Souvenirs de vacances...

Course destination Londres

Mado Lamotte
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Dimanche 7 janvier Soir : départ de Montréal vers Londres sur les ailes de British Airways. J’ai déjà commencé à chialer, mon écran personnel ne fonctionne pas, Nana trouve ça ben drôle. C’est pas vrai que je vais passer le voyage à lire la carte des consignes d’urgence. L’hôtesse nous apporte un p’tit sachet de peanuts. Nana s’énerve : «fuck les peanuts, emmène l’alcool!» Nana gâroche la mini-bouteille de cognac dans la face de l’hôtesse. «Hey la catin, apporte-moé une vraie bouteille, chu alcoolique, chu pas une poupée Barbie! ». Le souper arrive enfin. L’hôtesse demande : «red wine or white wine?» Cette fois, Nana et moi, on répond en chœur : «laisse faire la couleur, pis emmène la bouteille icitte!» Nana complètement saoule s’écrie : «Hey Gina! J’ai soif, I’m thirsty, s’ti!» 23h00 ou 23h45 ou 1h du matin, je sais pus trop, nous avons perdu la notion du temps. Nana ronfle à réveiller une momie. Pendant ce temps-là, fidèle à moi-même, je prends les toilettes pour des cabines de sauna. Matin : «Please fasten your seatbelts…» Enfin, on est rendu. Elizabeth, sors la bouteille de Beefeater, les Queens de Montréal s’en viennent foutre le bordel à Buckingham Palace.

Lundi 8 janvier
Matin : pas aussitôt débarquées de l’avion qu’on est déjà sur la go. On fait un tour de grande roue à bord du « Big Eye of London ». Plus haut, viarge! On peut quasiment voir jusqu’en Irlande! On se rend en face du célèbre Big Ben. Nana passe quinze minutes à filmer sous la pluie. Déguédine la bonne femme, c’est juste une horloge, a s’mettra pas à bouger. On passe une demi-heure à niaiser devant la résidence du premier ministre parce que Nana filme encore n’importe quoi, dont une police montée à cheval qui fait la garde. Pas besoin de vous dire qu’il était jeune et cute. J’éternue. Ca y est, j’viens de pogner une pneumonie avec c’te maudite pluie qui arrête pas de tomber.
Le décalage horaire commence à se faire sentir, ça fait que direction notre hôtel pour un p’tit somme avant de repartir à la conquête de la capitale anglaise.
Soir : «réveille Nana, t’as assez dormi. Je meurs de faim et si ça se trouve les Anglais soupent à 5 heures pis on trouvera pas de restaurants ouverts après 7 heures. » Après une heure à attendre que Nana finisse de se repasser les cheveux, on est enfin assises à une table du Balans ( le Saloon du village gai de Londres ). La bouffe est bonne, notre serveuse est adorable, l’endroit est plein de beau monde et on est déjà saoules après seulement deux cocktails. On se ramasse dans un happy hour au bar G.A.Y. Au secours c’est rempli de p’tites grandes. Évidemment, Nana cruise tout ce qui bouge. Je m’endors complètement paquetée la tête dans un speaker.

Mardi 9 janvier
Matin : direction Tower of London pour aller admirer les bijoux de la Reine. Watch out les couronnes pis les diadèmes. J’vas en prendre une douzaine. Nana bave d’envie devant les rivières de diamants et les océans d’émeraudes. On se rend jusqu’au London Bridge. On prend une photo pis on crisse notre camp.
Midi : on est rendu en face de la cathédrale St Paul où je suis supposée allumer un lampion pour que ma sœur Nicole se trouve un coloc avant le printemps. 20 piastres pour entrer! Excusez les cathos, mais depuis quand faut payer pour entrer dans une église? Fuck le lampion, on s’en va magasiner. Oxford street, la rue Sainte-Catherine de Londres. Toutes les grandes chaînes sont là. Gap, Zara, Benetton, et surtout un H&M de trois étages. Pas comme le p’tit garde-robe cheap du Centre Rockland. Après deux heures à dévaliser l’étage des grands couturiers de Selfridges (le La Baie de Londres), on s’en va se faire belles pour le show de Kylie.
Soir : on attend impatiemment la diva australienne, assises juste en face du stage, à côté de deux japonaises qui posent n’importe quoi avec leur cellulaire et juste devant une folle complètement déchaînée qui arrête pas de crier à tue-tête. «Shut up bitch, the show starts only in half an hour!» On envoie des textos à notre chum Dream à Montréal juste pour l’aliéner. Le show commence. Je suis hypnotisée. Nana s’évanouit devant cette orgie de plumes et de paillettes. On envoie encore des textos à Dream pendant l’entracte. «T’es en train de manquer le meilleur show de ta vie, ha, ha!»
Rendue dans mon lit, je m’endors la larme à l’œil parce que je viens effectivement de voir le meilleur show de ma vie.

