REÉR

Les REÉR et la planification de la retraite

Yves Lafontaine
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Près de la moitié des travailleurs canadiens semblent avoir bon espoir de prendre leur retraite entre 56 et 65 ans. Cependant, 51 % d’entre eux disposeront alors de moins de 25 000$ d’épargne, ce qui est très insuffisant. À moins que vous ne disposiez d’un généreux fonds de pension de votre employeur, il vous faudra envisager une autre solution. La solution est le long terme
Dans les faits, il n’existe qu’une seule solution pour combler l’écart manquant: économiser sur la plus lon­gue période possible. De cette façon, vous allez profiter de l’effet boule de neige en faisant du rendement sur votre rendement! Par exemple, si vous investissez 1000$ et que vous réalisez un rendement de 8% (soit 80$ d’intérêt), vous posséderez 1080 $ à la fin de la première année. Si, la deuxième année, vous obtenez encore 8% d’intérêt, vous ne vous retrouvez pas avec 1160 $, mais bien avec 1166,40 $ (8% sur 1080$ et non sur 1000$). Vous aurez donc fait du rendement sur votre rendement de la première année. C’est ce qu’on appelle le pouvoir de la composition (intérêt composé). À long terme, cet effet a un impact majeur sur votre capital retraite. Voyons voir...
Si vous investissez 1000$ au début de chaque année à partir de l’âge de 25 ans et jusqu’à 65 ans, 40 ans plus tard, votre investissement total de 40 000 $ (1000$ x 40 ans) vaudra, à un rendement annuel de 8%, près de 280 000$. L’épargne équivaut à seulement 19,23 $ par semaine (1000$ par année, divisé par 52 semaines). Si vous doublez la mise, vous doublerez aussi le montant final.
Par contre, si vous investissez 2000 $ au début de chaque année, mais de 45 à 65 ans, votre investissement sera toujours de 40 000 $ (2000 $ x 20 ans). Cependant, à la fin et toujours à un rendement de 8%, votre capital retraite s’élèvera à moins de 99 000 $. Voilà toute l’importance de mettre le temps de son côté, afin de bénéficier au maximum de l’effet boule de neige généré par l’intérêt composé.
La solution est vraie uniquement si vous investissez cet argent dans votre REÉR, car, à ce moment-là, le capital s’accumulera à l’abri de l’impôt. Sinon, nos gouvernements viendront ralentir de beaucoup la progression de votre capital retraite s’il est investi hors-REÉR, donc assujetti au fisc. Par exemple, en 2005, au Québec, chaque dollar de revenus en salaire ou en intérêt additionnel pour un individu gagnant 60 000$ était imposé à 42,4 %. Un dollar supplémentaire en gain en capital était, quant à lui, imposé à 21,2 % (considérant que 50 % du gain est non imposable), tandis que le revenu additionnel provenant de dividendes l’était à 25,5 %.

Pas de solution miracle
Éloignez-vous de ceux qui prétendent détenir des solutions spectaculaires. Il existe deux clés pour que vous ayez les moyens financiers de vos ambitions à la retraite: le temps et l’épargne. Bien sûr, si vous augmentez votre rendement de 1% ou de 2% par année, cela peut faire une différence marquante sur votre capital la retraite venue. Par exemple, si vous investissez 1000$ à 10% d’intérêt au début de chaque année, pendant 40 ans, vous aurez près de 487 000 $ au moment de votre retraite, contre 280 000$ à 8%. N’oubliez pas qu’un rendement espéré additionnel sous-tend qu’il y a plus de risques à prendre...
Le programme d’achat périodique qu’offrent les fonds communs de placement est un excellent moyen de bénéficier des deux clés de la réussite. Vous pouvez cotiser aussi peu que 50$ par mois à l’aide de ce programme. En faisant votre budget, vous pourriez prévoir cette somme, et peut-être même plus. N’oubliez pas que votre cotisation REÉR vous procurera un remboursement d’impôt à la suite de votre prochaine déclaration de revenus. Yves Lafontaine