Adam Lambert, 28 ans

A Star is born...

Éric Paquette
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Né à Indianapolis, mais déménagé très jeune à Los Angeles, Adam Lambert s’est fait connaître grâce à sa participation à la 8e édition de l’émission de téléréalité American Idol où il a terminé en deuxième position. Fort d’une voix imposante et d’une présence scénique audacieuse, le jeune chanteur de 28 ans est ouvertement homosexuel. Lors de sa plus récente performance aux American Music Awards, il a embrassé son claviériste à pleine bouche, déclenchant ainsi une polémique pour laquelle il refusera (heureusement) de s’excuser. Cette controverse n’empêche pas Lambert de sortir son premier album, For Your Entertainment, mélange de glam rock et de pop, qui se hisse rapidement au sommet des palmarès et dont il est très fier. En exclusivité, il nous parle de ses influences, de sa musique et de sa vision artistique. Je t’ai croisé à l’occasion de la sortie de This Is It de Michael Jackson et nous avons discuté brièvement, mais nous n’avons pas eu la chance de parler de l’influence que Jackson a eue sur toi et ta musicalité. Comment t’a-t-il ins-piré professionnellement et personnellement?
Tout d’abord, visuellement, il a créé énormément de vidéos qui ont influencé l’industrie musicale et artistique. Il a été l’un des pionniers dans la création de vidéoclips, mais il y ajouté une théâtralité, une créati-vité cinématographique qui en ont fait des œuvres d’art. Ses vidéos faisaient preuve de tellement d’imagination à travers les costumes, les chorégraphies et les thèmes exploités. De plus, musicalement, il a dépassé les frontières des genres musicaux.

Tu as eu la chance de rencontrer Madonna par l’intermédiaire d’un collègue guitariste, Monte Pittman. De quelle façon cette rencontre s’est-elle déroulée?
C’était peu après American Idol, alors que nous étions à New York. Monte donnait une leçon de guitare à Madonna et il m’a lâché un coup de fil, me disant qu’il lui avait parlé de moi et d’une performance que j’avais faite en précisant que je souhaitais beaucoup la rencontrer. Elle lui a simplement dit que je pouvais passer (rires). Alors je suis passé la voir et nous avons discuté quelques minutes. Je l’ai toujours admirée; elle est une source d’inspiration incroyable, car elle est une icône incontestée de la pop. Par contre, contrairement à elle, je n’intègre pas directement des enjeux sociaux à mes chansons, mais il s’agit tout de même d’une situation que je dois gérer, avec toute la controverse que ça implique.

Madonna a embrassé Christina Aguilera et Britney Spears lors d’une cérémonie des MTV Music Awards en 2003 et personne ne s’en est vraiment soucié parce qu’il s’agissait de femmes. Or, tu l’as fait sur scène avec ton claviériste, et ça a créé un effet monstre. Pourquoi crois-tu qu’être un homme ouvertement gai en 2010 demeure aussi controversé?
Parce que personne ne le fait (rires). C’est tabou et c’est encore inconnu pour plusieurs personnes. Les gens ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas et des situations avec lesquelles ils ne sont pas familiers.

Te soucies-tu de ce que les gens pensent de toi?
Jusqu’à un certain point, oui, car ça fait partie de mon métier. Mais je crois avoir des fans incroyables et je sais que beaucoup de gens aiment ce que je fais, mais il y en a aussi beaucoup qui n’aiment pas ça. Ce sera toujours comme ça, tu ne peux pas plaire à tous.

En parlant de tes fans, de quelle façon restes-tu en contact avec eux, utilises-tu des médias sociaux comme Twitter et Facebook?
J’adore Twitter et je l’utilise régulièrement. Je rencontre également des fans lors de différents événements, je reçois des courriels, des lettres. Mes fans sont très passionnés, dévoués et excités de faire partie de cette aventure; je les adore. J’aime aussi beaucoup quand je les rencontre et qu’ils portent des vêtements similaires aux miens, du vernis à ongle, du maquillage. Ils sont tellement passionnés qu’ils s’habillent comme moi, c’est génial.

