Témoignage

Laurent McCutcheon

Denis-Daniel Boullé
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On ne présente plus Laurent McCutcheon. Président de Gai-Écoute et de la Fondation Émergence, il a été de tous les combats des dernières années. 64 ans, il affirme en souriant qu'il a l'impression de travailler plus depuis qu'il est retraité. Pas vraiment. «D'abord, et je pense que cela vaut pour les gais comme pour les hétéros, il y a la question de l'indépendance qui, pour moi, est très importante. Quand on est jeune, on est dépendant de la réussite et de la performance, dépendant de la réussite matérielle pour s'assurer une vieillesse confortable. Tout cela maintenant est derrière moi et je peux choisir mes priorités en fonction de mes goûts». La sécurité financière serait un gage d'une meilleure retraite. Autre élément qui facilite pour lui cette période, c'est d'avoir un conjoint. «Cela fait 35 ans que je partage ma vie avec Pierre, et donc je n'ai peut-être pas la même perception de la vieillesse que si j'étais seul. Je n'ai pas cette inquiétude de la solitude, même si je pense aussi à ce qui arriverait si l'un de nous devait disparaître.» Lui qui trouve de la sérénité dans le fait de vieillir n'en reste pas moins actif et surtout ne supporterait pas de devoir retourner dans le placard. «Mais j'ai aussi pris soin de maintenir et de développer de bonnes relations avec nos familles, qui nous acceptent comme couple gai depuis des années. Nous les voyons souvent et, avec le réseau d'amis, nous n'avons pas le sentiment d'être seuls. Son souhait : être autonome le plus longtemps possible. Une question de dignité pour lui.