Porn Star

Jean-Paul Roccard, XXX Man

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Comme les super héros qui animeront nos écrans de cinéma cet été, Éric a une double identité. Derrière les traits de ce beau Québécois se cache un nouveau héro de la porno made in USA: Jean-Paul Roccard. Son pouvoir ? La séduction version XXX ! Rencontre. Tout d’abord, les présentations. Il s’appelle Éric. Il est originaire de Roberval et a maintenant 44 ans. «Mais dans ton article, tu peux écrire que j’ai 39 ans, précise-t-il. C’est l’âge de mon alter ego.» Il me parle ainsi de son personnage, Jean-Paul Roccard, celui qu’on peut voir en pleine action XXX dans le récent film de Titan Media, Boiler:
Pourquoi ce nom? «Disons que j’aimais la connotation française avec le jeu de mots dans mon nom de famille rock-hard, Roccard.» Éric a toujours travaillé dans la mode, dans des boutiques à Montréal. Mais le voilà non plus à habiller les gens, mais à se dévêtir lui-même au grand plaisir des adeptes de films pornos. «La porno, c’est ce que j’ai le plus le goût de faire aujourd’hui», dit-il enthousiasmé. Un nouveau hobby qui l’excite au plus haut point.

En grande première
En 2006, Éric a décidé de mettre un peu de piquant dans sa vie : « J’avais besoin de quelque chose de neuf, de captivant… Et oui, je suis plutôt exhibitionniste. Un peu timide mais aussi exhibitionniste ». Il a envoyé ses photos à plusieurs compagnies américaines de films XXX. Après quelques petits contrats qui ne l’emballent guère, Éric reçoit une réponse de la grosse boîte Titan Media qui l’invite à San Francisco. En octobre dernier, il participe à sa première vraie séance photo. Les portes s’ouvrent.
« Je pense que je suis le seul Québécois à avoir tourné dans un film chez Titan », dit-il fièrement. Dans le film Boiler, sorti en mars dernier, Jean-Paul Roccard partage l’écran (et bien d’autres choses !) avec Trojan Rock et Dean Tucker, sous la direction de Brian Mills. « Wow ! J’ai adoré l’expérience ! On était nous-mêmes, pas de maquillage, sans avoir à se raser. En plus, tous les membres de l’équipe de tournage étaient gais… je me sentais chez moi ! » Une ambiance de travail (ils tournaient de 5 à 6 heures par jour !) réconfortante pour Éric qui a ainsi pu se donner corps et âme (surtout corps !)… non sans avoir une certaine dose de stress. «Quel­ques semaines avant le tournage, ça n’allait pas ! Ça ne levait plus…», m’avoue-t-il. Comme si Superman avait été en contact avec de la kriptonite, Éric se retrouvait sans ses super pouvoirs! « Après une consultation médicale, j’ai réalisé que c’était sûrement à cause du stress! Et tout s’est mis à bien fonctionner par la suite! » Ouf !

Un gage de succès
Sans être une carrière, le nouveau hobby d’Éric le stimule… Et après une première expérience excitante, il en veut encore ! Deux mois plus tard, en décembre dernier, il tourne avec le célèbre réalisateur Joe Gage, toujours chez Titan Media. « Comme je ne regarde pas beaucoup de films pornos, je n’avais aucune idée de qui était ce M. Gage !» s’exclame-t-il. Joe Gage, de son vrai nom Tim Kincaid, est un pionnier dans l’univers porno gai depuis les années 70. Ses films se distinguent par leurs dialogues et le jeu des acteurs. «En tournant dans un film de Gage, j’ai l’impression de passer à l’histoire, car Gage, c’est le Woody Allen de la porno gaie!»
Dans le film Gunnery Sergeant, la scène de Jean-Paul Roccard se déroule dans la salle d'attente d'une banque de sperme où des militaires sont convoqués pour faire des dépôts.
«Nous étions sept gars assis à nous branler», précise-t-il. Dans la seconde scène, dans laquelle Roccard est mis à profit, on le verra se taper deux bottoms. «J’étais plutôt impressionné lors du tournage avec ces beaux mâles, je me demandais ce que je faisais là!» Il faudra attendre la sortie du film en octobre prochain pour connaître la réponse !

«Ça prend des couilles»
«Oui, ça prend des couilles pour faire ce que fait Éric », m’avoue son chum, Pascal. Eh oui ! Éric, alias Jean-Paul Roccard, a un chum ! Voilà quatre ans qu’ils sont ensemble. «On a une vie plutôt rangée», affirme Pascal, peintre et propriétaire de la Galerie Hoenig, à Montréal. Tout au long de l’entrevue, je sens la complicité entre ces deux mecs, sans malice de part et d’autre.
«Quand j’ai regardé la scène de mon chum avec les deux autres gars en train de baiser, je n’étais pas jaloux», dit Pascal. Toute cette expérience de tournage de films pornos, il l’a vécue de près avec Éric. «Je le voyais très excité, je le sentais vivre plus que pour une job de 9 à 5», ajoute-t-il. Pour sa part, quand Éric parle de son chum, c’est aussi pour en dire le plus grand bien, car il a été pour lui d’un grand soutien, surtout «quand j’étais sur le point de craquer».

Prochain épisode
«Faire ces films m’a donné confiance en moi», avoue Éric. Dans ses yeux, on voit qu’il a la piqûre pour en tourner d’autres. D’ailleurs, d’autres offres lui sont parvenues, dont Falcon et Raging Stallion, deux autres grosses compagnies de production de films pornos.
Son rêve ? Tourner avec le Français François Sagat. «Ça devait se faire juste avant Noël, précise-t-il, mais le tournage a été annulé.» Partie remise. En attendant, Jean-Paul Roccard se balade dans les rues de Montréal sous son identité qui n’est plus secrète, celle d’Éric, XXX Man.
Boilers de Titan Media est présentement disponible, entre autres, chez Priape.