À l’initiative de l’AGLEBUS

L’Université de Sherbrooke s’ouvre à la diversité sexuelle

Elisabeth Brousseau
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Du 28 janvier au 1er février derniers se tenait la semaine de la diversité sexuelle à l’Université de Sherbrooke. En effet, un groupe fort dynamique, l’AGLEBUS (Association des gays, lesbiennes et bisexuels de l’Université de Sherbrooke) revenait pour la deuxième année avec cette semaine de sensibilisation.

«En effet, l’homosexualité est encore source de problè­mes» nous disait un des représentants de l’association. «Et c’est pour cette raison que nous voulons faire de cette semaine de sensibilisation une tradition en Estrie.» L’AGLEBUS regroupe plus de 300 membres issus de la clientèle étudiante, des gradués ou du personnel de l’Université. Associés à quelques groupes communautaires de la région, les jeunes responsables du re­grou­pement sont fiers, dynamiques et militants dans l’âme.
La semaine d’activités a d’abord été lancée par un dé­bat tenu en collaboration avec la Société des débats de l’Université de Sherbrooke. Le thème à l’honneur était «Doit-on encourager les recherches sur les origines de l’homosexualité.» En tant que jury, Dominique Dubuc, biologiste et professeure au Cégep de Sherbrooke, a commenté le débat avec ferveur. Militante syndicaliste et lesbienne engagée, la juge a semblé apprécier les arguments des pro autant que des contra. La défenseuse des droits homosexuels était déchirée entre sa passion pour la science et sa foi dans la défense des droits gais.
La journée de mardi a été marquée par le silence des participants. En effet, cette année, les organisateurs ont voulu garder le silence pendant toute la journée pour attirer l’attention sur tous ceux qui doivent garder le silence à tous les jours à propos de leur homosexualité. Les membres de l’AGLEBUS majoritairement dans le début vingtaine, semblent très préoccupés par les droits des gais et des lesbiennes de partout dans le monde. Pour tous ceux qui vivent encore dans le placard ou qui doivent garder le silence pour conserver leur emploi, une vie digne, ou parce que l’homosexualité est illégale dans leur pays, un silence d’or a été observé par quelques étudiants sherbrookois.
Dans le cadre de cette semaine Porte ouvertes sur la diversité sexuelle, deux conférences ont également été organisées à l’Agora du Carrefour de l’information. D’abord, Marc-André Dowd et Monik Audet ont présenté le résumé du rapport qu’ils ont réalisé pour la Commission des droits de la personne et de la jeunesse intitulé : De l’égalité juridique à l’égalité sociale. Vers une stratégie nationale de lutte contre l’homophobie. En effet, ce rapport est une source indéniable de données sur la réalité gaie et lesbienne dans nos institutions. Nombreux sont les jeunes gays et lesbiennes de la région qui ont été surpris de prendre connaissance de l’état des choses au Québec. Tous se sont ainsi laissé convaincre de l’urgence d’agir et d’adopter une stratégie de lutte nationale contre l’homophobie.
En deuxième conférence, Dominique Dubuc, biologiste et professeure au Cégep de Sherbrooke, venait présenter sa vision du mouvement syndical et de la lutte pour l’avancement des droits des gays et des lesbiennes. «J’ai eu la chance et le privilège de côtoyer ces champions de la cause, les Hendricks et Leboeuf , Demczuk, Greenbaum, et j’en passe», nous disait Mme Dubuc pour se présenter. Elle a voulu témoigner de sa vision et de son expérience concrète dans la lutte militante au Québec au cours des dernières années. Ce fut une conférence intéressante et fort stimulante pour les jeunes et moins jeunes.
Enfin, l’AGLEBUS organisait parallèlement un événement pétition qui visait à encourager la dénonciation de la discrimination faite à l’endroit des hommes gais en ce qui a trait aux dons de sang. Lancée sous le credo «un don de sang sans discrimination», cette initiative est en marche depuis le mois de décembre dernier. L’objectif est de demander à Santé Canada, Héma-Québec et à la Société canadienne du sang de modifier leur réglementation afin d’éviter la discrimination. Notons qu’en vertu des pratiques courantes, tout homme ayant eu des rapports sexuels avec un autre homme depuis 1977 ne peut donner de son sang. La pétition vise à ce que le questionnaire pose des questions inhérentes aux comportements de risque plutôt que directement sur l’orientation sexuelle des personnes.
Enfin, la semaine d’activités s’est terminée par un party organisé dans un des bars étudiant les plus populaires de la région où se sont massés de nombreux supporters et membres de l’AGLEBUS. Plusieurs d’entre eux arboraient fièrement les t-shirts promotionnels de l’événement aux inscriptions accrocheuses telles : «L’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne» ou encore «Gai(e) c’est le contraire de triste».

Pour vous procurer des articles promotionnels de la semaine de festivités, vous pouvez consulter le site web
de l’association au http://pages.usherbrooke.ca/aglebus/

 

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À l’initiative de l’AGLEBUS

L’Université de Sherbrooke s’ouvre à la diversité sexuelle

«En effet, l’homosexualité est encore source de problè­mes» nous disait un des représentants de l’as (...)

Publié le 18 février 2008

par Elisabeth Brousseau