Place au Village

Rencontre avec Michel Gadoury

André-Constantin Passiour
Commentaires
Voici quelqu’un qui a eu un impact important sur le développement de la communauté gaie de Montréal depuis 33 ans. Le Studio 1, le Réflexion, le 1202, le Club Ailleurs, le Key Club, le Beat, le Sécurité Maximum, le Bronx, le Unity, le Stud, l’Aigle Noir et, le tout dernier, le Cocktail, ce sont là les bars et clubs pensés et réalisés par Michel Gadoury, l’actuel propriétaire du Stud et du Cocktail. En effet, en janvier 1976, Michel Gadoury ouvre son tout premier club, le Studio 1.?C’était sur Sainte-Catherine Ouest, en plein centre-ville. Ce n’est donc pas d’hier... Et cela fait surtout de cet homme d’affaires un des piliers de la communauté gaie. Depuis ce temps-là, bien de l’eau a coulé sous le pont et les bars se sont succédé. Bien sûr, modeste, Michel Gadoury ne s’attribue pas à lui tout seul le succès de ces «institutions» du nightlife gai. «Quelques personnes sont à l’origine des succès des bars mentionnés, il y a eu Claude Laviollette (Studio 1 et Reflexion), puis Pierre Viens (Beat, Sécurité Maximum et Unity) et Pierre Saulnier (Bronx et Stud), des gens qui ont travaillé comme gérants et, enfin, Mario Goudreault, l’actuel gérant du Stud. Bien sûr, il y en a eu d’autres, mais ces personnes ont marqué plus spécialement tout ce che-minement et ce développement de la vie nocturne gaie», de dire M. Gadoury. Sur un autre plan, Michel Gadoury a toujours œuvré à l’amélioration du Village. C’est pourquoi il a travaillé à former l’Association des commerçants et professionnels du Village (ACPV), avec Paul Haince, un regroupement qui était sur une base volontaire d’adhésion. «Nous avons trimé dur et nous avons dû abandonner faute de budget suffisant. Tout de même, il y a un projet qui est ressorti de l’ACPV, soit le Festival international Montréal en arts [FIMA], qui existe toujours et qui grandit chaque année un peu plus, de poursuivre M. Gadoury. J’en profite d’ailleurs pour féliciter Paul Haince et toute son équipe.»

Malgré le déclin de l’ACPV, Michel Gadoury continuait de croire en la nécessité d’une association, sous une forme ou une autre, pour les marchands du secteur. Il persistait à penser que la formation d’un tel regroupement serait salutaire pour le Village afin de poursuivre sa revitalisation et assurer sa pérennité. De là est née l’idée de créer une SDC (société de développement commercial). Il s’est alors formé un groupe de personnes, sous l’impulsion de Michel Gadoury, qui y croyait aussi. Après beaucoup d’efforts et deux tentatives, le projet de la SDC se réalise finalement il y a un peu plus de quatre ans maintenant et réunit, aujourd’hui, plus de 300 membres commerçants et places d’affaires. «Je pense que, depuis sa fondation, la SDC a déjà beaucoup apporté au Village, ne serait-ce que la fermeture de la rue Sainte-Catherine durant la période d’été», de souligner Michel Gadoury qui a, depuis, quitté ses fonctions de vice-président du conseil d’administration et de secrétaire de la SDC pour se consacrer entièrement à ses entreprises. Michel Gadoury trouve aussi que, depuis que la SDC a mis sur pied la fameuse «escouade de la propreté», le Village est beaucoup plus net et accueillant lorsqu’on le compare même à d’autres secteurs de la ville où il va se promener. Mais il reste encore bien du pain sur la planche. Quand on lui demande ce qu’il pense présentement du Village, Michel Gadoury répond spontanément : «Je crois qu’il manque de la diversité dans le type de commerces. Mais je ne crois pas qu’on va pouvoir avoir, sur la rue Sainte-Catherine Est, la même mixité que sur l’avenue Mont-Royal, par exemple.»

Sur l’avenir du Village, ce véritable pionnier insiste qu’il «faut que la SDC continue son bon travail, qu’elle essaie d’agrandir le Village à l’est de Papineau. Je crois que l’avenir du Village est dans cette direction-là. Par exemple, au coin de Papineau et Sainte-Catherine, il y a un projet destiné à bâtir des appartements et des commerces au rez-de-chaussée, continue-t-il. Ensuite, on trouvera au coin de De Lorimier (du côté sud-est), un autre projet où il va y avoir des espaces commerciaux disponibles, donc il faudra attirer ici des noms connus de commerces afin d’amener de la nouveauté dans le Village. Il faut absolument que le Village prenne de l’expansion, et c’est là qu’elle sera.» Après tant d’années, pense-t-il à une retraite confortable et tranquille ? «Pas la retraite complète, mais modérée. Oui, sûrement, j’y pense, dit-il. J’ai-merais saisir cette occasion pour remercier toutes les personnes qui ont travaillé pour moi ou qui le font encore, je ne peux toutes les nommer, car j’ai peur d’en oublier», de terminer Michel Gadoury.


MES BONNES ADRESSES DANS LE VILLAGE

-Pour manger le midi :

La Casa Lucas.

- Pour un événement spécial :

D.Sens.

- Pour flâner :

Les terrasses l'été... SInon, je ne flâne pas dans le Village, j'y travaille...

Pour sortir :

Entre les deux, mon coeur balance : Cocktail ou Stud (rires).

- Ce que j'améliorerais...

la diversité dans le type de commerces dans le quartier.