Politique provinciale et homosexualité

Le départ d’André Boisclair à la tête du PQ

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André Boisclair a remis sa démission comme chef du Parti québécois, le 8 mai dernier. Le député de Pointe-aux-Trembles et premier politicien homosexuel à devenir chef d’un des principaux partis politiques au Québec en a fait l’annonce après la réunion de son caucus, quelques heures avant la reprise des travaux à l’Assemblée nationale.

Au cours d'un point de presse, il a remercié les milliers de jeunes qui l'ont appuyé pendant la course à la direction qu'il a gagnée en 2005. Il a également eu un mot pour les députés qui lui ont toujours donné leur appui et s'est dit fier d'avoir pu « redynamiser le membership du parti », et d'avoir fait de l'éducation une priorité. La voix nouée par l'émotion, il a conclu son allocution par un mot à l’intention mouvement souverainiste du Québec dans son ensemble : «Je termine sur une note d'es­poir. Les fédéralistes s'avouent incapables de réformer la Constitution. Entre sa résignation tranquille et sa liberté, cette brave nation choisira la liberté.» Au lendemain de cette démission, il s’est trouvé des gens pour se demander si le Québec était vraiment prêt pour un Premier ministre homosexuel. Il serait évidemment bien naïf et simpliste de n'invoquer que la «facette gaie» pour expliquer les déboires du PQ et de son ancien chef. Mais il serait tout aussi naïf de croire qu’elle n’a eu absolument aucun impact. Boisclair, qui a fait sa sortie du placard en 2000 alors qu’il était ministre, a été confronté plus souvent qu’il ne l’aurait voulu à la question de son orientation sexuelle pendant la dernière campagne électorale, en particulier quand l'animateur Louis Champagne, de la station de radio CKRS, au Saguenay, a déclaré que le PQ ressemblait à un "club de tapettes". L’orientation sexuelle d’André Boisclair n’est pas neutre. De là à quantifier cet impact, il y a un pas que peu de gais veulent franchir. Pour les nombreux gais et lesbiennes rencontrés le week-end suivant sa démission, l’homosexualité de Boisclair n'est apparemment pas au nombre des causes de son départ. Ils attribuaient plutôt sa chute à la performance désastreuse du PQ lors des dernières élections générales, au fait qu'il a admis avoir fait usage de cocaïne pendant qu'il était ministre dans les années 1990, certains à l’épisode de Brokeback Mountain, d’autres à ses déclarations à l'émission Les coulisses du pouvoir concernant Gilles Duceppe, ou à son incapacité à satisfaire ou à contrôler les souverai­nistes purs et durs du parti. Rappelons que suite aux résultats décevants des élections du 26 mars, de nombreux souverainistes tels que l'ancien ministre Denis Lazure et Yves Michaud avaient remis en question le leadership de M. Boisclair ou avaient carrément demandé sa démission.

 

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Publié le 22 mai 2007

par L'équipe de rédaction