Olivier Delorme. Béziers : H&O, 2008. 445p. (Littérature).

L’Or d’Alexandre

Benoit Migneault
Commentaires
Le Louvre vient d’acquérir un trésor d’une importance considérable : des pièces d’orfèvrerie qu’Alexandre le Grand aurait offertes à la déesse Athéna et qui étaient disparues depuis des siècles. Au même moment, on découvre, au cours d’un travail de restauration sur un tableau de Nicolas Poussin, qu’il ne s’agit que d’une vulgaire copie. Bien vite, on découvre que plusieurs autres originaux du Louvre ont été échangés contre des copies. Le scandale est énorme! L’imbroglio ne s’arrête cependant pas là puisque le cadavre d’Athina Poulakas, spécialiste de la Grèce antique, est découvert transpercé par un javelot. Plusieurs autres meurtres sont commis et chacun semble suivre des indications en provenance de L’Iliade ou de L’Odyssée. Afin de faire la lumière sur cette ténébreuse histoire, Stéphane et Philippe se lancent dans une course folle à travers l’Europe pour en arriver à des conclusions qui s’avéreront des plus surprenantes… Ceux qui ont dévoré La Quatrième Révélation se délecteront de ce roman qui allie avec virtuosité et une bonne dose d’humour les scènes d’action à des passages portant sur l’histoire ancienne, le milieu de l’art, l’orientation marketing des musées, les d’œuvres d’art dont furent spoliés les juifs pendant la seconde guerre mondiale, le monde des finances, l’Église catholique. Les deux héros sont particulièrement attachants et articulés. Stéphane est l’expert muséal, l’archéologue qui flaire anguille sous roche. Philippe est le personnage le plus complexe. Tétraplégique à la suite d’un accident de circulation, il lui est difficile de croire que Stéphane puisse encore éprouver de l’amour sinon du désir à son endroit. De même, ses relations avec sa mère et son demi-frère sont d’une âpreté et d’une bêtise à peine imaginables. Un roman complexe et touffu mais qui se dévore cependant d’une traite et offre matière à de multiples discussions. Un pur délice!