SDSVM

Contrat de maillage

Michel Joanny-Furtin
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La SDSVM (Société de Développement Social de Ville-Marie) a neuf mois d’existence. Damien Silès dirige cette structure qui lutte contre l'itinérance en mettant autour de la même table l'entreprise et l'intervenant communautaire. Et ça marche, petit à petit mais sûrement ! «La SDSVM a vu le jour en août 2008 suite au Forum économique et social de Ville-Marie de mai 2008», rappelle son directeur général, Damien Silès. «Le tout a été possible grâce aux soutiens technique et financier de l’Arrondissement Ville-Marie. Son objectif est de mettre en place des maillages financiers, humains et techniques entre les entreprises et les organismes de lutte contre la pauvreté.»

«Le centre-ville de Montréal représente à lui seul 50% du PIB du Québec! détaille-t-il. 550 000 employés viennent y travailler chaque jour, soit un québécois sur 14. On y trouve la communauté autochtone hors réserve la plus importante au Québec, et entre 11 000 et 12 000 itinérants, dont 40% sont aux prises avec des troubles mentaux…»

«La SDSVM repose donc sur un principe de solidarité sociale, explique Damien. Il s'agit de mettre en commun les différentes expertises pour répondre aux problématiques sociales du centre -ville : l’expertise des groupes communautaires d'un côté, alliée à celle des entrepreneurs et du domaine financier de l'autre. Ce principe permet une cohésion sociale forte et la mise en commun des ressources afin de réduire les inégalités économiques.»

«Il s'agit de créer un pont entre l’entreprise et l’organisme caritatif, reprend le directeur général. Il faut bien comprendre, toutefois, que notre premier client, c’est l’entreprise; et le fournisseur, c’est l’OSBL. Nous proposons à l’entreprise de choisir sa cause, puis la SDSVM assure le suivi et les technicalités. Notre travail consiste à structurer le devoir corporatif de l’entreprise et à l'acheminer vers la compréhension de l’itiné-rance et ses aléas. Pour l'organisme communautaire, c'est une manière de chercher de l'argent nouveau et d’une façon différente dans le cadre d'un partenariat constructif.»

Comment «vendre» l’itinérance ?
« En agissant concrètement sur des secteurs ciblés du centre ville, à l’échelle humaine, en apportant des solutions réalistes à des situations locales, depuis ces quelques mois d'exercice, nous avons maillé les projets suivants» :

- BUSAC Immobilier, propriétaire de la Place Dupuis, et TAPAJ (Spectre de Rue) pour l'embauche à temps partiel d'une personne responsable du nettoyage autour de la place Dupuis. Une seconde embauche pour la période d'été a été conclue récemment. La place Alexis-Nihon envisage avec intérêt ce projet. LA SDSVM assure le suivi du contrat et sa promotion pour reproduire l’idée ailleurs.
- Fusion Jeunesse, appuyée par l'Université Concordia et la SDSVM, et l'école Pierre-Dupuis mettent en place des activités parascolaires en musique et en sciences avec des étudiants finissants en éducation pour contrer le décrochage scolaire.
- Toxico'Net (Cactus), Digital Dimension et Interloge, une coopérative de 450 logements, ont signé un contrat de nettoyage de printemps et d'entretien des parties communes.
- 30 ingénieurs des logiciels de jeux Eidos sont venus réaménager la cour de l’école primaire Champlain au coin de Fullum et Logan, et le Centre Gédéon-Ouimet, au coin d'Ontario et Poupart (photo ci-dessus).

« C'est rien qu'un début… »
D'autres projets se mettent peu à peu en place, comme l'intégration de personnes itinérantes avec l'organisme Sentier Urbain dans le cadre d'une redéfinition du parc de l’église Saint-Patrick, ou la réalisation du Marché Faubourg Saint-Laurent, sur la place Émilie-Gamelin, en alternance avec le site des Habitations Jeanne-Mance, où les entreprises commanditaires subventionnent les chapiteaux des maraîchers….
« Enfin, et c'est notre 8e projet depuis janvier, la SDC (Société de développement commercial) du Village, BUSAC Immobilier et la SDSVM s’associent au Programme EMU (Équipe de médiation urbaine). Deux médiateurs interviendront pour des résolutions de conflits en demande et selon les besoins des commerçants des rues Ste-Catherine et Amherst. » Le C.A. de la SDSVM est composé de 9 personnes : cinq du monde de l’entreprise, deux du monde social, une de l’arrondissement, ainsi que le directeur général Damien Silès. Entreprise d’économie sociale, son budget atteint 498 000$ pour deux ans et demi et elle emploie deux personnes et un stagiaire.

La Société de Développement Social de Ville-Marie (SDSVM). 1097, rue St-Alexandre (Suite 208) à Montréal. T. 514-312-7344. www.sdsvm.ca