La pauvreté... une question d'exclusion sociale

Steve Foster
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Le Conseil québécois des gais et lesbiennes (CQGL) présentera le 23 novembre un avis 1 sur la question de la pauvreté au ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, M. Sam Hamad, et ce, dans le cadre des consultations publiques Les Rendez-vous de la solidarité 2009 : vers un 2 e Plan d’action gouvernementale en matière de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale 2. Bien que le CQGL n’ait pas eu l’occasion de témoigner au moment de la consultation nationale du 15 juin dernier, le volet régional montréalais permettra, quant à lui, au Conseil de présenter certaines réalités vécues par les personnes LGBT, qui, faut-il le rappeler, sont souvent ignorées par nos décideurs. Dans un premier temps, le CQGL profitera de l’occasion pour affirmer sa solidarité envers les nombreux acteurs communautaires et syndicaux qui ont participé à la consultation nationale. Plusieurs préoccupations, analyses et revendications soulevées lors de cette rencontre, dont celles mises de l’avant par la Table nationale des Corporations de développement communautaire, l’Ordre professionnel des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec, la Confédération des syndicats nationaux, le Collectif pour un Québec sans pauvreté et la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec, ont un écho réel et sensible à celles du Conseil et de nos communautés.

Pour le Conseil, le prochain plan d’action gouvernementale devrait, au minimum, garantir, entre autres, à chaque personne, la jouissance d’un meilleur état de santé physique et mentale, et offrir un niveau de vie décent comprenant nourriture et vêtements suffisants ainsi qu’un logement salubre, sécuritaire et adéquat. Ce plan devrait aussi soutenir une sécurité sociale non conditionnelle et une éducation qui n’endette pas. Il devrait aussi permettre l’accès à la justice et à un salaire minimum supérieur au seuil de pauvreté. Enfin, il devrait assurer une intégration pleine et entière de toutes les minorités, quelles soient culturelles, sexuelles ou de genre, dans toutes les sphères de la société.

Dans un deuxième temps, l’intervention du CQGL portera principalement sur le volet de l’exclusion sociale qui, selon nous, occupe encore trop peu de place dans l’espace public. Le contenu même des cahiers de consultation qui, dès le début, a suscité la réprobation de la part de nombreux intervenants, s’est révélé en effet trop largement orientés vers l’employabilité, l’engagement du secteur privé et économique et la participation citoyenne, et trop peu vers le phénomène d’exclusion.

Bien que ces principes puissent être louables, pour le CQGL il est impensable que les déterminants de la pauvreté tels que l’exclusion sociale ne puissent être vus comme des facteurs favorisant et entretenant les situations de pauvreté. Le Conseil croit fondamentalement que les actions gouvernementales devraient donc s’orienter autour de cet axe. Si le Québec veut enrayer la pauvreté, il doit préalablement agir sur les causes qui l’engendrent.

La pauvreté vécue par les individus issus des communautés LGBT provient directement de l’exclusion sociale. Les effets des multiples discriminations et stigmatisations vécues, par exemple, par les personnes aînées, jeunes, séropositives, transsexuelles, et ce, au travail, dans la famille, dans le sport, à l’école ou en résidence sont bien réels. Au quotidien, le coût social et humain de l’exclusion est considérable. Suicide, décrochage scolaire, isolement, problèmes de santé, sont autant d’éléments concrets qui viennent hypothéquer les possibilités de participation pleine et entière des personnes LGBT au développement de leur milieu.

Si les statistiques québécoises manquent cruellement pour étayer cet état de fait, quelques rapports et études qualitatives jettent un éclairage éloquent à ce sujet. Pensons aux travaux de Line Chamberland 3, de Bill Ryan 4, du Conseil permanent de la jeunesse 5 et de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse 6.

Il est clair que l’audace et la vision, mais aussi et surtout la justice sociale, doivent guider le ministre dans l’élaboration de ce second plan d’action en matière de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Sans ces paramètres, aucun plan si bien intentionné soit-il, ne pourra donner les résultats escomptés. En fait, c’est à l’État de devenir le moteur du changement dans la perception qu’ont les citoyennes et les citoyens des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion sociale, dont celles issues de la communauté LGBT.

Le gouvernement du Québec doit être un leader dans la valorisation et la promotion de la diversité sociale et il devrait adopter des moyens en conséquence pour enrayer toute forme de discrimination et de stigmatisation. Il faut garder en mémoire qu’il en coûtera toujours moins cher au trésor public d’investir dans l’inclusion que dans son contraire.

Steve Foster
Président-directeur général du Conseil
québécois des gais et lesbiennes www.cqgl.ca

1 L’Avis sera disponible sur le site du CQGL dès le 30 novembre www.cqgl.ca

2 http://www.mess.gouv.qc.ca/rendez-vous/index.aspidem

3 CHAMBERLAND, Gais et lesbiennes en milieu de travail, mars 2007

4 RYAN, BROTMAN, MAYER, Les besoins en santé et services sociaux des aînés gais et lesbiennes et leurs
familles au Canada, mars 2006

5 CPJ, Avis - Sortons l'homophobie du placard... et de nos écoles secondaires, mai 2007

6 CDPDJ, De l’égalité juridique à l’égalité sociale - Vers une stratégie nationale de lutte contre l’homophobie -
Rapport de consultation du Groupe de travail mixte contre l’homophobie, mars 2007


 
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  • C'est comme super.... Publié le 24/11/2009
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