Robert Charbonneau

La passion d’aller aider les sidéens et les lépreux en Inde!

André-Constantin Passiour
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À 57 ans, le designer de mode et spécialiste en marketing Robert Charbonneau va enfin accomplir son rêve d’enfant: aller en Inde pour s’occuper des lépreux et des sidéens au dispensaire de Mère Teresa. Il vend tout, il laisse tout, amasse des fonds et se dirigera vers l’Inde à la fin d’avril. Bénévole pour plusieurs organisations VIH/sida et gaies, après un parcours de vie tortueux et torturé, une «vie chaotique», comme il le dit lui-même, entraînée par des abus alors qu’il était jeune, M. Charbonneau veut aujourd’hui, parce qu’il a souffert, appliquer un peu de baume sur les plaies des plus démunis. Robert Charbonneau est un homme passionné, énergique. Pour ceux qui le connaissent comme designer, il est l’homme derrière Carbone Désir! Il avait ses collections chez Mec Ultra. Il a travaillé également de nombreuses années à la boutique de designers québécois Revenge. Il a été responsable du module mode du Salon du mariage gai durant les deux ans de son existence… Bénévole à la Fondation Farha, à Séro Zéro (aujourd’hui Rézo), au FIMA, la liste des engagements de Robert Charbonneau pour la santé, la prévention et les arts est relativement longue. «Je suis quelqu’un de vrai, d’authentique, d’entier, et j’aime les gens», dit-il. Mais tout cela cache un terrible drame vécu durant son enfance. Il a, en effet, été violé et abusé. «Depuis mon viol, je n’ai plus eu le goût de vivre, mais l’Inde était restée dans mes pensées comme une raison de vivre», souligne celui qui a attenté deux fois à ses jours. Il a suivi une thérapie pour s’en sortir. Le plus jeune d’une famille de dix enfants, il a été rejeté par une majorité des membres de sa famille en raison de son homosexualité. «Moi, ma lèpre, c’est l’homophobie que je subis», dira-t-il.

Pourquoi l’Inde?
Dès l’âge de dix ans, M. Charbonneau rêvait d’aller soigner les lépreux en Inde, c’était à l’époque du cardinal Léger et de ses œuvres. Mais ses parents le découragent de suivre cette voie. C’est en 2007, lors d’une retraite à Saint-Benoît-du-Lac, qu’il prend encore plus conscience de vouloir aller aider les plus pauvres. Il décide alors de tout vendre, de se débarrasser de ses bijoux et vêtements design; il laisse son appartement et va vivre chez sa sœur en attendant son départ. «Je veux me détacher de tout et vivre dans la simplicité», note-t-il. Tout ce qu’il vend servira à récolter des fonds pour le voyage et pour un don au dispensaire de Mère Teresa. Robert Charbonneau est un fervent admirateur de l’œuvre de cette religieuse, «et cela n’a rien à voir avec la religion, c’est la personne qui m’intéresse, son engagement envers les pauvres, le don de soi qu’elle pratiquait». Cela fait partie d’un grand ensemble de projets. Il y a d’abord l’Inde, pour trois mois environ, puis des allers et retours à Montréal pour, ensuite, se diriger vers l’Afrique du Sud, pour «s’occuper des mères séropositives qui vivent dans une extrême pauvreté dans les dépotoirs de Johannesburg», de noter M. Charbonneau. Mais ce n’est pas tout, il espère pouvoir se rendre en Thaïlande pour protéger les enfants contre la pédophilie, «parce que je sais ce que c’est que d’être abusé».

Il sera possible de rencontrer M. Charbonneau, lors de certains événements, entre mars et avril, au resto Le Bistro (au 1441, rue Amherst, Mtl). Il recueillera des dons et vendra des lampes qu’il fabrique lui-même pour financer ses entreprises.