Californie - Los Angeles

L.A. : Là où on fabrique du rêve

Yves Lafontaine
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Mégapole qui s’étend davantage chaque année, Los Angeles dévore tout sur son passage. À la fois riche, énergique, créative, tout en étant inégalitaire, rongée par les problèmes reliés à la pauvreté et la consommation de drogues, cette agglomération est un immense enchevêtrement de 88 quartiers, qui fascine sans cesse, avec ses ultra-riches et ses ultra-pauvres, ses splendeurs et ses richesses. On dit souvent à tort, que L.A. n’est qu’une mer de béton.

Ce n’est pas vrai. À l’exception du centre-ville, Los Angeles ressemble plus à une gigantesque banlieue à perte de vue. À cause de la circulation, des tremblements de terre, des incendies et de la criminalité, certains disent d’elle que c’est une ville inhumaine. Ce n’est ni tout à fait vrai, ni vraiment faux. Avec une agglo-mération qui dépasse les 20 millions d’habitants, elle est le berceau d’une culture capable de s’exporter dans le monde entier. Point d’aboutissement de la conquête de l’Ouest, Los Angeles continue à porter le rêve américain à bout de bras.

West Hollywood
Quartier mythique au même titre que Castro à San Fran­cisco ou Chelsea à New York, c’est à partir du milieu des années 50, alors que de nombreux décorateurs, stylistes, maquilleurs, coiffeurs et artisans du milieu du cinéma y élisent domicile, que West Hollywood (WeHo) devient un quartier «gai». La tolérance qui y prévalait alors a permis l’ouverture de plusieurs établissements dont la clientèle étaient majoritairement gaie et lesbienne, bien qu’il était officiellement interdit, à Los Angeles de servir de l’alcool à un homosexuel dans un bar... Aujourd’hui, le Santa Monica Boulevard est le cœur de la vie gaie de cette ville-enclave qui compte 40000 habitants (dont plus de la moitié de gais) qui savent comment, mais surtout où faire la fête. Des restaurants et des cafés à profusion, des hôtels pour tous les budgets et des bars et des clubs pour tout les styles, voilà ce découvrent les milliers de touristes lors de leur passage à Weho. Car le week-end, les hôtels, motels et bed & breakfast du coin se remplissent de visiteurs qui viennent y expérimenter ce coin du sud de la Californie. Ville d’apparence et de PR (relations publiques), chaque établissement rassemble son propre public distinct, de styles, d’âges ou d’origines ethniques différents. On y frôle alors une faune branchée, bruyante, aguicheuse, plus sophistiquée qu’ailleurs, allumeuse bien que souvent assez affectée... Si vous êtes chanceux, vous pourrez même croiser l’une de vos vedettes de la télé ou des vedettes porno, de passage pour faire de la promotion dans l’un ou l’autre des éta­blissements du coin. Le secteur entourant Robertson Drive collectionne les cafés et magasins les plus branchés de Los Angeles. Les paparazzis y louent des places de stationnement au mois pour être sûr de photographier les vedettes montantes de moins de 30 ans. Ces dernières sont ainsi assurées d’y faire leur publi­-cité à moindres frais tout en continuant par ailleurs à clamer vouloir préserver leur intimité. Outre le défilé de la fierté qui a lieu le deuxième week-end de juin, pour ne pas coïncider avec ceux de San Francisco et de New York, l’événement annuel à ne pas manquer de West Hollywood est l’Halloween, le 31 octobre. C’est la plus grande fête de rue d’Halloween aux États-Unis, s’étirant sur près de 2 km sur le Santa Monica Boulevard. Ce party extérieur permet de profiter de la tempéra­ture (il fait encore assez chaud à L.A. à la fin octobre), un verre à la main, de la musique plein les oreil­les grâce, évidemment, aux Dj les plus réputés au monde, ainsi que des costumes flamboyants. Chaque année, l’événement regroupe plusieurs centaines de milliers de participants.

