Les REER et les fluctuations boursières...

Pas le moment de changer de stratégie

Sébastien Thibert
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C’est la saison des REER. Avec la chute des marchés boursiers, l’exercice de la «cotisation» peut vous sembler un peu plus stressant que d’autres années. Pas de panique, rassurent les spécialistes. Si votre profil d’investisseur est bien défini, il n’y a pas de raison de modifier votre stratégie de placement. On recommande de ne pas changer la stratégie d’investissement dans une période de baisse. C’est souvent à la suite d’une panique qu’on encaisse des pertes. Il faut dire que les soubresauts des Bourses mènent la vie dure aux petits investisseurs. La Bourse canadienne, par exemple, a connu son pire mois de janvier depuis 18 ans, reculant de 4,7 %. Avant toute chose, il faut valider son profil d’investisseur. Y a-t-il eu des changements dans votre vie, comme un divorce, qui pourraient faire en sorte que votre profil d’investisseur est désormais plus conservateur? Si rien n’a changé, il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Il est normal que la Bourse connaisse des cycles haussiers et baissiers mais sur 30 ou 40 ans, la Bourse a toujours été plus payante que les autres placements. Malgré tout vous vous demandez : «ne devrais-je pas rembourser plus rapidement mon hypothèque plutôt que d’investir dans mes REER?» Chaque cas est différent. Tout d’abord, si les intérêts de votre dette sont déductibles des impôts, il n’est pas intéressant de rembourser plus vite cette dette. Si les intérêts ne sont pas déductibles, il faut optimiser sa dette, bref s’assurer d’avoir le financement au moindre coût possible. Pour le reste, vous devez évaluer votre taux d’emprunt par rapport au taux de rendement espéré sur vos placements. Cette évaluation dépend de votre profil d’investisseur. Si vous êtes du type conservateur, votre taux d’emprunt sera certainement plus élevé que le taux de rendement de vos CPG. Dans ce cas, il vaut mieux rembourser votre dette. Si votre profil est plus équilibré, les études ont montré qu’il est plus avantageux d’investir dans son REER sur un horizon de long terme. Pour ceux qui sont à l’aise avec la Bourse, Mme Descarreaux suggère, de son côté, de profiter de la baisse des marchés pour investir. Pour les timides, on peut faire une entrée graduelle en utilisant des fonds diversifiés, qui limitent la volatilité. Mais dans tous les cas, il faut essayer d’économiser dans ses REER, car la retraite risque de coûter cher. Les frais de santé sont en hausse, les fonds de pension des employeurs risquent d’être moins généreux, et le fardeau fiscal pourrait s’alourdir avec le vieillissement de la population.