Élections Provinciales

Et c’est reparti...

André-Constantin Passiour
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Comme tout le monde le sait maintenant, le lendemain des élections présidentielles américaines, le 5 novembre dernier, le premier ministre du Québec, Jean Charest, déclenchait des élections provinciales pour le 8 décembre prochain, et ce, même si sondages après sondages, ceux-ci indiquaient que les trois quarts des Québécois n’en voulaient pas…

Toujours est-il que, dans le comté de Sainte-Marie-Saint-Jacques, à Montréal, les quatre formations politiques majeures présentent un candidat. En plus du péquiste Martin Lemay, l’actuel député, Éric Prud’Homme, du Parti Libéral du Québec, Manon Massé, de Québec Solidaire, et Dominic Boisvert, de l’Action démocratique, du Québec se lancent donc dans la mêlée. Fait exceptionnel dans cette course, trois des quatre candidats des partis majeurs sont issus de la communauté LGBT, ils connaissent bien le quartier ainsi que les problématiques reliées à cette collectivité. C’est une première.

Après avoir été pendant plusieurs années conseiller municipal dans le party du maire Pierre Bourque (puis comme indépendant), Martin Lemay est devenu un proche collaborateur de l’ex-député André Boulerice avant de lui succéder dans le fauteuil de parlementaire de la circonscription. Depuis son implication municipale, M. Lemay a toujours voulu défendre les intérêts des citoyens du quartier et son développement. Élu il y a deux ans et demi maintenant, Martin Lemay désire poursuivre la lutte à l’itinérance et à la pauvreté sans cesse en augmentation dans le secteur. «Il faut développer une politique nationale sur l’itiné-rance, aider les gens à s’en sortir, il nous faut un leadership plus fort et que le gouvernement s’implique, c’est une priorité dans le quartier», dit-il. Il veut également, s’il est réélu et que le PQ l’emporte, que le dossier de «l’îlot Voyageur» se règle et que la construction se termine «parce que cela demeure une plaie ouverte au centre-ville, il faut trouver une solution et je m’y engage». Concernant particulièrement la communauté LGBT, M. Lemay désire sortir des boules à mites le rapport de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) concernant la lutte à l’homophobie : «Je ne ferai pas ça tout seul, mais si je suis réélu, je m’engage à travailler avec les groupes pour mettre en application ce rapport et lutter spécifiquement contre l’homophobie.»

De son côté, la représentante de Québec Solidaire, Manon Massé, en est à sa 3e campagne en trois ans. Travailleuse communautaire et militante depuis des décennies pour la cause des femmes et des lesbiennes, Manon Massé a œuvré au sein de la Fédération des femmes du Québec, avec Françoise David, la cofondatrice de Québec Solidaire. «Je me suis lancée en politique avec Québec Solidaire, dans ce comté, parce que je suis engagée depuis très longtemps dans le combat pour les droits des lesbiennes, des gais, des femmes, des exclus, etc., parce qu’il y a toute une brochette d’exclus dans la circonscription et parce que je veux continuer à lutter pour les droits des LGBT et c’est le secteur pour le faire», dit-elle. Poursuivant elle aussi dans le sens de mettre en application le rapport de la CDPDJ, elle dit qu’il est grand temps que «l’on adopte une politique nationale contre l’homophobie pour contrer les effets pernicieux de l’hétérosexisme, qu’il y ait une véritable politique. Parce qu’on a obtenu des droits juridiques, il faut maintenant lutter pour une plus grande reconnaissance sociale. Qu’il y ait la nomination d’un ministre responsable du dossier, c’est ce qu’on propose», indique-t-elle. Elle fait du combat contre la pauvreté et pour le logements abordables un cheval de bataille.

