Provincetown

Destination gaie de villégiature par excellence

Denis-Daniel Boullé
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Qui n’est pas allé au moins une fois à P-Town ? Pour tout gai, et aussi toute lesbienne, curieux de séjourner dans des lieux gay friendly, P-town arrive en tête de liste. C’est le lieu sûrement le plus connu de la côte est des Etats-Unis. Rien ne prédestinait ce petit village de pêcheurs à devenir un endroit couru depuis maintenant trois décennies par les gais et les lesbiennes. La renommée de l’endroit est sûrement due à son caractère de centre de villégiature pour des artistes et ce depuis le début du 20e siècle. Des auteurs comme Tennesse Williams, Norman Mailer, Paul Cadmus. et bien d’autres y ont séjourné, créé, et participé à faire connaître cette petite ville, cette région. La situation géographique aussi. Proche de Boston y pas si loin de New York, P-Town devenait très attrayante pour les citadins à la recherche d’un littoral sauvage et préservé. C’est d’ailleurs un parc national.

À l’opposé d’autres grandes mecques gaies qui ont connu des heures de gloire puis celles du déclin P-Town a traversé le temps, en préservant son charme et son même attrait pour la clientèle gaie et lesbienne. Excepté à la fin des années quatre-vingt, où au plus fort de l’épidémie du sida, la ville a connu une certaine désaffection, P-Town est redevenue un ancrage fort dans la culture des gaies et lesbiennes. Certains, qui y sont allés des dizaines de fois au cours des trente dernières années témoignent de l’évolution de cette petite communauté, émettent des réserves sur ce que cette terre promise est devenue, mais demeurent sous le charme que dégage encore l’ambiance de cette région. «La première fois que j’y suis allé, c’était en 1977, raconte Jean. Nous étions à la fin des années hippies, et la ville avec encore un caractère un peu marginal. Mais ce qui m’avait frappé le plus, c’était déjà le nombre de gais qui s’y trouvaient. Il y avait une très grande liberté, et surtout une grande liberté sexuelle. On passait les journées à la plage, tout le monde était nu et les dunes servaient pour les rencontres sexuelles.» Jean, depuis cette date, y est retourné une vingtaine de fois : dans des Bed & Breakfast, en camping ou en louant des petites maisons à plusieurs. Il a vu les changements qui se sont opérés au cours surtout des vingt dernières années.

Le regard que pose Louis qui a découvert P-Town à la fin des années quatre-vingt et qui est retourné presque chaque année depuis n’est guère différent. «Je suis arrivé la première fois par bateau en provenance de Boston et c’était vraiment magique. La vie gaie ne s’arrêtait jamais que ce soit dans les bars, les plages. Il y avait parfois des tensions avec la communauté portugaise installée depuis la fin du 19e siècle, mais dans l’ensemble, c’était vraiment unique d’être dans une ville qui semblait totalement gaie.» En fait, du matin jusque tard dans la nuit, la ville vit aux couleurs de l’arc-en-ciel.»

Yves se souvient de son tout premier voyage avec ses parents. «J’avais 11 ans, et pour la première fois j’ai vu des couples d’hommes et de femmes marcher main dans la main et s’embrasser en public.» Il retournera adulte au milieu des années quatre-vingt-dix, et continue d’y retourner tous les deux ans. «C’est toujours le même plaisir. Bien sûr c’est beaucoup moins bohème qu’à la fin des années soixante-dix, mais le charme opère toujours.»

Comme souvent, la popularité croissante d’un lieu est suivie généralement d’une gentrification. Mais sans perdre le cachet familial et amical qui a fait la réputation de P-Town. «La clientèle est un peu plus mature qu’il y a quelques années, plus à l’aise financièrement» constatent Louis et Jean. «Est-ce l’effet du sida, mais il ne se passe plus grand chose dans les dunes, et le naturisme ne semble plus la tendance», ajoute Louis. Mais ce sont peut-être les mêmes gais qui plus âgés ont changé leur rythme et leur style de vie. Mais les Tea-dance sont toujours aussi courus et n’ont rien à envier à ceux des grands centres urbains. «La dernière fois que j’y étais, environ deux ans, c’était le Gay family week et je n’ai jamais vu autant de couples d’hommes et de femmes avec des enfants. L’homoparentalité n’est pas aussi marginale qu’on le pense, raconte Jean. Sur la plage, il y avait au début les familles hétérosexuelles, puis en s’éloignant, les familles lesbiennes. Ensuite les familles gaies et plus loin les couples d’hommes sans enfants et les célibataires».

Même si la ville a changé, qu’elle s’est assagi, pour Jean, Yves et Louis, l’endroit par sa situation et sa préservation conserve toute son attraction. «Les plages demeurent merveilleuses et s’étendent à perte de vue et l’on peut réellement profiter de la mer et de la tranquilli­té.» Raconte Jean. «Comme c’est un parc national, il n’y aucun édifice construit en front de mer. Et d’assister à un coucher de soleil sur la plage ou en retournant en ville par la piste cyclable reste un spectacle dont on ne se lasse pas. Tout comme d’ailleurs de vivre entouré de gais que ce soit à la plage ou dans la ville», conclu Louis.

Pour Yves, P-Town présente tout ce que recherche la clientèle gaie, dans la ville une vie gaie qui peut être aussi trépidante que dans une grande métropole et en sortant de l’artère principale, découvrir des endroits tranquilles, isolés dans lesquels relaxer, se reposer. Un programme qui devrait être celui de toute une année et non pas d’une semaine ou deux.

Hébergement recommandé : www.christophersbythebay.com
SIte d’informartions sur Provincetown : www.edgeptown.com

 

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À l’opposé d’autres grandes mecques gaies qui ont connu des heures de gloire puis celles du déclin P (...)

Publié le 19 mars 2008

par Denis-Daniel Boullé