Ces jeunes qui nous inspirent...

Yves Lafontaine
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Rémy Nassar, Kim Lavallée, Bruno Laprade, Julie-Mau-de Beauchesne, Alexis Musanganya, Marc-Olivier Ouellette, Ann-Catherine Simard, Érik Bisson, Karine Bilodeau et Hugo Valiquette, est-ce que ces noms vous disent quelque chose ? Et maintenant, si je parle de Jeunesse Lambda, AlterHeros, Jeunesse Idem, Regroupement d’entraide jeunesse allosexuelle du Québec (REJAQ), Groupe gai de l’Université Laval, Gris Québec, Arc-en-ciel d’Afrique, Magazine Sapho, Coalition jeunesse montréalaise de lutte à l’homophobie et Helem, est-ce que ces organismes communautaires vous sont connus ? Ces personnes et ces organismes ne sont pourtant que quelques exemples de ce que la jeunesse allosexuelle du Québec fait de meilleur ! Pour moi qui ai le plaisir de les côtoyer selon les dossiers de l’heure ou au cours d’événements de notre communauté LGBT, je peux vous assurer que leur engagement dans leur milieu respectif est plus qu’exceptionnel et commande toute notre admiration. Malgré cela, nous n’entendons pas ou peu parler de tout ce monde. En fait, l’espace qu’ils et elles occupent au sein de notre communauté est proportionnel à l’espa-ce que nous, leurs prédécesseurs, voulons bien leur laisser. Ce qui veut dire en clair que nous ne les voyons à l’avant-scène que très rarement.

En nous privant de cet apport et de ces voix, nous nous appauvrissons malheu-reusement en tant que communauté, mais aussi en tant que société et individu. Soyons honnêtes, la jeunesse est un âge des plus ingrats quand vient le temps d’être pris au sérieux.

Pourtant, si nous prenions quelques instants pour les aborder, les entendre, nous constaterions à quel point ces jeunes sont articulés, inventifs, engagés et surtout déterminés à développer une société plus inclusive et plus dynamique où toutes et tous ont leur place. Ce qui est encore plus fascinant pour moi, c’est leur capa-cité à créer, malgré leur exclusion de nos environnements, un monde à leur image correspondant à leur vision, à leurs valeurs et à leurs aspirations.

Par exemple, Bruno Laprade, président de la Coalition jeunesse montréalaise de lutte à l’homophobie, travaille sur un intéressant projet de milieu de vie pour les jeunes. Pour ce faire, il consulte ses pairs, les invite à mettre en commun leurs expertises et leurs réseaux afin que ce projet puisse se concrétiser. Pour sa part, Alexis Musanganya s’est vu honoré lors du «Queering Black History 2009» pour son implication et son accomplissement au sein de la communauté. Bref, nous sommes très loin ici de l’image d’une jeunesse désabusée, inculte et sans ambition véhiculée à tort ici et là dans nos médias.

Aussi, il est grand temps de songer à l’avenir que nous réservons à nos jeunes, surtout les nôtres, ceux de la communauté LGBT. Il est plus que temps de leur offrir un espace inclusif, respectueux et harmonieux. Il est urgent que nous réévaluions notre mode de fonctionnement en tant que communauté mais aussi en tant que société, car il en va de notre devenir dans toute sa diversité et sa complémentarité.

Steve Foster, Président-directeur général, Conseil québécois des gais et lesbiennes