Souvenirs de vacances...

La croisière s’amuse

Mado Lamotte
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Photo prise par © Robert Laliberté

Vous m’auriez dit un jour que je m’embarquerais sur un bateau de croisière avec une gang de matantes, je vous aurais envoyé manger des pissenlits dans un champ de blé d’Inde! Mais tout de même, quelle belle façon de terminer l’été que d’aller se geler le cul sur un glacier en Alaska! Non, je n’ai pas rencontré Sarah Palin et je n’ai pas vu la Russie, mais j’ai bu en masse de vodkas. Oui, mes chéris, le clown est allé faire tourner des ballons sur son nez en compagnie des phoques et des ours polaires. Pourquoi l’Alaska? Ben voyons, pour les glaciers, ma chère. Je me suis dit qu’il ne serait pas bête d’aller apprécier de près une des merveilles de la nature avant qu’elle ne disparaisse à tout jamais. Et pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable en se la coulant douce sur un hôtel de luxe flottant. Mais qui dit croisière dit voyage organisé, activités de toutes sortes et horaire très chargé. Évidemment qu’on peut se laisser voguer au gré du vent et ne rien faire, mais ça serait se priver d’aventures et d’expériences inoubliables. Assez niaisé, on a pas de temps à perdre, tout l’monde à bord.

Dimanche 23 août : embarquement sur le Westerdam, gros bateau de croisière 5 étoiles, en compagnie de ma sœur Nicole et de 1450 gais, 50 lesbiennes et 4 hétéros. Mon doux que c’est gros. On dirait la Place Ville-Marie couchée su’l dos! Ça fait même pas 20 minutes qu’on est sur le bateau qu’on a déjà un verre dans les mains. Ça promet! Arrivées dans notre cabine : «Au secours, c’est plus petit que ma garde-robe. Comment on va faire pour vivre deux là-dedans? » J’vous dis, mes chéris, il ne faut pas être claustrophobe ou avoir mangé des bines avant de se coucher et encore moins être pressé pour ouvrir la porte avec la clé magnétique qui marche une fois sur deux, et jamais la fois où t’as un besoin urgent après avoir mangé du mexicain! Mais on avait la chance d’avoir un beau balcon pour prendre l’air et voir la mer. Ça vaut vraiment la peine d’avoir payé un extra pour ça quand y’a fait beau le jour du départ et le jour d’arrivée, alors que le reste du temps c’était du brouillard et de la pluie intermittente. Ça cogne à la porte. Nos valises arrivent en même temps que notre horaire de la journée. Drill obligatoire pour tous sur le pont: on enfile nos gilets de sauvetage et on s’entasse en rang d’oignons au milieu des bears pour écouter les consignes de sécurité en cas de naufrage. J’avais oublié de vous dire qu’on était sur une croisière à majorité Bears. Oui, les gros ours polaires n’étaient pas tous sur les icebergs! 17h, c’est l’heure du 5 à 7 des célibataires, question de repérer les futurs prospects pour la semaine à venir. Ouen, ben, c’est pas icitte que j’vas battre mon record de 8 gars le même soir au sauna Centre-Vieille. Enwèye la sœur, on s’en va manger, je meurs de faim. « Wow, plus chic la salle à manger, on se croirait au Hélène de Champlain! » Premier dodo sur la mer sans remous.

Lundi 24 août : bon, ça y est, il pleut. Le bateau tangue de tous bords tous côtés; ma sœur a mal au cœur, moi je r’vole à droite pis à gauche dans la piscine. Nicole chiale toute la journée ( note de Nicole : « je chiale pas, j’explique ce que je vis!»), mais bizarrement elle n’a plus mal au cœur quand on s’en va à la dégustation de vins. On passe l’après-midi à jouer au cribble, on boit pour oublier le mal de mer et, à 17h, c’est le cocktail du capitaine. Faut s’habiller chic. J’ai oublié ma robe de gala : je m’en fais une avec le rideau de la chambre. Souper, digestif, et on court dans les corridors en bobettes direction « underwear party ». J’vous dis que ça fait drôle de voir le même monde passer du toxedo au jock strap sans une once de gêne! J’arrête pas de me faire pogner l’cul; je rencontre Gregory, un beau poilu mince (oui, ça existe) avec une face de poupée bout d’chou et un sourire à redonner la vue à un aveugle. Mais avec les dents trop blanches, qui me renvoient l’image de mes plombages quand je frenche. NON MERCI!

Mardi 25 août : Dans moins de 2 heures, on entre dans la baie des glaciers. J’t’énervée comme une p’tite fille le jour de sa première communion. «Check Nicole, le gros sandwich à la crème glacée là-bas, j’pense que c’est un glacier. » C’est tellement impressionnant, que le mont Tremblant a l’air d’un tas de slush à côté de ça. On s’installe dans le bain tourbillon et on apprécie le spectacle à travers la Bay Window, un verre de champagne à la main. Ah! comme c’est beau la vie des gens riches et célèbres! Après un excellent repas de fruits de mer, on finit la soirée au dernier étage du bateau à boire et à jouer au Yahtzee. Faut vraiment que je sois pognée sur un bateau pour jouer à cette ineptie-là!

