Gai écoute et réseau des lesbiennes du Québec

Plus d'un demi-million de dollars pour le bien-être des aînés gais et lesbiennes

Yves Lafontaine
Commentaires
En 2008, lors de la commission des aînés qui s’est tenue à Montréal, tant Gai Écoute que le Réseau des lesbiennes du Québec exprimaient dans leurs mémoires respectifs que, par peur de l'ostracisme ou du harcèlement, les aînés vivant en résidences pour personnes âgées cachent leur homosexualité, ce qui fait d'eux une population vulnérable à l'isolement. Pour répondre à cette préoccupation présentée par les deux organismes communautaires, la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, a annoncé, le 10 mai dernier, le versement de deux enveloppes destinées à la promotion des projets de sensibilisation du personnel soignant à la réalité des aînés homosexuels. Gai Écoute recevra 400 000 $ sur quatre ans pour produire une trousse d'information sur la question destinée aux intervenants du réseau d'hébergement, de la santé, des soins à domicile, du milieu communautaire et aux aidants naturels. Les membres de l'organisme doivent également monter un site Internet «spécialisé sur la question du vieillissement des personnes aînées lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres». Ces initiatives font partie du projet Pour que vieillir soit gai, visant la démystification de l'homosexualité chez les personnes âgées.
«Malgré l’existence d’un réseau de services aux aînés fort développé, les réalités homosexuelles y sont complètement ignorées», expliquait Laurent McCutcheon, président de Gai Écoute et de la Fondation Émergence, lors de la conférence de presse. D’une part, il y a les lesbiennes et les gais issus des générations qui ont caché leur orientation sexuelle toute leur vie et qui, rendus au troisième âge, demeurent dans le placard, seuls et isolés. D’autre part, il y a les nouveaux arrivants au troisième âge, qui ont vécu à l’extérieur du placard et qui craignent de devoir y retourner en raison de l’ignorance du milieu. «Ce que nous voulons, continue monsieur McCutcheon qui, lui-même, arrive au troisième âge, c’est tout simplement d’informer et de sensibiliser les personnes qui œuvrent auprès des aînés et qui ne demandent pas mieux que d’être bien outillées.»

«Les réalités homosexuelles des aînés étant encore fort taboues au Québec, il est donc nécessaire de sensibiliser et d’informer la population afin de lutter contre les stéréotypes et les préjugés. En se sentant acceptées dans la société, ces personnes auront davantage tendance à s’intégrer dans leur communauté, ce qui favorisera leur vieillissement actif. C’est une excellente nouvelle pour les aînés de minorités sexuelles du Québec!» a déclaré la ministre Blais.

Le regroupement des lesbiennes du Québec recevra pour sa part 120 000 $ sur trois ans pour diffuser et animer la vidéo intitulée Portraits de lesbiennes aînées, mettant en scène les expériences respectives de lesbiennes assumées.

Info : 514-759-6844 ou www.cqgl.ca