Acheter un chien

Mode d’emploi

Denis-Daniel Boullé
Commentaires
Ça y est. C’est décidé. J’achète un chien. J’en rêvais depuis longtemps, je passe à l’action. Je me l’étais interdit à cause de mon style de vie. Je passe beaucoup de temps à l’extérieur de chez moi. Il m’arrive de partir plusieurs fois par an à l’étranger. Mais comment font les autres alors ? Ils ont Denis-Daniel pour prendre soin de pitou quand les maîtres partent en vacances ou en voyage d’affaires. Baby sitter pour animal à quatre pattes, la piqûre m’est (re)venue en gardant le chien de mes amis. Je me suis habitué à cette présence dans l’appartement, et la routine de sortir la bête pour ses besoins essentiels ne m’apparaît pas comme une corvée. Au contraire. Entre deux textes, de partager un moment de détente avec l’animal me vide la tête. Depuis plusieurs mois, mon choix s’est arrêté, et j’attends le printemps avec impatience pour profiter des beaux jours pour «dresser» en plein air mon futur compagnon et qu’il me «dresse». Je devrais dire qu’ELLE me dresse. Ce sera une femelle. Et de race, rien de moins. Mes parents ont eu des bâtards – comme chiens – et depuis l’adolescence j’ai toujours rêvé d’un chien de race. Et je me suis arrêté sur un West Highland Terrier (voir photo) que les initiés appellent en toute simplicité un westie. Et je lui ai déjà trouvé un nom.

J’ai tout lu sur le Westie, et comme dans toutes les bonnes recherches, les informations trouvées sont parfois contradictoires. Et puis, quand on plonge dans les sites des éleveurs, on se perd en conjectures. J’en suis même arrivé à regarder sur Canal Vie, Cesar, l’homme qui parle aux chiens : ce n’est pas le titre, mais cela revient au même. Toutes les mises en garde et réserves n’ont pas fait faiblir ma décision. Car bien évidemment, les amis, qu’ils soient ou non propriétaires de chiens, mettent aussi leur grain de sel. Il y a les pour et… les contre. Car au-delà du plaisir, il y a les contraintes. Un chien qui demande beaucoup de toilettage ou pas? Facile à dresser ou têtu, aimant la solitude ou jappant dès qu’il est seul? Transportable facilement à bicyclette ou en avion ou devant être laissé à ses parrains d’adoption en cas de déplacement de plusieurs jours ? Aurais-je la constance de m’en occuper ou deviendra-t-il seulement un bibelot vivant dans l’appartement ? Malgré toutes ces questions, je suis prêt à affronter toutes les situations, même celles que je n’ai pas encore listées dans ma tête. Maintenant, il reste à trouver l’animal. Dois-je me rendre dans le premier pet shop du coin ou continuer à magasiner sur Internet en sachant que je n’irais pas jusqu’en Floride ou dans le sud de la France pour choisir la petite boule blanche? Ou encore comme me le suggèrent des amis, de faire régulièrement un tour à la SPCA ou au Berger Blanc, espérant qu’il y ait par hasard une westie en bas âge cherchant désespérément à être adopté? Je veux un Westie local, dans la grande région de Montréal.

Pour ceux qui ne sont pas scotchés à une race, la SPCA et le Berger Blanc peuvent être une solution intéressante. Au moins, il y a l’assurance que l’animal sera en bonne santé et vous saurez tout sur son caractère et les traumatismes ou non causés par l’abandon. En plus, vous aurez le sentiment d’avoir fait une bonne action tout en économisant sur le prix d’un chien de race. Et croyez-le, les centres qui recueillent les chiens perdus en ont de toutes les tailles, de toutes les couleurs, de tous les poils, ils ont donc un grand choix.

Animalerie, élevage ou le particulier ?

