Nouveau look pour le parc de l’espoir cet été

L’inspiration de Cocteau pour sensibiliser

André-Constantin Passiour
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C’est le 21 juin qu’est dévoilé sous un nouveau jour le parc de l’Espoir. Cette réinterprétation estivale est inspirée de l’œuvre du poète et artiste français Jean Cocteau . Créé en 1994 et complété quelques années plus tard, le Parc de l’espoir est dédié à la mémoire des personnes décédées du sida. Il a été négligé au cours des dernières années et on veut, avec la montée du taux d’infection au VIH chez les jeunes et les moins jeunes, attirer l’attention des gens sur le VIH par la même occasion. Il y aura donc, d’une part, le visuel (l’installation de toiles, peinture de motifs sur le béton, etc.) et, d’autre part, le message de pré­vention et de réappropriation de l’espace en tant que lieu de recueillement et de réflexion.

Ce projet d’habillage du parc de l’Espoir (au coin de Sainte-Catherine et Panet) durera tout l’été et est le fruit de la collaboration de Dada Diffusion Art Actuel (concepteur et exécutant), de la SDC du Village, de l’arrondissement Ville-Marie, ainsi que de la COCQ-Sida (Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida). «C’est une façon de se réapproprier le parc, de l’embellir pour encourager les gens à y revenir et d’actualiser le message que cet espace véhicule. En ramenant les projecteurs sur cet endroit-là, c’est une manière de reparler du VIH et de cons­-cientiser la jeune génération, car on sait que les campagnes de prévention passent moins bien chez elle. Donc, c’est une manière visuelle et concrète de parler, de discuter du VIH, de la prévention parce que, pour beaucoup de jeunes, la question du sida est réglée et n’est plus une maladie grave. C’est ce qu’on vise en travaillant avec l’arrondissement et la COCQ-Sida», de dire Bernard Plante, le directeur général de la SDC du Village.
«Plusieurs personnes séropositives nous ont exprimé leur inquiétude quant à la transformation du parc de l’Espoir, notamment au sujet de sa vocation, qui en est une de commémoration. Nous avons décidé d’intervenir alors pro­activement en rencontrant les gens de la SDC et de Dada Diffusion [France Parenteau] pour discutr de ce qu’il était possible de faire, mais le projet était trop avancé cette année. Notre intervention s’est donc limitée à rappeler la mission du parc. Un parc qu’on doit se réapproprier en tant qu’endroit de commémoration pour les personnes décédées du sida. Nous sommes aussi à considérer le type de message à lancer à l’avenir, concernant la situation actuelle du VIH, de la prévention, etc.», d’expliquer René Légaré, responsable des communications à la COCQ-Sida.
Le projet de transformation du parc est très simple. On habillera le solage de béton de dessins au pochoir inspirés des œuvres de Cocteau et réalisés par l’artiste Peter Gibson. Quatre toiles des artistes Hugo Bergeron, Jean Morissette, David Choquette et Pierre Durette seront fixées aux mats. Quant au mur de l’édifice adjacent au parc, lui aussi sera agrémenté d’une murale de 20 pieds de haut, une réalisation de l’artiste muraliste Sébastien Astoux (Astow). «C’est intéressant, parce que ces artistes font vraiment partie de la relève, ils sont tous jeunes, ils ont entre 25 et 30 ans, et plusieurs réalisent à peine que des jeunes comme eux sont atteints du VIH», de noter France Parenteau, de Dada Diffusion. Enfin, une bannière d’accueil sera affichée à l’entrée du parc, expliquant le projet tiré de l’œuvre de Cocteau sur la mort, soit le Testament d’Orphée.
Au cours des dernières années, on a remarqué l’occupation du lieu par des itinérants, des toxicomanes, des revendeurs de drogues et, à l’occasion, par des prostitués. Certaines années, la malpropreté avait gagné le parc de manière si inexorable que plusieurs l’avaient surnommé le «parc du désespoir» ou le «parc du dépotoir» !
«On vise à l’améliorer, à l’embellir, à le rendre plus propre, plus accueillant, plus propice au recueillement, de con­-­ti­­nu­er M. Plante. C’est pourquoi, avec l’arrondissement, nous souhaitons qu’un tel projet devienne récurrent. L’an prochain, ce sera sûrement une autre thématique. Le projet ne fera peut-être pas l’unanimité, mais il s’agissait de démarrer, d’entreprendre quelque chose dans cet espace, et nous sommes ouverts à des projets et à des colla­- borations futures.»
«On a examiné la possibilité de pouvoir intervenir plus concrètement l’an prochain. Il y a déjà des propositions sur d’éventuels projets. On peut faire un appel à des artistes sur ce que leur inspire le VIH aujourd’hui, par exemple. Il y a la possibilité de s’inspirer de l’artiste mondialement reconnu, Keith Haring, décédé lui-même du sida. Nous souhai­tons qu’il se crée, dès cet automne, avec la SDC et à l’arrondissement, une table de consultation sur ce futur projet, parce que c’est très intéressant que l’on conçoive des projets pour rendre ce lieu plus visible tout en ayant toujours en tête les motifs de sa création», de souligner M. Légaré. Si certains trouvaient que ce parc était terne, il faudra y faire un tour cet été afin de le voir sous un tout nouvel angle, parfois assez coloré…

 

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Publié le 18 juin 2007

par André-Constantin Passiour