Le libéral Éric Prud’Homme, 32 ans, est issu du milieu des affaires de la communauté gaie. Il a siégé en tant qu’administrateur, de 2005 à 2008, au conseil d’administration de la Chambre de commerce gaie du Québec (CCGQ). Il a été aussi un des responsables du Comité des relations de presse des Outgames, en 2006. Détenteur d’une maîtrise en administration des affaires des HEC, il œuvre en tant que directeur des communications et marketing au Groupe Pierre Belvé-dère International, dans le Vieux-Montréal, une entreprise de papeterie fine. Il a décidé de joindre les rangs libéraux (en tant que vice-président de l’association du comté d’abord) et aussi en tant que candidat «parce que j’y ai trouvé une famille qui reflète les valeurs d’ouverture qui sont miennes, dit-il. J’ai 32 ans, lorsque je grandissais, je n’avais pas de modèles en tant que gai, donc d’un point de vue personnel, je veux démontrer qu’on peut se présenter à des élections en tant qu’ouvertement gai», souligne-t-il. S’il est élu, il veut représenter la communauté LGBT au sein du gouvernement et donner une voix afin de sensibiliser ses collègues aux différentes problématiques des gais et lesbiennes. Lui qui a été bénévole pour plusieurs organismes, il veut donc lutter contre la pauvreté et l’itinérance dans le quartier, travailler avec les organismes communautaires «parce que c’est avec eux qu’on peut agir pour amoindrir la pauvreté». Comme les autres candidats d’ailleurs, M. Prud’Hom-me estime qu’il est important de poursuivre la revitalisation des artères du quartier, de continuer la rénovation des infrastructures et d’appuyer «des projets intéressants et agréables comme la piétonnisation de la rue Sainte-Catherine, l’été dernier, qui fut un grand succès. Il faut donc développer ce type d’intervention. C’est important.»

Dominic Boisvert, lui aussi, vient du milieu des affaires LGBT. Âgé de 31 ans, M. Boisvert a été premier vice-président de la CCGQ de 2005 à 2007 en plus d’avoir siégé, de 2005 à 2006, en qualité de vice-président Finances de la Jeune chambre de commerce de Montréal. Comptable agréé de formation, M. Boisvert est l’un des fondateurs et administrateurs de la revue Speed, magazine pu-blié depuis quatre ans et qui traite du mode de vie de la nouvelle génération. «Je me lance en politique parce que je désire vraiment pouvoir changer les choses, souligne M. Boisvert. Parce que j’aime la nature humaine et que je veux travailler à amé- liorer les choses. Je suis copropriétaire du magazine Speed. On a fondé le magazine pour pouvoir parler de la jeune génération, de ce qui la concerne, pour refléter son opinion, sa vie, et c’est ce que je veux continuer à faire par la politique.» Il a choisi l’Action démocratique parce que ce parti «est à mi-chemin entre le PQ et le PLQ», dira-t-il. Son programme électoral comprend lui aussi la lutte à la pauvreté et l’aide aux jeunes : établir un plan de mentorat entre les jeunes et les entreprises pour les sortir de la pauvreté et travailler de concert avec les groupes du quartier. «Les gens croient que l’ADQ n’appuie pas les groupes communautaires : c’est faux! Je veux travailler avec eux parce qu’ils sont une richesse locale, ils sont efficaces d’un point de vue humain et comme ressources.» En tant que candidat ouvertement gai, «je veux aider des groupes comme Gai Écoute, comme le GRIS, entre autres, à lutter contre l’homophobie dans la société, dans les écoles, cela me tient beaucoup à cœur de pouvoir travailler concrètement pour la communauté», affirme-t-il. Dominic Boisvert croit en la revitalisation de ce secteur central de Montréal par de grands projets rassembleurs. «Montréal n’est plus ce qu’elle était, et son centre-ville semble avoir perdu son âme, donc je crois qu’il est essentiel d’œuvrer à revitaliser le centre-ville et le quartier par divers projets. On annoncera des choses au cours de la campagne, donc je ne peux tout dire ici.» André C. Passiour

 

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Publié le 19 novembre 2008

par André-Constantin Passiour