Solidairement vôtre

Une politique... une réaction

Steve Foster
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Exceptionnellement, le CQGL vous propose, ce mois-ci, une lettre ouverte envoyer à la ministre de la Justice, Kathleen Weil, et aux médias ainsi qu’à l’ensemble des élu(e)s provinciaux. Ce texte témoigne d’un large consensus des différents acteurs sociaux en réaction à la Politique de lutte contre l’homophobie rendue publique le 11 décembre dernier. Le CQGL désire remercier publiquement toutes et tous les signataires pour leur contribution à cette lettre. Steve Foster Président-directeur général du Conseil québécois des gais et lesbiennes www.cqgl.ca Pour qu’un plan d’action concerté et l’adoption d’un financement adéquat des organismes LGBT suivent l’annonce de la Politique nationale de lutte à l’homophobie. Le 11 décembre dernier, la ministre de la Justice et Procureure générale, Mme Kathleen Weil, dévoilait la Politique québécoise de lutte contre l’homophobie. Les organismes, les syndicats et les chercheurs signataires félicitent la ministre responsable de la lutte contre l’homophobie et son gouvernement de reconnaitre enfin les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transsexuelles et transgenres (LGBT) comme des citoyennes et des citoyens à part entière et d’affirmer que les discriminations dont elles sont l’objet dans toutes les sphères de la société sont inacceptables dans le Québec d’aujourd’hui.

Cette politique, très attendue par les communautés LGBT et leurs alliés, donne suite au rapport de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) De l’égalité juridique à l’égalité sociale : vers une stratégie nationale de lutte contre l’homophobie publié en mars 2007. L’arrivée de Mme Weil au ministère de la Justice aura grandement fait avancer le dossier au cours des derniers mois afin de répondre aux attentes du Groupe de travail mixte, lequel n’a cessé de réclamer que les recommandations du rapport soient mises en application afin de contrer l’homophobie vécue par les personnes LGBT.

Il est bon de rappeler que les militantes et militants, ainsi que les orga-nismes des communautés LGBT et leurs alliés, luttent depuis plus de quarante ans afin que les personnes issues de ces communautés soient acceptées et traitées avec dignité et respect. Et malgré l’atteinte récente d’une égalité juridique, l’égalité sociale n’est toujours pas acquise et de nombreuses personnes sont toujours discriminées, voire violentées. Cette politique est importante, car elle reconnait enfin l’homophobie et l’hétérosexisme comme étant les déterminants de l’exclusion sociale des personnes LGBT. Ainsi, le gouvernement a pris l’engagement d’améliorer la situation des minorités sexuelles du Québec.

Cependant, cette politique ne peut, à elle seule, transformer les menta-lités, d’où l’importance d’un plan d’action déposé le plus rapidement possible. D’ailleurs, le Comité interministériel, que la ministre désire mettre sur pied, peut d’office utiliser les nombreuses recommandations secondaires inscrites dans le rapport de la CDPDJ afin d’élaborer les orientations et les stratégies d’action.

Dans cette optique, les nombreux représentants du Groupe de travail mixte et leurs alliés réitèrent leur demande à la ministre de s’assurer que ses partenaires des différentes composantes des mouvements LGBT de même que les associations syndicales, le milieu de la recherche, la Fédération des femmes du Québec, tout comme les groupes féministes, soient directement impliqués dans les travaux du Comité interministériel. Cette collaboration est essentielle, car elle permettra d’assurer que le plan d’action soit le mieux possible adapté aux besoins et réalités des personnes et organismes des communautés LGBT. D’ailleurs, la ministre a déjà affirmé en conférence de presse que les groupes communautaires LGBT étaient ceux qui connaissent le mieux les réalités, les préoccupations et les besoins des personnes LGBT.

De plus, le gouvernement devrait aussi prévoir de nouvelles sommes dès le prochain budget pour rehausser le financement des organismes communautaires dont la préca-rité des revenus ne permet pas de desservir adéquatement les membres des communautés LGBT sans mettre en péril les services déjà offerts. Il devrait aussi, par la même occasion, dégager de nouveaux fonds afin de permettre l’implantation d’organismes dans les régions où l’aide et les services sont inexistants pour les personnes LGBT. Ainsi, le gouvernement indiquerait rapidement qu’il s’engage sérieusement auprès des communautés LGBT, et ce, même si le plan d’action n’est pas encore disponible.


• Archives gaies du Québec
• AlterHéros
• Bill Ryan, chercheur, Université McGill
• Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
• Centre de solidarité lesbienne (CSL)
• Coalition d’aide aux lesbiennes, gais, bisexuels de l’Abitibi-Témiscaminque
• Coalition des familles homoparentales
• Coalition jeunesse montréalaise de lutte à l’homophobie
• Comité sur les droits des gais et lesbiennes - FTQ
• Comité de défense juridique LGBT
• Confédération des syndicats nationaux (CSN)
• Conseil québécois des gais et lesbiennes
• Fédération des femmes du Québec (FFQ)
• Fonds Gris-Québec
• GLBT Québec / Lutte à l'homophobie
• Groupe régional d’intervention sociale Chaudière-Appalaches
• Groupe de recherche et d’intervention sociale de Montréal
• Groupe régional d'intervention sociale de Québec
• Helem Montréal – Protection libanaise LGBT
• Jeunesse Lambda
• Réseau des lesbiennes du Québec
• REZO (Action Séro-Zéro)