Maison Aaron

Près des gens

André-Constantin Passiour
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Depuis 1991, la Maison funéraire Aaron se consacre aux besoins des gens lorsque survient le décès d’un proche. Installée sur la rue Saint-Denis (face à l’Hôpital Saint-Luc), cette maison offre les mêmes services qu’un salon appartenant à une chaîne; cependant, ce qui la distingue c’est vraiment le service personnalisé que seul un personnel comme celui de la Maison Aaron peut offrir, puisque c’est Benoît Chagnon, fondateur et propriétaire, qui s’occupe des clients. «Je suis moi-même thanatologue, j’ai une petite équipe autour de moi; comparés à une chaîne, nous sommes donc plus proches des gens, notre approche est différente. Lorsque les gens vont vers un complexe funéraire, ils rencontrent un vendeur, puis un directeur de funérailles, etc.; ici, les gens me rencontrent et nous suivons ensemble tout le dossier. Aaron est une maison traditionnelle, comme il y en avait dans les villages auparavant. Nous faisons du sur mesure, c’est là la grande différence avec les autres salons: nous voulons trouver des solutions aux préoccupations des clients pour leur enlever un peu de la pression qu’ils ont sur les épaules», de dire M. Chagnon qui a 23 ans d’expérience. Ainsi, on ne laissera pas partir des clients sans les aider avec la prestation de décès ou la succession du défunt, par exemple. En tout, cinq personnes sont au service de la clientèle et répondent à se besoins diversifiés qui vont de funérailles traditionnelles à la crémation, puisque la moitié de cette clientèle est constituée de Québécois «pur laine» alors que les communautés culturelles comptent pour le reste. Une autre chose qui différencie ce salon est son ouverture à la communauté LGBT. Près de 20% de la clientèle de la Maison Aaron est composée de gais ou lesbiennes. «Nous comprenons les gais, ils se sentent en confiance chez nous […] parce que, parfois, cela peut être difficile avec la famille», de souligner M. Chagnon.
En raison de la tendance vers une crémation immédiate après le décès, qui a cours depuis une dizaine d’années, l’exposition du défunt était en baisse, comme si on voulait se débarrasser de la personne sans véritablement lui dire au revoir. «Il faut prendre le temps de voir la personne pour commencer le processus de deuil, et ce, même si cela est triste car, après, il sera trop tard et cela peut entraîner des émotions qui reviennent vous hanter. Malheureusement, de plus en plus de gens pensent, et ce, de façon erronée, que de commémorer le souvenir d’une personne ou bien de faire ses derniers adieux à une personne sur son lit d’hôpital, quand elle est en jaquette bleue avec une mine terrifiante, peut remplacer une exposition. Les gens ont peur de la mort et pensent qu’en l’évitant ils seront plus heureux et ne vivront pas de deuil. Ils ont tort. Ce n’est pas de cette façon que l’on peut préserver un bon souvenir en mémoire! Donc, même si on désire une crémation, on peut organiser une courte exposition pour donner le temps à la famille et aux proches de voir le défunt», de conseiller ce thanatologue. Une petite équipe, une approche personnalisée et intimiste, des conseils judicieux et une aide précieuse pour la suite, c’est, en somme, là le secret de cette maison indépendante…

Maison Aaron, 1031, rue Saint-Denis, Mtl. 514-284-5440 ou www.maisonaaron.com.