Walk of Fame
Créé en 1958, le Walk of Fame est cette portion importante du trottoir longeant Hollywood Boulevard qui a été recouverte de plus de 2000 étoiles sur lesquelles fi­-gurent les noms de célébrités de l'industrie du spectacle. Devant le Grauman's Chinese Theatre, certaines des plus grandes stars du cinéma ont immortalisé leur passage en laissant leurs empreintes de pieds et mains dans le ciment. À remar­quer, celles de R2D2, de Donald Duck, d'Humphrey Bogart, de Matt Damon et des minuscules talons de Marilyn Mon­- roe. On retrouve à quelques pas de là le Kodak Theater, qui accueille la cérémonie des Oscars, et, à partir de l’an prochain, un nouveau spectacle du Cirque du Soleil.

Venice Beach
Venice est situé dans l'ouest de la ville de L A. Il est connu pour ses canaux et ses plages et est surnommé la Venise d'Amérique. Sur sa plage, on croise absolument tout et n’importe quoi : des jongleurs, des chanteurs, des acrobates, des mimes, des magiciens, des prophètes et des diseuses de bonne aventure… Et c’est sans compter les hippies, les punks, les jeunes femmes en bikini et les sportifs sur les terrains de basketball et de handball construits sur le sable. On y arbore des coiffures et des tatouages hallucinants. Et que dire des bodybuilders de Muscle Beach, ce centre de musculation sur la plage qui est un lieu de repérage inoui depuis les années 50 pour des modèles (les premiers beefcakes y ont été repérés) ! Il faut voir Venice Beach pour y croire.

Beverly Hills
Beverly Hills est une ville du comté de Los Angeles, en Californie. Elle forme, avec Bel Air et Holmby Hills, le « triangle d'or » de Los Angeles, dont elle consti-tue une enclave. Capitale hollywoodienne, Beverly Hills est surtout connue pour être le lieu de résidence de nombreux professionnels et vedettes du cinéma depuis le début des années 1920. Les amateurs pourront facilement se procurer une Star Mansion map, une carte des maisons de stars, permettant de situer le domicile de leurs vedettes préférées. Mais ne soyez pas naïfs, vous ne verrez dans la majeure partie des cas que l’extérieur du domaine, voire que l’immense clôture.

The Getty Center
Perché sur une colline à l'ouest de Los Angeles, ce musée consti-tue l'un des complexes culturels les plus importants au monde. Conçu pour être visible à des kilomètres à la ronde, le musée prend place dans une imposante construction qui allie le verre et la pierre et dont la surface réfléchit la lumière. Étalé sur 87 000 m2 dans des jardins de 45 hectares, le Getty Center comprend 5 pavillons reliés par des cours, des jardins et des passe-relles vitrées ou à ciel ouvert. Les salles d'exposition se suivent chronologiquement. En fin du parcours, on tombe sur un exceptionnel panora­ma sur L.A., de Downtown à l'océan en passant par les collines d'Hollywood. Le rez-de-chaussée ras-semble tout ce qui n'appartient pas à la peinture, à savoir tous les autres arts visuels, du Moyen Âge aux arts décoratifs français du XVIIIe siècle en passant par la photo contemporaine. Quelques pièces importantes : un bassin italien en porcelaine du XVIe siècle dit «de Deucalion et Pyrrha», de superbes manuscrits médiévaux, une série de précieuses statuettes de chevaux de style baroque, une collection d'esquisses du XVe au XIXe siècle, du mobilier XVIIIe et des collections d'antiquités. À l'étage : la peinture européenne, depuis le Moyen Âge jusqu'au XXe siècle.

En terminant, un conseil. Quand on sait que les coins intéressants de L.A. sont parfois éloignés du centre de 25 à 30 km, on comprend vite que la ville devienne un cauchemar pour celui qui ne possède pas de véhicule. L.A. est l’une des rares villes américaines où il faut vraiment louer une voiture si on ne veut pas être confiné à un seul quartier ou payer une fortune en taxi. En dehors des heures de pointe, les autoroutes se révèlent sacrément pratiques. Et vous constaterez comme elles sont faciles à utiliser et toujours fort bien indiquées.?Bon voyage !

 

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Publié le 24 juillet 2008

par Yves Lafontaine