Les bénévoles d'affaires

Deux et deux font-il quatre?

Michel Joanny-Furtin
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Même si les modes de fonctionnement sont différents entre le milieu des affaires et le monde culturel ou communautaire, ces approches peuvent se compléter et s'enrichir mutuellement. L'OSBL «Les Bénévoles d'Affaires» (B.A.) permet la rencontre entre deux visions du monde où l'une dit que 2 + 2 = 4, quand l'autre répond «Pas forcément!»… «J'en ai entendu parler il y a un an et j'ai trouvé ça formidable», raconte Pierre Vachon, directeur des communications de l'Opéra de Montréal (ODM). «J'ai donc sollicité Bénévoles d’affaires pour cons-tituer un comité aviseur de quatre bénévoles issus du monde des affaires. Je ne voulais pas des gens liés au milieu culturel, mais des gens qui aiment la musique afin d'avoir un regard externe. Chacun à sa manière apporterait des solutions novatrices et un recul plus proche du public de l'ODM que de son administration.

On se rencontrait une fois par mois pendant une saison, à l'occasion d'un [email protected] Dans le cadre de ce mandat, je voulais qu'ils traversent une saison complète pour mieux en appréhender les aléas. Il y avait une personne du monde de l'import-export pharmaceutique, une personne de l'organisme Enfant-Soleil, une personne de chez Deloitte & Touche et une personne du monde de l'hôtellerie.»

«Je faisais un ordre du jour pour chaque rencontre avec une série de questions et d'échanges autour d'un sujet. Avez-vous entendu parler de tel événement de l'ODM? Que pensez-vous des formules d'abonnement? Quelle est votre expérience de l'accueil? Etc. Chacun y allait des ses commentaires et à son rythme.»

«Eux-mêmes me questionnaient sur des approches précises. Et c'est là où l'expérience et les compétences de chacun sont importantes. Le comptable m'interpellait sur l'aspect financier, le choix d'investissement, l’analyse des rendements. L'hôtelier a revu tous les points de l'accueil des soirs de spectacles à l'ODM en proposant d'autres approches. On a réfléchi aussi sur les prix demandés selon le type de service proposé. De mon côté, je leur ai fait vivre diverses expérien-ces de soirées comme notre nouveau produit, les Soirées Prima : un soir de première avec accueil au champagne, spectacle puis rencontre avec les artistes. Ils m'ont fait pas mal de recommandations pour améliorer la formule, le prix, la qualité de l'accueil et même… des collations. Bref que des solutions concrètes à des questions pratiques. Le comité aviseur que nous étions a même lancé un sondage en interne sur le prix des abonnements pour en voir les plus… et les moins.»

Transferts de compétences gratuits
«B.A. est un atout pour le milieu culturel qui n'est pas assez au courant de son existence. Com-me le communautaire, le culturel a peu de ressources financières et humaines pour se développer alors qu'il existe des gens qui veulent les aider. On parle de transferts de compétences tota- lement gratuits au profit d'une communauté ou d'une cause. Les candidats bénévoles soumettent des CV à Bénévoles d'Affaires qui fait le tri et les références ensuite aux organismes communautaires ou culturels demandeurs. »

«Je suis persuadé que la communauté LGBT qui est généreuse et forte de multiples compétences saurait trouver des actions enrichissantes autant dans le culturel que dans le communautaire. Beaucoup d'organismes, contre le sida par exemple, ont souvent besoin de compétences en gestion, marketing, promotion, etc., et pas seulement de temps disponible ou d'une paire de bras. C'est toujours une cause qui les touche, comme ce comptable bénévole d'affaires qui participe au travail de Suicide Action Montréal depuis le suicide d'un proche. Nombreux sont les bénévo-les d'affaires qui cherchent une manière d'être utile sans pour autant porter des cartons ou repeindre des locaux. Ils ne savent pas toujours où s'adresser et B.A. existe pour mettre ces deux-là en relation. »

«Fort satisfait de cette première expérience et des recommandations qui en sont sorties, j'ai soumis au nom de l'ODM deux nouveaux mandats, l'un pour un conseil en marketing et l'autre sur les relations publiques et les protocoles d'accueil.»

Juste renvoi d'ascenseur, le cofondateur, avec Marie-Pierre Dufort, de B.A., Ugo Dionne a sollicité Pierre Vachon pour participer au conseil d'administration et s'y occuper du marketing. Celui-ci leur a déjà organisé une soirée de réseautage en avril en présence du Conseil des Arts de Montréal et de la Chambre de Commerce du Montréal métropolitain. Le receveur est devenu lanceur…

Les Bénévoles d’Affaires. L'expertise des gens d'affaires au service de la communauté. 380, rue St-Antoine Ouest (bureau 6000) à Montréal. T. 514 395-6011. www.benevolesdaffaires.org