Témoignage

Michael Hendricks

André-Constantin Passiour
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Ayant atteint l’âge raisonnable de 65 ans, Michael Hendricks, militant de longue date bien connu, redécouvre maintenant des plaisirs simples de la vie. Marié à René, Michael vit des jours paisibles dans leur maison du Plateau. Il est surpris d’avoir réussi à passer à travers la crise du sida qui a décimé tant de ses amis et d’aboutir ainsi à la retraite. Tout de même, deux après-midi par semaine, il continue de travailler pour l’organisme Stella. «C’est un milieu que je trouve intéressant et c’est gratifiant de travailler et, de plus, cela me procure un peu d’argent». Mais il croit aussi en leur cause et aimerait aider les travailleurs et travailleuses du sexe à être reconnus et à obtenir la légalisation de leur métier afin d’être mieux protégés.

Il s’est tout de même préparé un minimum en mettant un peu d’argent de côté et, surtout, la maison est payée. Pour l’instant, il n’a pas encore eu le temps de penser au vieillissement. Il ne pense pas encore, non plus, à participer à des activités avec d’autres gens âgés, comme celles offertes par les Aînés et retraités de la communauté (ARC). Il s’adonne à la lecture et s’est remis à faire du pain, chose qu’il n’avait pas faite depuis très longtemps, lui qui a travaillé dans une boulangerie.

M. Hendricks avoue cependant qu’il s’intéresse un peu plus à présent aux chroniques sur l’âge d’or, la santé, l’Alzheimer, les conseils financiers pour les gens retraités, etc. Il n’a pas l’intention non plus d’aller vivre dans une résidence, pas tant que sa santé le lui permettra. À la rigueur, avec son conjoint, ils vendront la maison pour quelque chose de plus petit nécessitant moins d’entretien.

Avec le vieillissement, ce qui le préoccupe le plus « c’est d’avoir un problème de maladie débilitante, de perdre mes capacités mentales. Je ne voudrais pas perdre mon autonomie, donc je réfléchis à l’euthanasie et je crois que, éventuellement, cette question sera débattue [aux Communes] et sera adoptée». Marchant beaucoup, Michael Hendricks est en bonne forme et redécouvre les simples plaisirs de la vie. Être à la retraite, c’est un peu comme «être un samedi, mais tous les jours», dit-il avec une pointe d’humour.