Est-ce que le look que tu arbores présentement permet une coupure avec American Idol ou est-ce simplement l’expression de ta personnalité?
C’est moi à 100%. Lorsque j’avais environ 8 ans, ma mère me réprimandait parce que je m’amusais avec son maquillage. Puisqu’elle ne voulait pas que j’utilise le sien, je lui ai demandé de m’en procurer (rires). Elle a accepté et m’a acheté un ensemble de maquillage pour le théâtre et quelques livres. Je n’avais pas beaucoup d’amis à cette époque, alors je rentrais de l’école et je prenais un livre où on expliquait comment créer un visage plus vieux, par exemple, et je le reproduisais. Je me déguisais en Fantôme de l’Opéra, en loup-garou ou en vampire; c’était un peu comme l’Halloween, sept jours par semaine. J’ai toujours adoré le maquillage, les costumes et les illusions. Le look que j’arbore présentement est le même que je garde depuis déjà cinq ou six ans, alors que je m’étais teint les cheveux en noir et que j’ai commencé à porter du maquillage et du vernis à ongle; j’ai toujours été attiré par ce look.

Doutes-tu de toi lorsque tu effectues des performances audacieuses ou lorsque tu écris des chansons?
Oui, ça m’arrive. Pour ma performance aux American Music Awards, j’y ai pensé constamment avant de l’effectuer et, malgré tout, la réaction a été inattendue. Ce fut la même chose pour l’écri-ture et la réalisation de For Your Entertainment. Au tout début, j’ai eu un léger problème d’identification artistique, je ne savais pas quelle direction prendre. Je voulais être certain qu’artistiquement, je faisais les bons choix. J’étais inquiet et stressé, car il s’agissait d’une étape énorme, d’un gros projet. Par contre, avec du recul, je suis à l’aise avec mes choix. Ma résolution du nouvel an a été d’avoir du plai-sir, et j’en ai effectivement beaucoup eu avec ce nouvel album.

Selon toi et ce que tu connais de l’industrie musicale jusqu’à présent, qu’est-ce qui permet à un artiste talentueux de devenir un artiste populaire?
Je crois qu’un artiste qui tente cons-tamment de se dépasser et qui a des standards de performance élevés deviendra populaire. Un artiste doit apporter non seulement une avancée musicale mais également une avancée visuelle: des éléments tels que les vêtements, les danseurs, la scénographie doivent être minutieusement développés lors de performances.

Justement, puisque les artistes sont là pour divertir, es-tu outré de savoir que certains font du lipsync lors de leurs performances en direct?
On peut pardonner à l’occasion le lipsync d’un artiste qui effectue énormément de chorégraphies; je sais par expérience qu’il peut être difficile de bien chanter lorsque tu danses. Mais il y a des artistes qui peuvent aisément faire les deux. Alors, selon moi, si tu ne peux pas te permettre de chanter et de danser en même temps, ne le fais pas.

Es-tu déjà venu à Montréal?
Oui, mais ça fait longtemps. Mon premier emploi, alors que j’avais 19 ans, était sur un bateau de croisière où je chantais dans un numéro de variétés. Nous sommes passés par Montréal et Québec, et j’ai trouvé ces deux villes magnifiques.

Tu dois y revenir, alors car ce sont deux villes extraordinaires.
Oui, je sais, plusieurs personnes m’en parlent régulièrement.

Des petites vites...

Ton designer de mode préféré?
J’en ai trois : Garret Pew, John
Galliano et Alexander McQueen.

La tendance que tu souhaites qui se développe davantage en 2010?
Plus de maquillage pour les hommes (rires).

Ta chanson préférée actuellement sur ton iPod?
(Long silence) Le nouvel enregistre-ment de Christina Aguilera effectué à l’occasion du téléthon Hope For Haiti (Lift Me Up)

Le film le plus récent que tu as vu?
Avatar.

As-tu aimé?
Oui, j’ai trouvé ça magnifique.

Pratiques-tu un sport?
Pas vraiment, non.

Le meilleur plat que tu es capable de cuisiner?
Des omelettes.

La popularité : un ennemi ou un ami?
Un ami, pour toutes les possibilités que ça offre. L’argent est également très agréable (rires).


Entrevue réalisée par Éric PAQUETTE, directement d’Hollywood