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Élections Provinciales

Denis-Daniel Boullé
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La population n’en voulait pas, la crise à Ottawa a jeté de l’ombre sur les enjeux au Québec, rarement des élections auront aussi peu suscité d’enthousiasme. Cela explique, en partie, l’un des plus bas taux de participation pour des élections provinciales (57, 3 %). Pourtant la soirée électorale a réservé quelques surprises. Même si, au bout du compte, Jean Charest a réussi en partie son pari d’obtenir la majorité à l’Assemblée, la remontée spectaculaire du Parti québécois et la chute de la maison adéquiste (7 élus), ainsi que l’élection d’un premier député de Québec

Solidaire (QS) auront été le clou de la soirée électorale.
Dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, circonscription dans laquelle se trouve le Village, le député sortant du PQ, Martin Lemay, a été sans grande surprise réélu avec une confortable majorité face au candidat du Parti libéral (PLQ), Éric Prud’homme. Manon Massé de QS arrive en troisième position, bien loin devant la candidate de l’Action démocratique (ADQ). Martin Lemay a suivi depuis longtemps les dossiers des communautés LGBT aussi bien comme député que comme conseiller municipal avant de sauter dans la politique provinciale.

Sur le plan national, l’échec cuisant de Mario Dumont remet en question l’existence même de sa formation politique, d’autant plus que ce dernier a décidé de quitter la direction de son parti alors qu’il en était l’âme. Une succession que chacun pense improbable tant l’ADQ était lié à son nom.

Le grand vainqueur est le PQ, et sa cheffe, Pauline Marois, qui dans l’histoire du Québec est la première femme cheffe de l’opposition officielle. D’une part, elle fait oublier l’échec rencontré par son prédécesseur André Boisclair en 2007 et, d’autre part, a su en quelques mois ressouder autour d’elle un parti souvent divisé quant à son leadership. Pauline Marois a su redonner un nouveau souffle au parti et peut aujourd’hui s’asseoir sur une légitimité difficilement contestable.

Jean Charest a la majorité qu’il réclamait, mais pas aussi forte qu’il ne l’avait envisagée. Avec 66 députés contre 51 pour le PQ, le premier minister a tout de même les coudées franches pour mener la politique qu’il souhaite. Espérons que sa main tendue vers les partis d’opposition pour travailler en collaboration avec eux ne sera pas qu’un voeu sans lendemain.

Il est fort probable que la crise à Ottawa a joué en faveur du PQ, compte tenu des allégations de Stephen Harper sur la respon-sabilité du Québec, via le Bloc québécois, dans le soutien à la coalition visant à le chasser du pouvoir.

Pour nos communautés, et pour toutes les initiatives pour qu’un véritable plan de lutte contre l’homophobie soit mis en place, il est à craindre que nos revendications passeront au se-cond plan face au défi économique auquel sera confronté le Québec dans les prochains mois. La recession risque de toucher aussi les organismes qui verront sûrement un état plus frileux à les soutenir financièrement.

 

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Solidaire (QS) auront été le clou de la soirée électorale. Dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, circons (...)

Publié le 16 décembre 2008

par Denis-Daniel Boullé