Mercredi 10 janvier
Matin : enfin, il fait soleil. Mais cream puff qui fait frette! Nana est en pamoison devant le Buckingham Palace. Moi, je checke les 3850 fenêtres au cas où je verrais pas la tête du prince Williams. On passe une autre demi-heure à se geler les ovaires parce que Dame Nana voulait filmer le changement de gardes. Personnellement, je ne vois pas ce qu’il y d’excitant à regarder une gang de grands flans mous coiffés de chapeaux des Bisons des Prairies faire les cent pas sur du terrazo. On entre se réchauffer à la Queen’s Gallery où on admire des chefs-d’œuvre d’éventails évalués à 5000 dollars le coup de vent. C’est beau avoir de l’argent à gaspiller.
Midi : je mange la meilleure soupe à l’oignon de ma vie. On boit notre seizième café en trois jours. Moi qui pensais que les Anglais buvaient du thé. Oubliez ça, à Londres, y’a 100 Starbucks pour un McDonalds. Comme dirait Nana : «c’est quasiment une secte. Chu sûre qui mettent de quoi dans leur café pour nous rendre addict.» Après s’être trompées trois fois de chemin pour se rendre chez Harrods, on aboutit devant le théâtre Victoria et, chanceuses dans notre malchance, on trouve deux billets dans la première rangée pour assister à la comédie musicale, Billy Elliot . Après une ride de métro assez éprouvante, entassés les uns par-dessus les autres dans des wagons gros comme des tuyaux de sécheuse, on arrive enfin chez Harrods, où une simple nappe en dentelle coûte le prix d’un voyage à Cuba. Nana s’est acheté du foie gras à 200 piastres la canne, pis moi j’ai volé un pot de caviar à 2000 dollars (pis c’était pas le plus cher).
Soir : Billy Elliot était extraordinaire. J’ai tellement braillé qu’ils ont dû passer une mope sous mon siège à l’entracte.

Jeudi 11 janvier
Matin : on vient de se faire arnaquer de 50$ au musée de Madame Tussaud pour voir des vedettes cheaps en cire. J’pense que j’ai insulté une photographe en lui disant que je préférais la statue de Kylie à celle de la Reine.
Midi : magasinage sur Sloane street. Dolce Gabana, Chanel, Burberry, Louis Vuitton, ça pas de bons sens, ils sont tous là. Nana fait de l’urticaire devant tant de richesses et j’ai juste les moyens de m’acheter une paire de bas de nylon à 250$ chez Prada.
Soir : on mange chez l’Indien. Je pète sans arrêt. On va danser au G.A.Y. Au secours, je me fais cruiser par des p’tits jeunes qui pourraient être mes enfants et Nana se fait aliéner sur la piste de danse par un Japonais habillé en danseuse de Flashdance.

Vendredi 12 janvier
Matin : On passe trois heures dans la National Gallery. Chu à boutte parce que Nana lit toutes les descriptions au bas des tableaux.
Midi : Pour me venger, je m’achète pour 500 piastres de stock chez Diesel et Energie alors que je sais très bien que Nana est cassée ben raide.
Soir : on mange du sushi dans un resto où les plats flottent sur une p’tite rivière qui fait le tour du comptoir. On boit trop de saké et je m’endors la face dans la rivière.

Samedi 13 janvier
Matin : encore un autre musée, le National Portrait Gallery. J’pense que j’vas faire une indigestion de peintures de la Reine.
Midi : je passe l’après-midi à faire le tour du Chinatown pour trouver des bébelles Hello Kitty. Nana veut me tuer. J’pense qu’elle aime pas ça magasiner.
Soir : On sort au Heaven. Tout l’monde me prend pour le pusher et Nana arrête pas de se faire demander si elle est Mr Bean . Tout le club est gelé ben raide. Y’a une fille qui passe la soirée à se frotter la noune sur un speaker; y’a un p’tit gars qui ressemble à Chuky qui gâroche des jujubes au danseur nu qui fait rusher une touriste chinoise qu’y’aurait jamais pensé qu’une queue ça pouvait avoir plus que 4 pouces; y’a une p’tite vieille de 90 ans qui danse avec un pichet de bière dans une main et un glow stick dans l’autre; y’a un gars déguisé en reine Victoria qui parle avec la machine à cigarettes (oui, viarge, ça fume encore dans les clubs à Londres!). On est parti quand Nana était pus capable de se faire courir après par le nerd à barniques qui a passé la veillée à essayer de la frencher. S’ti de ville de fuckés!

Conclusion
Londres est une ville magnifique, extraordinaire, fantastique, où tout est possible et où tout existe. Et même s’il pleut 11 mois par année, ça vaut la peine d’y aller au moins une fois dans sa vie, ne serait-ce que pour apprécier la gentillesse et l’hospitalité des Anglais qui n’ont pas tous hérité l’air bête de leur Reine.

 

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Lundi 8 janvier Matin : pas aussitôt débarquées de l’avion qu’on est déjà sur la go. On fait un tour (...)

Publié le 20 février 2007

par Mado Lamotte