j’étais. Je ne n’arriverais même pas à décrire l’effet que cela m’a fait.

Tu as fait Berlin, Edinburgh, etc. Est-ce plus facile de tourner ces beaux mecs en Europe qu’ailleurs sur la planète?

Les endroits les plus faciles à faire de la porno sont l’Espagne, la France, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Argentine et le Brésil. Ce qui fait que c’est facile de tourner de la porno dans un pays est essentiellement la nécessité monétaire des acteurs, donc d’avoir besoin d’argent, et leur ouverture.

Y a-t-il un endroit, un pays, où tu n’as pas encore filmé et que tu désires faire à tout prix?

Oui, Israël. J’aimerais l’ajouter à la série World of Men. Je suis entré en contact avec quelques acteurs potentiels qui m’attendent là-bas et qui m’ont dit qu’ils ne feraient de la porno pour aucun autre studio que le mien.

Tu as tourné des films comme Sao Paolo, Santo Domingo, Argentina et, maintenant, Colombia. Tu sembles avoir une certaine fascination pour les gars Latinos et, pourtant, tu y vas et tu y trouves des hommes qui n’ont pas l’air typique «latino», comment se fait-il?

J’adore les gars latinos. J’habite Miami Beach tu comprends! Mais j’ai aussi des goûts très diversifiés, alors il ne faut pas désespérer les gars (mon ex-chum était blanc et avait les yeux bleus)… Lorsque je tourne en Amérique latine, j’aime montrer aux fans de porno que les Latinos sont variés, qu’ils sont de plusieurs couleurs. J’ai des blonds, des blancs, des noirs, des gars poilus, d’autres non, il y en a de toutes sortes sur les DVD et mon site. Lorsque vous regardez tous ces différents types de Latinos que je déniche pour mes productions vous comprendrez combien j’apprécie la diversité et c’est, en fait, la base même de World of Men: la diversité.

Quelles sont les choses les plus intéressantes et les plus plates que tu ais eu à faire dans cette industrie?

La chose la plus extraordinaire est de voyager autour du monde plusieurs fois par année pour filmer les gars les plus hot et participer aux congrès de la porno. Les choses les plus ennuyantes sont celles des opérations régulières de l’entreprise car, après tout… c’est bel et bien une entreprise!

Tu as tourné des scènes qui étaient très «vanille», avec beaucoup de moments
sensuels et tendres, et tu as aussi filmé des tableaux un peu plus brutes, as-tu une préférence?


En fin de compte, je laisse les acteurs libres de choisir ce qu’ils désirent faire. Je propose toujours aux acteurs une multitude d’endroits où tourner et où ils préfèrent le faire. Donc, la plupart des scènes que les gens verront sont des tableaux qui résultent des discussions préalables avec les acteurs, ce sont eux qui me disent ce qu’ils veulent faire et je commence ensuite à filmer. Si les acteurs veulent être un peu plus rudes, plus brutes et non sensuels, alors allons-y. S’ils désirent quelque chose de plus sensuel, alors cela me va aussi bien car je ne demande jamais aux acteurs de faire quelque chose qu’ils ne veulent pas. Je suis comme ça. J’ai récemment filmé en Australie et là les acteurs sont devenus très kinky… c’était vraiment très hot!

Mais as-tu tout de même un genre de mec en particulier?

Comme je l’ai dit, j’adore les Latinos, mais j’aime presque autant les gars du Moyen-Orient. Mes goûts sont vraiment nombreux. Pour ce qui est de l’attraction physique, j’aime les gars qui possèdent une bonne hygiène, des mains, des pieds, des dents bien entretenus, et un beau corps et un beau visage. Ceci étant dit, il me faut quelqu’un qui soit intelligent, donc la beauté a ses limites!

En tant que réalisateur ou acteur, quelle serait ta scène de rêve, ton fantasme devenu réalité et l’as-tu peut-être déjà réalisé?

Je ne crois pas que je puisse tourner une scène aussi excitante, aussi dangereuse et aussi hot que celle filmée dans cet édifice désaffecté à Beyrouth. Mais je continue à filmer des scènes qui me surprennent moi-même, mais je crois que la scène ultime, elle, a déjà été tournée…

À part Israël, est-ce que tu retournerais tourner dans un autre pays du Moyen-Orient avec tous les défis que cela suppose?

Je ne suis pas sûr d’être aussi aventureux que je l’étais auparavant. Après tout ce qui est arrivé à mon entreprise, cela m’a beaucoup affecté émotionnellement. De plus, je me suis pratiquement coupé des gens de l’industrie qui, avant, pouvaient appuyer financièrement et amicalement mes projets les plus aventureux. Mais nous sommes restés des amis…

Est-ce que tu as déjà songé à signer des contrats d’exclusivité avec des acteurs?

J’adore mes modèles, mais je ne leur fais pas confiance. Je ne crois pas non plus qu’il soit juste de leur montrer de l’argent pour leur faire signer un contrat et, ensuite, ne pas les utiliser. Ce que les acteurs veulent c’est de l’argent, donc il faut continuer de les payer pour qu’ils jouent. Mais je ne crois pas qu’il faille continuer de payer pour rien en retour. Mes acteurs me sont exclusifs à World of Men dans le sens qu’ils ne voulaient que le faire qu’une seule fois ou qu’ils ne sont loyaux qu’envers moi ou encore que personne d’autre ne peut les dénicher que moi, ce qui en fait de facto des exclusifs.


Parles-nous un peu de ce projet de World of Men en Australie?

Ce projet a eu un effet complètement renversant sur moi. Je suis venu en Australie pour filmer des gars de plage blondinets, mais j’ai fini par tourner des tableaux de gars qui vivent dans le milieu cuir de Sydney et de Melbourne! J’ai filmé aussi des acteurs aux origines diverses comme un Libanais, un Indien et un Suédois en plus des Australiens typiques, incluant mon acteur principal un réel «bogan» (il faut voir la définition de ce qu’est un authentique bogan : http://www.bogan.com.au/definition/index.php). Enfin, vous y verrez quelque chose d’un peu inattendu de ma part, en tant qu’acteur, sur le DVD. Mais je ne dévoile pas tout de suite le secret, il faudra que vous utilisiez votre imagination!

Merci beaucoup Collin O’Neal pour ce bel entretien.

Tout le plaisir était pour moi.


Vidéographie Collin O’Neal
pour World of Men

Lebanon (2006)
London (2006)
Sao Paolo (2006)
Santo Domingo (2007)
Spain (2007)
Edinburgh (2007)
Miami (2007)
East Berlin (2008)
Serbia (2009)
Turkey (2009)
Argentina (2009)
Colombia (2009)
Australia (2010)