Premier congrès annuel de la IGLCC

Les gais du Québec, 20 milliards de $ par année

Yves Lafontaine
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La Chambre de commerce internationale gaie et lesbienne (IGLCC) a dévoilé, le 2 avril dernier, une étude qui suggère que les 450 000 gais et lesbiennes du Québec ont un pouvoir d’achat de 20 milliards par année. Par cette étude, l’organisme international, établi à Montréal depuis près d’un an, espère attirer l’attention des entreprises sur la valeur du marché gai et l’importance de le cibler dans leurs campagnes.

«Une population non homogène qui possède un grand pouvoir d'achat, un segment de marché encore sous-exploité, des consommateurs fidèles et qui possèdent un revenu discrétionnaire plus élevé que la population en général.» Ce sont là quelques-uns des constats tirés du premier portrait d'ensemble de la situation socioéconomique de la communauté gaie et lesbienne (LGBT) non seulement du Québec mais d’une douzaine de pays en plus du Canada.

«Quand je regarde une pub de Desjardins, je vois des hommes, des femmes, des noirs, des Asiatiques, des anglophones. Pourquoi je ne verrais pas aussi de temps en temps un couple de gais ou de lesbiennes?» demande Pascal Lépine, le président de cet organisme international, qui fait valoir que la communauté gaie constitue un groupe plus important au Canada que n’importe quelle communauté culturelle. Les estimations les plus conservatrices, basées sur des études américaines, font état de 7% de gais et de lesbiennes dans la population. Selon Pascal Lépine, le segment de marché des gais et des lesbiennes est encore sous-exploité par les annonceurs à l’échelle nationale ou provinciale, par frilosité ou par méconnaissance de leur part. «Je leur donne le bénéfice du doute, explique-t-il. Mais quoi qu’il en soit, ça ne fait pas de sens économiquement.»

L’étude dévoilée par la Chambre de commerce, qui compare le revenu des gais et lesbiennes dans treize pays, révèle qu’ils ont partout un revenu supérieur à la moyenne nationale et qu’ils disposent d’un revenu discrétionnaire plus élevé que la population en général. Cette situation s’explique en partie par le fait que les gais et lesbiennes sont rarement mariés et n’ont généralement pas d’enfants, ce qui les rend moins susceptibles d’entretenir une forte épargne. En ciblant mieux ce groupe, qui est loin de se réduire au seul Village, et en lui offrant des produits mieux adaptés à ses besoins, les annonceurs pourraient mettre le grappin sur «un bassin de consommateurs au pouvoir d’achat extrêmement important», affirme Pascal Lépine.

Il s'agit du premier portrait d'ensemble à avoir jamais été réalisé sur la situation socioéconomique de la communauté LGBT à travers le monde. Dans une prochaine étape, l'IGLCC entend approfondir la recherche par des études de marché exhaustives pour chacun des pays membres de l'organisme, en commençant par le Canada.

D'un point de vue qualitatif, le Québec et le Canada offrent, selon l’étude, un climat parmi les plus favorables à travers le monde pour le développement du marché LGBT. Pour en arriver à cette conclusion, les auteurs de l'étude ont analysé le potentiel économique ainsi que l'environnement politique, social et médiatique des différents pays.

À la lumière de ces données, nous espérons que les différentes entreprises à travers le monde prendront conscience des nombreuses occasions offertes par le marché LGBT, ainsi que des particularités qui lui sont propres, afin de le cibler efficacement en utilisant les bons arguments», d'ajouter M. Lépine.

Un monde d’opportunités
La Chambre de commerce internationale gaie et lesbienne (IGLCC) a été fondée en 2006 à Hambourg, en Allemagne, et a son siège à Montréal, au Canada. L'IGLCC est un important réseau d'affaires LGBT mondial. L'association est composée d'organisations couvrant trois continents et représentée par 15 chambres de commerce et organisations d'affaires dans 13 pays. Dans le cadre du 1er congrès annuel de l’IGLCC, qui aura lieu à Montréal, du 24 au 26 avril 2008, plus de 100 leaders d’affaires provenant de 13 pays se rencontreront au Hyatt Regency afin de discuter des différents enjeux économiques pour la communauté LGBT et créer des partenariats stratégiques. Dans le cadre de plénières et d’ateliers, il sera question de diversité, d’inclusion en milieu de travail, de marketing rose et d’alliances stratégiques. Ce congrès, placé sous le thème «Un monde d’opportunités», s’ouvrira par un cocktail VIP en présence du maire de l’Arrondissement Ville-Marie, M. Benoît Labonté, et de dirigeants de grandes entreprises internationales, pour se clôturer par un souper de gala sous la présidence d’honneur du maire de Montréal, M. Gérald Tremblay, qui recevra au nom de la ville le prestigieux Mérite Leadership international. De nombreuses surprises sont au rendez-vous, dont la présence à titre de conférencière de Mme Cynthia Wade, la gagnante de l’OSCAR 2008 pour le meilleur documentaire, Freeheld, lequel sera également diffusé lors du congrès.


Pour informations sur l’IGLCC : 514-287-2888 ou www.iglcc.org.

 

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Publié le 15 avril 2008

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