Mercredi 26 août : On arrive à Juneau. Première sortie du bateau. Y mouille, qu’est-ce qu’on fait? On magasine! J’achète de la cochonnerie inutile. Des tasses laides, des aimants à frigo, des porte-clefs, des verres à shooter, des totems, pis de l’osti de saumon fumé. Le saumon, c’est le mets national en Alaska. Mais quand c’est rendu que même les lesbiennes sont tannées de voir du poisson, trop c’est comme pas assez! Pis ça pèse pas dans une valise, des bibelots pis des boîtes de saumon! Non, monsieur l’agent, j’ai rien à déclarer. Les cossins enroulés dans les 3 serviettes avec le logo du bateau? C’est à moi. Voyez-vous, je ne voyage jamais sans mon trousseau, au cas où je rencontrerais l’homme de ma vie! Après notre magasinage compulsif, on s’est tapé l’expérience d’une vie. Un tour d’hélicoptère au-dessus des glaciers. J’vous dis pas comment j’ai braillé. C’est la première fois que je m’émerveillais devant un gros tas de glace. J’peux pas vous expliquer ce que ça fait de se retrouver devant toute cette immensité. Louez le documentaire « Planète Terre », vous allez comprendre le feeling. On rentre souper sur le bateau et on passe le reste de la soirée à jouer au cribble en buvant de la vodka. (j’ai l’impression que je me répète).

Jeudi 27 août : Nicole se réveille en chialant. Elle s’est fait piquer par une araignée pendant son sommeil. À moins que ce soit une guêpe. «Ben oui, Nicole, y’a des guêpes en pleine mer. R’garde au loin là-bas, j’pense que j’viens de voir un écureuil nager!» Aujourd’hui, on prend ça relax. On peut pas arrêter à Sitka comme prévu, la mer est agitée et y’a trop de vent. On va voir un film, on joue au cribble, je finis mon 2e livre, Nicole va jouer au Bingo, on va au 5 à 7 80’s ( ben oui, encore un maudit party années 80 ), on s’fait donner un massage pis on se paye un souper gastronomique au Pinnacle Grill ( le resto chic du bateau). On digère au cognac dans une chaise longue sur le pont, on jase de tout et de rien, et c’est comme ça que j’apprends que ma sœur se met de la poudre de Zinc sous la poche pour qu’elle reste douce. La mer s’est calmée. On s’endort enroulées dans une couverte de laine sous les étoiles.

Vendredi 28 août : On arrive à Ketchikan, beau petit village de pêcheurs. On se ballade, on boit ( enfin) un bon café, on magasine, on regarde les saumons remonter la rivière. Retour sur le bateau. Gym ( si je veux continuer à manger du dessert, j’ai pas le choix ), lecture, cribble, piscine, tourbillon, champagne, filet mignon, shooters, mal de tête, c’est pas grave, on s’en va au party de cuir! Ma sœur se ramasse un bear roux de 6 pieds 6. Je rencontre Erwin, un Allemand complètement mongole. Il est avec son chum, mais comme la plupart des couples, il a une relation ouverte. Plus ouverte que ça tu frenches pendant 3 heures avec le mec avant de te faire défoncer dans les toilettes du couloir. Pas besoin de vous dire que j’ai pas dormi beaucoup cette nuit-là.

Samedi 29 août : Dernière journée sur le bateau. Est-ce que je rêve, il fait beau, il fait chaud et la mer est calme? Vite sur le pont supérieur réserver notre chaise autour de la piscine. Lecture et bronzing intensif. Mon Allemand vient me rejoindre. On donne un show devant les baigneurs qui n’en reviennent pas de voir mon p’tit cul exposé au grand air. En fin d’après-midi, on arrive à Victoria, Canada. On fait un tour de ville rapide, c’est trop cute. On se croirait dans un décor de film. Mais un peu trop de touristes à mon goût. On rentre au bateau en pousse-pousse chinois conduit par un clown du Texas. On se rue à la salle de spectacles pour entendre Amy Armstrong, une chanteuse merveilleusement drôle, et boire un dernier verre avant de s’endormir dans les bras de Morphée.

Dimanche 30 août : Snif, snif, c’est déjà la fin. On débarque à Seattle. Au revoir, mon beau paquebot. Ciao, l’Indien au buffet qui gossait des oiseaux dans les melons d’eau. Bye Bye, le garçon de chambre qui faisait des animaux avec nos serviettes. Auf wiedersehen Erwin, mon bel Allemand qui passait son temps à me mettre le doigt dans l’cul. Adieu, glaciers d’Alaska, ne fondez pas trop vite. Welcome Seattle et ses grands magasins. Get ready, les shoppeuses compulsives arrivent en ville!

 

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Publié le 21 septembre 2009

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