Politique gouvernementale contre l’homophobie

Plus qu'un geste symbolique, la création d’un comité

André-Constantin Passiour
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Ce matin, la ministre de la Justice, Procureure générale du Québec et ministre responsable de la lutte contre l’homophobie Mme Kathleen Weil, a dévoilé, tel que promis en mai dernier lors de la Journée internationale de lutte contre l’homphobie, la stratégie gouvernementale pour ce combat. C’est en présence, à ses côtés, de Laurent McCutcheon, président de Gai Écoute et de la Fondation Émergence que la ministre a dévoilé la nouvelle politique gouvernementale et la mise sur pied d’un comité qui veillera à prendre des actions en ce sens d’ici la fin de 2010 ou au début de 2011. Si l’on veut travailler de concert avec les divers organismes communautaires, il n’y aura cependant pas de nouveaux argents de mis sur la table pour cette stratégie. On ne connaît donc pas, pour l’instant, les sommes qui seront investies dans ces actions. Cette «Politique québécoise de lutte contre l’homophobie» découle du rapport émis en 2007 par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et qui s’intitulait De l’égalité juridique à l’égalité sociale : Vers une stratégie nationale de lutte contre l’homophobie. C’est donc en se basant sur cette étude et sur les consultations avec le milieu, «avec ceux qui travaillent sur le terrain et qui connaissent les réalités», dira Mme Weil, que l’on a développé cette politique en quatre volets. Cette annonce du gouvernement survient, «juste le lendemain de la Journée mondiale des droits de l’homme», a souligné la ministre pour bien faire comprendre aux personnes présentes l’importance de l’annonce.

«Le gouvernement assume le rôle de chef de file à la lutte contre l’homophobie [avec la collaboration de la société civile…]», a souligné Mme Weil. «C’est un grand jour pour nos communautés LGBT […] elle est le fruit du travail des représentants du gouvernement et des groupes communautaires», a commenté Laurent McCutcheon.

En quatre points, cette stratégie vise à, premièrement, reconnaître les réalités des personnes de minorités sexuelles, de favoriser le respect des droits de ces personnes, de favoriser leur mieux-être et, enfin, d’assurer une action concertée. «[…] les préjugés demeurent, et la lutte à l’homophobie pose des défis», a reconnu la ministre de la Justice.

Comité gouvernemental
En conférence de presse donc, la ministre a annoncé la création d’un comité interministériel, qui sera établi au plus tard à la fin de janvier prochain, et qui comprendra neuf ministères, dont ceux de la Justice, bien évidemment, mais aussi de la Sécurité publique, de l’Éducation, de l’Immigration et des communautés culturelles, etc., le tout chapeauté par un sous-ministre de la Justice.

Si plusieurs acteurs communautaires réclamaient la formation d’un «Secrétariat» spécifique, comme celui aux aînés ou à la condition féminine par exemple, la ministre Kathleen Weil a expressément exclu ce type de structure. «Le «Secrétariat» est exlu, on a pleinement confiance en ce comité interministériel», a-t-elle indiqué. «la politque est la pierre d’assise [elle dit] voici nos orientations [qui comprennent] aussi l’aspect de répondre aux besoins des communautés […], ensuite ce comité se mettra en action», a expliqué la ministre Weil.

Ce comité devra ainsi, en se basant sur cette stratégie gouvernementale globale, élaborer et développer des actions concrètes d’ici la fin de 2010 ou au commencement de 2011 et ce, pour une période de trois ans. Mais pas d’argent neuf. «[Ce seront] des sommes déjà au sein du gouvernement qui seront dégagées [pour ces actions]», a-elle-noté.

Chaque ministère impliqué devra donc, en concertation avec les divers intervenants et autres ministères, établir des actions concrètes et y allouer des sommes. On pourrait penser éventuellement, par exemple, à des campagnes sur une large échelle, dans le style des campagnes contre la vitesse au volant. «De telles campagnes donnent des résultats, il y a aussi des choses qu’on peut faire dans les écoles, toutes ces campagnes font avancer [les mentalités] mais il y a aussi l’aspect de la recherche qui est important», a dit Mme Weil.

«Mais cela va être un effort de l’ensemble de la société», de dire M. McCutcheon. «Il faut faire la distinction entre une politique gouvernementale et un plan d’actions […] mais nous allons surveiller, […] nous allons vous tirer la manche Mme la ministre [pour que les choses aboutissent et] que des actions soient prises», a tout de même rajouté Laurent McCutcheon.

Si Mme Weil a indiqué fièrement que le Québec est louangé au plan international, même sur Internet, pour l’annonce de cette politique, elle a du faire face à plusieurs questions quant aux actions concrètes que ce comité devra entreprendre. «Mais établir une politique, ce n’est pas ne rien faire tout au contraire. Il y aura des actions concrètes d’ici un an à peu près», a-t-elle rajouté en anglais.

 
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Anciens commentaires

  • C'est quoi le contenu de cette politique?? Est-ce qu'elle aura comme but de violer les consciences de ceux qui sont contre l'homosexualité comme telle? On a plus le droit d'être contre et d'être respecté?? Je suis contre l'homophobie, mais Je crains que sous le couvert d'aider ceux qui ont choisit ce style de vie, et je suis d'accord qu'on aide, qu'on veuille intimider ceux qui pensent différemment et les faire fermer la bouche! Si c'est le cas, on risque de créer d'autres problèmes sociaux. Publié le 05/07/2010
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  • C'est quoi le contenu de cette politique?? Est-ce qu'elle aura comme but de violer les consciences de ceux qui sont contre l'homosexualité comme telle? On a plus le droit d'être contre et d'être respecté?? Je suis contre l'homophobie, mais Je crains que sous le couvert d'aider ceux qui ont choisit ce style de vie, et je suis d'accord qu'on aide, qu'on veuille intimider ceux qui pensent différemment et les faire fermer la bouche! Si c'est le cas, on risque de créer d'autres problèmes sociaux. Publié le 05/07/2010