Voilà la grande et unique question. J’ai toujours pensé que dans les animaleries l’exiguïté des cages était faite exprès pour jouer sur nos sentiments de vouloir libérer un pauvre être innocent des mains de vilains marchands. Que cela faisait appel à la Brigitte Bardot ascendant Greenpeace qui sommeille en nous. Mais franchement la plupart des propriétaires de pet shop sont loin d’être des tortionnaires ayant obtenu leur diplôme à Guantanamo. Bien au contraire, au moment de l’achat du chiot, ils vous remettront le carnet de santé de l’animal, où apparaît le nom du vétérinaire qui a vérifié l’état de santé et procédé aux différents vaccins. Il y a souvent une garantie assortie à l’achat sur la santé de l’animal. Certaines animaleries offrent une ou deux visites gratuites chez le vétérinaire, incluant les vaccins de rappel, et parfois un bon pour un toilettage gratuit. Généralement, la plupart des animaleries se font un devoir de vendre des animaux en parfaite santé, et s’entourent de toutes les précautions pour donner pleine et entière satisfaction aux futurs maîtres. Mais il ne faut pas hésiter à magasiner, se renseigner sur la provenance du chien, prendre connaissance des garanties, et en passant près des cages s’assurer de l’hygiène dans laquelle les chiots sont gardés. Enfin, grâce à Internet, on peut aussi vérifier à quel prix se détaille un chien de race, dépendamment de ce que l’on recherche. Un chiot de race vendu bien au-dessous de son prix chez un éleveur peut cacher plusieurs vices.
Par exemple, un chiot westie se détaille actuellement entre 450 et 700 dollars dépendamment du sexe ou encore du pedigree (si ses parents sont gagnants de concours), etc.

L’éleveur
Même réflexe que pour les animaleries, la prudence est de mise. Il suffit de lire la presse pour s’apercevoir que certains élevages ne respectent pas les règles élémentaires d’hygiène, d’espace et de soins pour un bon développement de l’animal. En se rendant chez l’éleveur, demandez-lui de voir où sont gardés les chiens, et si cela ressemble à une production en série, passez votre chemin. Comme dans les animaleries, l’éleveur doit vous présenter un carnet de santé du chien sur lequel apparaissent, entre autres, la date de naissance mais aussi les vaccins et le suivi du vétérinaire. De plus, grâce à l’internet, vous pouvez choisir votre chiot quelques jours après sa naissance et aller le voir plusieurs fois avant qu’il ne soit sevré et ne vous soit remis. Et souvent, le chien est déjà propre, une étape de moins dans son éducation. Certains éleveurs précisent dans leurs annonces : élevé à la maison. Entendre que la vente de chiens est un revenu d’appoint et qu’ils ne sont spécialisés que dans une seule race, voire deux. Généralement, le fait qu’ils aient moins d’animaux leur laisse le temps de s’en occuper. Élevés à la maison ou dans un chenil, le chiot est généralement socialisé et habitué à vivre au milieu d’autres chiens. Il sait alors quel est son rôle et se comporte en fonction de la hiérarchie imposée par le groupe. Cet élément est important et facilite aussi le dressage, car il a déjà intégré certaines règles qu’il s’ingéniera à défier avec vous lors des premiers temps de votre cohabitation. Mais c’est votre rôle de ne pas en faire le maître chez vous. Vous avez déjà votre chum… Dans plusieurs livres spécia-lisés, il est conseillé de se rendre dans des élevages de taille moyenne, les trop gros élevages relèvent de l’usine à produire du chiot, et plus il y a de bêtes, moins l’éleveur a de temps pour chacune d’elles.

Le particulier
Généralement, il n’est pas enregistré comme éleveur officiel et ce n’est pas son occupation principale. Disons que c’est plus un passionné par une race et qui a généralement une ou deux femelles qu’il accouple régulièrement. La même prudence s’impose que pour les animaleries et les éleveurs. Une visite chez le propriétaire pour se rendre compte de l’environnement dans lequel se trouve le chiot peut vous en apprendre beaucoup. Généralement, l’éleveur amateur se conforme aux règles qui régissent la profession. Le chiot a son carnet de santé et a reçu les principaux vaccins. La seule différence concerne les garanties au cas où l’animal aurait des «vices cachés». Cela se discute avec le propriétaire et en cas d’accord, ne pas se contenter de la parole, mais coucher les termes de la garantie sur papier.
Bien sûr, parfois au cours d’une visite dans un chenil ou d’une animalerie, le coup de cœur détermine l’achat. Si l’on ne peut combattre ce sentiment naturel, il n’en reste pas moins important d’éviter ce type de comportement pour éviter des déconvenues futures sans aucun recours. Quant à moi, j’attends impatiemment la fin de l’hiver…